Les tricheurs comme les revers, il ne les a jamais acceptés

| jeu, 03. déc. 2015

Athlète émérite puis préparateur physique, Jean-Pierre Sudan recevra le Prix de l’Etat 2015, le 18 décembre prochain à Fribourg. Outre le ski alpin, son sport de prédilection, le Bullois a la particularité d’avoir été sacré champion fribourgeois dans quatre autres disciplines.

PAR QUENTIN DOUSSE

De La Chia à Macolin, du ski alpin au décathlon, ou encore de la carrière d’athlète à celle de préparateur physique: Jean-Pierre Sudan ne s’est pas contenté d’enchaîner les défis qui s’offraient à lui. Le Bullois de 67 ans les a relevés un à un avec une brillante réussite, faisant fi de la discipline et de ses exigences. Ses titres de champion fribourgeois dans cinq sports pourtant bien distincts (ski, décathlon, football, volleyball et natation) suffisent pour en attester. Dès son plus jeune âge, Jean-Pierre Sudan a fait preuve d’une pluridisciplinarité rare.
Résumer le parcours de ce Brocois d’origine à sa seule polyvalence d’athlète reviendrait à faire injure au reste, à ses restes. Dans un second temps, il a été un préparateur physique «plutôt rigoureux, qui n’acceptait pas les tricheurs». Puis, un chef de la formation du ski à l’Ecole fédérale du sport à Macolin. Mais le Gruérien a aussi un côté fondateur et novateur, comme lorsqu’il épaule Jean-Pierre Cuennet en 1976 pour lancer la première édition de la Corrida bulloise.
Bref, l’homme n’en finit plus de vivre le sport. Une passion récemment reconnue de manière officielle, le Conseil d’Etat lui ayant décerné le Prix de l’Etat 2015. Une récompense synonyme de «fierté, de reconnaissance et d’émotions» pour le lauréat. Succédant à l’entraîneur d’athlétisme Pierre Marro, Jean-Pierre Sudan sera honoré le 18 décembre prochain, à Fribourg, à l’occasion de la soirée du Mérite sportif fribourgeois.


Sur les pentes de La Chia
Le ski alpin et ses premiers entraînements, le jeune Jean-Pierre Sudan, onze ans alors, les a découverts aux côtés d’André Morerod. C’était sur les pentes de La Chia. «Rapidement, j’ai accroché à la compétition. Je sortais du lot au niveau romand, avec notamment une 2e place aux championnats suisses et romands OJ en 1962.» Sept ans plus tard, le Bullois a fêté deux départs en Coupe du monde, récoltant une 27e place à Méribel et une chute à Adelboden. Le ski de compétition l’a emmené jusqu’en Laponie, en 1970, où se déroulaient les Universiades. Un souvenir marquant? Jean-Pierre Sudan en compte par dizaines, pour certains inimaginables aujourd’hui. «Je me souviens des entraînements de vitesse avec l’équipe de Suisse. Nous descendions à quelques mètres d’intervalles, droit bas sur des pistes non préparées.»
En parallèle au ski, il s’adonnait à l’athlétisme et au décathlon, en guise de préparation estivale. Là encore, Jean-Pierre Sudan trouvait le moyen de briller. Avec, notamment, une 3e place à la fête romande ou encore deux couronnes fédérales en décathlon. Ce n’est pas tout, puisque le Bullois a également défendu les couleurs du FC Bulle jusqu’en 1re ligue, pratiqué le volleyball et la natation. Mais au fait, qu’avait-il de plus que les autres? «J’ai un caractère de gagneur et donc de mauvais perdant. Puis, j’ai toujours donné le 200% de moi-même pour la victoire, même lors des concours internes», rigole-t-il.


Jean-Pierre Egger, l’exemple
Sur le plan académique, sitôt le bac en poche, Jean-Pierre Sudan a fréquenté les bancs de l’Université de Lausanne, dans la perspective d’être professeur d’éducation physique. Il n’a pour ainsi dire jamais cherché sa voie. «J’ai toujours voulu enseigner, tout en restant axé sur la compétition. En ce sens, les formations de préparateur puis d’instructeur à Macolin me convenaient bien. Et apprendre avec une personne comme Jean-Pierre Egger, c’est l’idéal. Sur le plan des connaissances technique, mais également humainement.»
S’il a passablement bourlingué dans les clubs de football de la région, Jean-Pierre Sudan a une histoire toute particulière avec le FC Bulle. Dans le rôle de préparateur physique, il a vécu la promotion en Ligue nationale A à Bouleyres, en l’an 1994. «A mon arrivée la saison précédente, j’avais instauré un travail basé sur la force. Certains joueurs avaient mis les pieds au mur, mais aucune équipe n’était alors mieux préparée», se rappelle le Bullois, marié et papa d’un garçon et de deux beaux fils.
Aujourd’hui à la retraite, le Gruérien de 67 ans ne s’arrête pas pour autant. Il skie, à chaque fois que le Moléson se pare de son manteau blanc, et dispense encore certains stages à Macolin pour les professeurs de sport. Chaque semaine, le Bullois dirige égale­ment un entraînement physique aux équi­pes d’inter A, B et C du FC Bulle. Une constante activité qu’il n’abandonnerait pour rien au monde. «Etre au contact des jeunes m’apporte énormément. Tant que je pourrai rendre service, je le ferai. Et puis les jeunes me remercient, après l’entraînement», lâche-t-il tout sourire. Un sourire qu’il n’a pas perdu un instant durant l’heure à laquelle il s’est plié au jeu du portrait-robot. La jovialité, voilà certainement l’ingrédient premier d’une recette gagnante et... méritante.

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