Grangeneuve espère 12 mio pour faire peau neuve

| mar, 02. fév. 2016

Le Gouvernement demande un crédit cadre de 12 millions pour le développement de l’Institut agricole de Grangeneuve. Si le Grand Conseil l’accepte, trois projets pourraient ainsi être réalisés, dont la nouvelle et très attendue ferme laitière.


PAR XAVIER SCHALLER

«Je suis confiant dans la décision du Grand Conseil.» Le directeur de l’Institut agricole de Grangeneuve (IAG), Pascal Toffel, a besoin de 12 millions pour mettre à niveau son école. Le Gouvernement vient de rendre public un projet de décret pour un crédit cadre. «Cette décision du Conseil d’Etat, qui date du 14 décembre, est vraiment décisive. C’est toujours à ce niveau que ça avait bloqué par le passé.»
Les fonds demandés serviront d’abord, pour 6,6 mio, à la construction d’une nouvelle ferme laitière. «Un projet prioritaire, attendu depuis bientôt quinze ans.» L’extension de la halle de technologie agroalimentaire coûtera quant à elle 3,2 mio et 2,2 mio serviront à la transformation de l’ancienne ferme en halle agricole polyvalente.
«L’exploitation laitière actuelle est conforme, que ce soit au niveau de la détention des animaux ou du respect des critères des AOP gruyère et vacherin, note Pascal Toffel. Mais, pour une ferme école, c’est vieillot.»  Avec des bêtes attachées et un système de traite directe, la ferme ne constitue plus un modèle pour les démonstrations et les conseils.
Dans son message, le Conseil d’Etat rappelle que l’IAG doit rester une référence et jouer un rôle de modèle pour les élèves, les agriculteurs et tous les acteurs de la filière laitière. D’autant que l’IAG est le dernier centre de formation de Suisse romande pour les métiers du lait. Et qu’il est question d’y développer un centre de compétence national «lait cru» avec l’Agroscope, l’institut des sciences en denrées alimentaires.
«Pour l’instant, il y a beaucoup de projets, indique le directeur de l’IAG. Quand l’Agro­scope aura déménagé de Liebefeld à Posieux, les choses se décideront vraiment.» Un déménagement agendé en 2018. «Si tout se déroule comme prévu, la ferme sera achevée et nous serons prêts pour mettre en place des collaborations.» L’IAG pourrait en effet obtenir un permis de cons­truire avant la fin de l’année.
Le projet propose une stabulation libre et une surface au sol d’environ 2900 m2 – 1700 m2 auraient suffi sans les besoins de l’enseignement – avec une charpente en bois et une toiture photovoltaïque.


La halle de technologie
La salle de traite sera quant à elle équipée d’une pose automatique des manchons trayeurs. «Les cahiers des charges du vacherin AOP et du gruyère AOP exigent deux traites par jour, ce qui exclut l’option des robots de traite», précise Pascal Toffel.
Les 3,2 millions affectés à la halle de technologie alimentaire serviront à surélever d’un étage l’aile droite du bâtiment, qui date des années 1970. Le laboratoire d’analyse quittera le rez et s’installera sur ce nouvel étage. Au rez, la halle de technologie agroalimentaire pourra ainsi être étendue. «Nous n’avons plus assez d’espace pour mettre en place tous les processus que nous voulons montrer à nos élèves.»


Halle polyvalente
Enfin, l’ancienne ferme pourrait être aménagée en halle agricole polyvalente. «Un gros débat a eu lieu pour savoir s’il était pertinent de manger du terrain agricole pour construire une nouvelle ferme, indique Pascal Toffel. Mais même en détruisant l’ancien rural, les bâtiments environnants auraient compliqué le projet. D’un autre côté, nous ne voulions pas laisser l’ancienne ferme à la ruine.»
En juillet, une motion des députés Fritz Glauser (plr, Châtonnaye) et Christian Ducotterd (pdc, Grolley) a demandé qu’une halle polyvalente complète les projets d’investissement à l’IAG. Pour accueillir des cours interentreprises, des expositions de bétail et des manifestations.
Le Conseil d’Etat a décidé de donner une suite directe à la motion, le 14 décembre également.
Lorsque le bétail sera installé dans la nouvelle ferme, l’ancien rural sera vidé, laissant un espace plat et modulable. «Ce sera même plus grand que ce que demandaient les députés, se réjouit le directeur. Mais nous n’avons aucunement l’intention d’en faire un mini-Forum Fribourg ou un mini-Espace Gruyère.»

 

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Stratégie jusqu’en 2020
Aux commandes de l’Institut agricole de Grangeneuve (IAG) depuis moins de six mois, le Glânois Pascal Toffel a dû prendre le projet d’investissement en route. «Je n’imaginais pas laisser quelqu’un d’autre s’en charger. C’est l’avenir de l’IAG qui se joue. Si le directeur ne se charge pas personnellement de ce dossier, de quoi va-t-il s’occuper?» De plus, les choses se sont accélérées depuis son arrivée. «Un bon contexte a permis de trouver les compromis nécessaires.» Si l’on fait abstraction de l’aménagement d’une halle polyvalente, le budget reste dans les dix millions que le Gouvernement avait prévus dans son programme de législature. «Nous n’allions pas demander 20 millions. Il fallait rester dans ce cadre.»
D’autres investissements sont proposés, mais pour la période 2018-2020: 4,8 mio à la ferme bio de Sorens – pour une porcherie d’élevage, un bâtiment pour les bovins et des fosses à lisier – et 3,8 mio pour la réaffectation de la Grange Neuve. Elle pourrait accueillir au rez le magasin de l’IAG, actuellement à l’étroit, et à l’étage, un laboratoire dédié aux analyses sensorielles.

 

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Journées du lait cru
Du vendredi 22 au dimanche 24 avril, l’IAG va organiser les Journées AOP suisses. Le vendredi se déroulera une journée technique, réservée aux professionnels. Le week-end, l’IAG accueillera le grand public, afin qu’il puisse découvrir la filière AOP, de la production du lait à la fabrication du fromage. «Cela ne se limitera pas au gruyère et au vacherin, ce sera vraiment la fête de tous les AOP suisses», précise Pascal Toffel, directeur de l’IAG. «Cette manifestation renforcera l’image de notre école en tant que centre de compétence pour le lait cru.»

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