En appeler à l’échelon régional

| sam, 21. nov. 2015

Par Christophe Dutoit

Les quatrièmes Etats généraux de la Gruyère vont très certainement déboucher sur des actes concrets. Tenu hier à Sâles en présence d’une septantaine de participants, cet après-midi de réflexion a – le fait est assez rare pour être souligné – débouché sur un constat partagé par tous les intervenants: la culture en Gruyère manque cruellement de coordination. Bien qu’un délégué à la culture (à 10 %) ait été récemment engagé par la ville de Bulle, «nous avons tendance à bricoler», avoue Marie-France Roth Pasquier, conseillère communale du chef-lieu, responsable de la culture.


Au terme de la table ronde, l’avis général des intervenants a été synthétisé par l’instigateur des débats: «Un consensus se dessine pour en appeler à l’échelon du district, résume le préfet Patrice Borcard. L’Association CO2 pourrait très bien revoir son sens et élargir sa stratégie et sa mission. Dès le début de la prochaine législature, l’Association régionale La Gruyère (ARG) va relancer les discussions, car il est nécessaire de rebondir rapidement. Il faut dorénavant travailler au niveau régional.»

«Dynamiser et fédérer»
Plus tôt dans l’après-midi, plusieurs interventions ont abordé ce sujet. Jacques Cordonnier, chef du Service de la culture du canton du Valais, a parlé de «l’importance de dynamiser les réseaux et de fédérer les acteurs». Son homologue fribourgeois lui a emboîté le pas en insistant sur la nécessité de «renforcer la coordination et les échanges, a plaidé Philippe Trinchan. On manque de délégués culturels dans les chefs-lieux. On ne connaît pas assez bien nos partenaires.»

Qu’elle soit amateur ou professionnelle – voire en symbiose – «la culture doit désormais se penser de manière régionale, poursuit le Fribourgeois. Soit à l’échelle du district, soit au niveau de l’agglomération. De toute manière, Bulle ne peut plus être seule à s’en charger.»

«Au niveau régional, il faut un chef d’orchestre. On n’a pas uniquement besoin d’un coordinateur, mais aussi de quelqu’un doté d’une vision de la politique culturelle qui englobe le tourisme et l’économie», affirme Jacques Cordonnier. Le Valaisan plaide également pour que ce futur «délégué à la culture» soit doté d’un fonds. «On ne peut pas être un animateur sans avoir du biscuit.»

«Enrichir la création locale»
Hormis les discussions sur la régionalisation de la culture, les intervenants ont également évoqué la professionnalisation de la création en Gruyère. «Développer la culture professionnelle, c’est enrichir la création locale avec de nouvelles propositions», a expliqué Philippe Trinchan. La région bénéficie déjà d’un «rayonnement professionnel», notamment autour du Musée gruérien, d’Ebullition, du Cantorama de Bellegarde ou du Musée de Charmey. «Cette dimension existe en Gruyère, mais on ne peut pas dire qu’elle est très importante. Bulle doit se positionner, développer une marque, une identité culturelle forte.»

Directrice du Musée gruérien, Isabelle Raboud a esquissé le rôle que les traditions vivantes pourraient jouer à l’avenir. De son côté, le programmateur Flavien Droux a présenté Ebullition comme un lieu d’intégration, un des enjeux principaux pour le monde culturel ces prochaines années.

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