L'HFR Riaz conserve la chirurgie d'urgence

| sam, 07. nov. 2015

L’Hôpital fribourgeois a annoncé le déploiement de sa stratégie élaborée en 2013. En raison d’une capacité d’investissement
moins importante que prévu, il se fera par étapes. L’exploitation des infrastructures existantes doit également être privilégiée.

PAR XAVIER SCHALLER

Virage ambulatoire, vieillissement de la population, hausse des pathologies chroniques, pénurie de médecins, concurrence. Les défis ne manquent pas pour l’Hôpital fribourgeois (HFR). Jeudi en conférence de presse, ses responsables ont annoncé les évolutions à venir. Après une analyse approfondie, celles-ci différeront quelque peu de la Stratégie 2013-2022, présentée il y a deux ans.
La capacité d’investissement de l’HFR, pour les dix prochaines années, a été revue à la baisse: 420 millions de francs – la Stratégie 2013-2022 pré-voyait des investissements à hauteur de 524 millions de francs pour le seul site de Fribourg.
«L’idée s’est imposée d’utiliser au mieux les infrastruc-tures existantes», a précisé Philippe Menoud, président du conseil d’administration de l’HFR. «En l’état, il ne peut y avoir d’autres alternatives.»
Les missions médicales sont donc réattribuées entre les différents sites, afin d’absorber la hausse de l’activité prévue jusqu’en 2025. Selon les projections, les journées d’hospitalisation devraient augmenter de 19% et les traitements ambulatoires de 24%.
L’HFR Riaz conserve ainsi ses activités chirurgicales d’urgence, 24 h sur 24. Les cas aigus simples pourront aussi y être opérés, en ambulatoire ou en stationnaire, alors qu’il était prévu que seules des opérations ambulatoires programmées soient encore effectuées en Gruyère. La question de la rénovation des deux salles reste, par contre, en suspens.
A Tavel, où l’activité opératoire devait totalement disparaître, elle continuera selon un horaire défini.


La réadaptation quitte Riaz
«Comme l’hôpital de Riaz aura une activité régionale importante, il sera déchargé des missions de réadaptation», annonce Claudia Käch, directrice générale de l’HFR. Celles-ci seront transférées à Billens. «Des lits y seront disponibles en raison du départ de la réadaptation cardiovasculaire, pour des raisons de sécurité», précise Claudia Käch. En cas de rechute, il faut en effet des moyens techniques lourds, qui ne sont disponibles qu’à Fribourg. Au final, Billens conservera ses 47 lits, alors que Riaz devrait en avoir plus que 104, perdant une vingtaine de pla-ces.
A l’horizon 2025, les besoins ont d’ailleurs été revus à la baisse pour l’ensemble du canton: 618 lits en tout et seulement 305 à Fribourg – 320 actuellement et 400 selon la Stratégie 2013-2022.


Les emplois maintenus
Néanmoins, le nombre d’emplois ne devrait pas varier, alors qu’une suppression de 250 postes avait été annoncée. La hausse projetée des activités en est la principale raison. «La direction dispose aussi de plus de liberté, souligne Philippe Menoud. Elle ne gère plus des équivalents plein-temps, mais une masse salariale globale.»
Si le nombre d’emplois demeure, la répartition entre les différentes fonctions pourrait changer, ainsi que la localisation des emplois. «Nous ferons tout pour éviter des licenciements, mais nous ne pouvons pas les exclure», prévient Claudia Käch. La Fédération des associations du personnel du service public du canton de Fribourg a salué le maintien des emplois. Elle veillera à ce que les conditions de travail ne soient pas péjorées et à ce que le statut du personnel des soins ne change pas. Ce dernier doit, selon elle, rester soumis à la Loi sur le personnel de l’Etat.
Sur les sites de soins aigus de Fribourg, Riaz et Tavel, les soins d’urgence continueront d’être pris en charge 24 h sur 24. Une fois stabilisés, les cas complexes seront envoyés à l’HFR Fribourg, seul site à proposer un plateau technique lourd. A Meyriez, la permanence reprendra, avec un horaire défini, dès la réouverture du site, en avril.
D’une manière générale, pour optimiser le chemine-ment des patients, une organisation en «filières patients» a été imaginée. Chaque site HFR servant de porte d’entrée et permettant d’aiguiller les malades (lire encadré).
Durant ces deux prochaines années, l’étude de faisabilité concernant les nouvelles cons-tructions sur le site de Fribourg sera actualisée. Les travaux devraient commencer d’ici à 2020, après l’aménagement d’une nouvelle route d’accès et d’une nouvelle bretelle autoroutière.
Si les conditions cadres devaient évoluer, la stratégie reste modulable et adaptable. Si les revenus de l’HFR venaient à augmenter également. «Mais le base rate – le tarif négocié avec les caisses maladie – n’a fait que diminuer ces dernières années», déplore Anne-Claude Demierre, directrice de la Santé et des affaires sociales.


«Regagner des parts»
«Actuellement, la moitié des patients fribourgeois sont soignés chez nous, note Claudia Käch. Le but est de regagner des parts. Mais les projections n’ont pas intégré cette évolution, par mesure de prudence.» Elles ont, en revanche, tenu compte de la mise en place d’un master en médecine humaine à l’Université de Fribourg.

 

Le principe des «filières patients»
L’Hôpital fribourgeois (HFR) va devoir se débrouiller avec ce qu’il a. En langage HFR, cela donne: «Exploiter les infrastructures de manière optimale sur tous les sites et garantir une organisation flexible pour optimiser les processus et améliorer l’efficience organisationnelle.» Au niveau de l’organisation, la principale nouveauté est la mise en place de «filières patients». L’idée est que les patients s’adressent, sur rendez-vous ou en urgence, au site HFR le plus proche de chez eux. Ce sont des portes d’entrée. Selon leurs besoins, ils sont ensuite dirigés vers un traitement ambulatoire ou stationnaire. Les cas stationnaires simples restent dans l’hôpital où ils sont entrés, les cas complexes vont à Fribourg. «Il ne s’agit pas uniquement de choisir en fonction des pathologies et symptômes», précise Bernhard Egger, médecin-chef du service de chirurgie générale à l’HFR. Par exemple, pour une appendicite, le cas est simple pour un patient jeune, mais complexe pour une personne âgée. La mise en œuvre de ce principe a été «un immense travail», selon Bernhard Egger. «Tout le monde a été impliqué, jusqu’aux petites spécialités.» XS

 

Urgences et maternité
Un bloc opératoire d’urgence, n’est-ce pas justement ce qu’il manquait à l’HFR Riaz pour conserver son service de maternité? «Ce n’était qu’un des éléments», rappelle Anne-Claude Demierre, directrice de la Santé et des affaires sociales. «Le plus important était de conserver la qualité du service, qui dépend du nombre de naissances annuelles.» La stratégie de regroupement à Fribourg était, selon elle, la bonne solution: «L’HFR a regagné des parts de marché au niveau de la maternité. Nos problèmes de recrutement dans ce domaine ont également été résolus.» XS

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