Coffrasuisse s’implante à Bulle, 35 nouveaux emplois à la clé

| jeu, 25. fév. 2016

Glas Trösch a vendu le bâtiment qui abritait son usine de verre trempé, fermée depuis fin 2015. Coffrasuisse SA s’y installe, une société qui développe et commercialise une solution innovante de coffrage pour béton. Forte d’une nouvelle surface de production de 3500 m2, elle compte passer de 8 à 43 employés d’ici à la fin de l’année.

PAR YANN GUERCHANIK

Après une vague de fermeture d’usines dans le canton, c’est une bonne nouvelle pour l’économie. Fermé depuis novembre dernier, le bâtiment qui abritait jusque-là l’une des deux usines bulloises de Glas Trösch vient d’être vendu. Et c’est la société anonyme Coffrasuisse qui compte y prospérer.
«Le bâtiment a suscité pas mal d’intérêt, explique le directeur de Glas Trösch SA Bulle François Robadey. Dans la mesure du possible, nous tenions à favoriser une entreprise qui allait créer de l’emploi. La trentaine d’emplois perdus depuis l’arrêt de notre production en novembre dernier seront ainsi compensés.»
La vente s’est conclue auprès de la société immobilière Usimmob. On retrouve à sa tête le promoteur genevois d’origine gruérienne Jean-Bernard Buchs. Ce dernier est également l’un des trois administrateurs de Coffrasuisse, en compagnie de Firas Esreb et de Xavier Jeanneret, le directeur d’Urban Project SA qui mène des projets d’envergure du côté de la Pâla.
Locataire, Coffrasuisse emploiera dans un premier temps une surface de production de 3500 m2 sur les 5000 disponibles. Le solde sera mis en location. En ce moment, c’est donc le branle-bas de combat dans la vaste halle de la rue de l’Etang. «Une machine-outil de 30 mètres de long va bientôt arriver», se réjouit le directeur de Coffrasuisse Stéphane Borloz.


Le coffrage autrement
Coffrasuisse est un fournisseur de matériaux de construction. Il ne s’occupe pas de couler les murs en béton, mais propose les éléments de coffrage qui rendent l’opération possible. En l’occurrence, des éléments d’un genre nouveau. La société distribue en exclusivité suisse les produits 3DR®, des cages d’armatures fabriquées en usine et préformées selon la géométrie souhaitée.
La société a passé un peu moins d’une année à développer le produit dans son ancienne usine de 1000 m2 à Matran. «Aujourd’hui, nous sommes capables de l’industrialiser, confie Stéphane Borloz. Des machines réaliseront un certain nombre d’opérations, tandis que l’assemblage se fera à la main.»
Coffrasuisse entend ainsi passer de 8 à 43 employés d’ici à la fin de l’année. Les 35 nouveaux emplois concernent notamment un opérateur de machines, un mécanicien, un chef d’atelier, un contremaître maçon, un magasinier et des manutentionnaires possédant des notions de soudage. «En juin, on devrait déjà être à une trentaine», relève le directeur.


Potentiel de production
Si elle doit composer à présent avec de «gros investissements», la société n’en est pas moins confiante. Ses liens dans la région lui permettent d’entrevoir des «prospects solides». «Nous menons nos activités aussi sur le marché cantonal et national, indique par ailleurs Stéphane Borloz. Nous comptons très rapidement atteindre le seuil de rentabilité de manière à assurer la pérennité financière de l’entreprise.»
Au sein de la société, une équipe sera chargée de faire progresser constamment le produit. «Un pôle de compétence» prendra ainsi place dans l’usine bulloise. Il est même prévu un show room pour accueillir la clientèle internationale des produits 3DR®.
Du point de vue de la production, 130000 m2 de coffrage par an devraient être réalisés dans un premier temps avec un roulement de huit heures (1 x 8). Une fois atteint un rythme de croisière, Coffrasuisse prévoit de passer à une rotation horaire de 2 x 8 et ainsi doubler sa production.
«On aimerait travailler avec deux équipes dès l’année prochaine, confie le directeur Ce qui ferait passer notre nombre de collaborateurs à 62. Notre machine principale est capable d’assurer une production de 600000 m2 de coffrage: le potentiel est donc élevé.»


Le développement de Bulle
Stéphane Borloz réside à Genève et possède un pied-à-terre à Charmey. Pour ce spécialiste en gestion d’entreprise de 45 ans, cela ne fait pas un pli: «Notre implantation à Bulle a clairement été déterminée par le fort développement de la ville. Sans quoi, nous nous serions installés ailleurs.»
A ses côtés, il peut compter sur deux Gruériens. Le Tourain de 35 ans Jean-Jacques Deforel comme responsable technique et le Charmeysan de 49 ans Yannick Barbey comme responsable de production. A noter que des liens privilégiés ont été établis avec les anciens employés de Glas Trösch qui n’auraient pas encore retrouvé du travail.
Pour rappel, le groupe bernois Glas Trösch annonçait en août dernier son plan de restructuration. A Bulle, l’usine de verre trempé fermait ses portes trois mois plus tard, tandis que l’usine de verre isolant (chemin du Stand) continue ses activités. Une trentaine de collaborateurs avaient alors perdu leur emploi. Une dizaine ont retrouvé du travail au sein de l’entreprise et d’autres un nouvel emploi ailleurs.

 

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Des squelettes métalliques


Fraîchement installée à Bulle, Coffrasuisse développe et industrialise les produits 3DR®, des produits certifiés et brevetés sur lesquels la société détient la licence exclusivité en Suisse. «Il s’agit d’un coffrage perdu, explique le responsable technique Jean-Jacques Deforel, une structure qui présente bon nombre d’avantages par rapport au coffrage traditionnel.»
Une armature d’acier fait figure de base, tandis que du métal déployé en constitue la peau. C’est dans cette cage qu’on pourra ensuite couler le béton. Le produit entend ainsi innover la façon dont on construit les murs de maçonnerie. «Les peaux de chaque côté filtrent l’excédent d’eau tout en permettant un contrôle optimal, puisqu’on peut voir à travers la structure.»
Traditionnellement, le coffrage s’effectue à l’aide de panneaux qu’il faut ensuite démonter. Les squelettes métalliques de Coffrasuisse, eux, demeurent dans le mur de béton, d’où la notion de coffrage perdu. «Avec une préfabrication en usine, plus besoin de se livrer à des opérations de ferraillage sur le chantier. Ce qui signifie un gain de productivité et de sécurité», relève le directeur Stéphane Borloz.


Pour gagner du temps
A noter qu’il résulte de ce procédé des murs bruts et non pas lisses. «Dès lors, le plâtrier aura besoin d’un peu plus de plâtre pour le recouvrir, mais pas de couche d’accrochage.» Et le directeur d’ajouter: «Pour une finition lisse apparente, nous proposons toutefois une solution grâce à un filtre à mur.»
Autres avantages relevés par la société:   un séchage rapide et, surtout, un gain de temps par rapport à la pose sur le chantier. «Nos produits sont légers. Ils peuvent être transportés et mis en place très facilement. On gagne 80% de temps à la pose. Le constructeur va pouvoir ainsi livrer plus rapidement son objet.»
«On accède également à des endroits où l’on ne peut pas travailler avec de grandes grues.» Autant d’avantages qui se paient? «Si l’on prend en compte tous les avantages, notre solution présente au contraire une économie de 15 à 20% par rapport au coffrage traditionnel.»


Pas de concurrence
 «Les entreprises générales qui louent leurs coffrages auront intérêt à venir vers nous pour augmenter leurs marges, expose Stéphane Borloz. Quant à celles qui les possèdent, elles auront peut-être besoin d’une solution innovante ponctuellement. En particulier pour des travaux spéciaux – murs souterrains ou de soutènement – dans lesquels le coffrage traditionnel est de toute façon perdu, ce qui revient pour le coup très cher.»
«Notre produit permet encore des ceintrages particuliers, des formes plus créatives», fait remarquer Jean-Jacques Deforel. Pour l’heure, les responsables de Coffrasuisse estiment ne pas souffrir de la concurrence «à ce niveau de qualité». Autant dire qu’ils jettent sur l’avenir un regard confiant. YG

Commentaires

Bonjour Monsieur, Je suis intéressé de recevoir une documentation de votre système de coffrage aussi votre solution lisse apparente avec filtre à mur. Un libellé à transcrire dans une soumission peut aussi être utile. Une documentation technique m’intéresse aussi. Avec mes meilleures salutations. Jean Rime

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