A La Chia, les pistes n’ont été ouvertes que quatre jours

| jeu, 18. fév. 2016

Les vacances de Noël? Ratées. Celles de carnaval? Ratées. Les stations de ski de la région tirent la langue. A un faible enneigement s’ajoute une météo maussade. Et quand tout est réuni, ce sont les skieurs qui ne sont plus là… Bellegarde tire son épingle du jeu avec 57 jours d’ouverture à ce jour. Mais même dans ce cas, le bilan s’annonce morose.


PAR JEROME GACHET

L’hiver est-il enfin arrivé en montagne? Même pas sûr. Les stations implorent les cieux pour que les semaines à venir leur permettent de se refaire quelque peu.

La Chia
Aïe… La station bulloise n’a pu ouvrir que quatre fois cette saison. L’hiver se résume ainsi à deux week-ends de janvier. Aux dires du président du Monte-pente de Bulle, ce furent de très belles journées de ski:  «Lors du premier week-end, il y avait presque trop de monde», sourit Yves Grandjean. En 75 ans d’histoire, La Chia vit forcément une de ses saisons les plus misérables, très loin du record (75 jours) et même de la moyenne (20).
Qu’à cela ne tienne: la petite station n’a pas les soucis des grandes. Les remontées mécaniques, non suspendues, nécessitent un entretien minimal. Quant au personnel, il est à 100% bénévole. «L’avenir de La Chia se joue sur ce point. Il faudra trouver des gens motivés», commente Yves Grandjean.

Rathvel
Noël: raté. Carnaval: raté. Alexis Tâche reporte désormais ses espoirs sur la semaine prochaine. «Les Vaudois ont une semaine de relâches», relève-t-il. La station veveysanne affiche 30 à 35 jours d’ouverture jusque-là. Or, une bonne saison en représente environ 80.
Et même si le ciel y met du sien, il est trop tard. «L’enneigement est plutôt bon chez nous, avec 30-35 cm en station. Mais c’est surtout le temps qui est problématique cette année.» Le chef d’exploitation, pas né de la dernière chute de neige, ne se souvient pas d’une conjonction de facteurs aussi défavorables.
Au chapitre financier, le fonctionnement de cette petite entreprise la protège des grandes catastrophes. «Com-me je suis le seul employé fixe et que je suis retraité, je ne coûte pas cher…»

Moléson
Une trentaine de jours de ski: à l’enneigement, insuffisant à Moléson, et aux conditions météo, Antoine Micheloud ajoute le calendrier à la liste des causes. «Les vacances de carnaval sont tombées très tôt cette année. Or, c’est souvent en mars qu’il y a le plus de neige.» Le directeur des remontées mécaniques compte lui aussi sur les Vaudois et sur les Neuchâtelois (en vacances dès le 29 février) pour limiter la casse. «En étant optimiste, on peut atteindre 65 jours de ski d’ici à la fermeture prévue le 28 mars. La saison n’est pas terminée.»
Sur le plan comptable, le bilan ne sera peut-être pas aussi mauvais que cela. «On devrait se situer 15% en dessous d’un exercice normal», reprend Antoine Micheloud, mettant en avant la diversification de l’offre dans sa station. «On essaie de ne plus être ski-dépendant. Quand il n’y a pas de neige, nous nous mettons en mode estival, même en hiver.»
Le responsable glisse au passage «qu’avec de l’enneigement artificiel, la station aurait gagné une quinzaine de jours d’ouverture».

La Berra
Des canons à neige, La Berra en a. «Nous en sommes à cinquante jours d’ouverture. Sans enneigement artificiel, ça aurait été la moitié moins, car le bas de la piste n’aurait pas été praticable», expose Philip-pe Gaillard.
De cette «saison à oublier», il retiendra deux «week-ends de folie» en janvier. «Le parking était plein à 9 h.» Autre conséquence: tous les cours de l’Ecole suisse de ski ont dû être annulés à carnaval.

Charmey
Directeur et chef technique de la société Télécabine Charmey les Dents-Vertes, Guy Morier a de la peine à se plonger dans les chiffres. Et pour cause. «Ce n’est pas brillant, résume-t-il. Lors du mois en cours, nous ne réaliserons même pas la moitié du chiffre d’affaires prévu. Espérons que la neige et le froid arrivent rapidement.»
Il pointe le faible enneigement et les conditions météo. «Celles-ci ont parfois été exécrables. Pluie, vent et brouillard… dimanche dernier, nous avons eu tous les temps en un seul jour. Nous avons été obligés de fermer prématurément.» Qu’il n’y ait pas de neige à Noël n’est pas rare. Qu’il n’y en ait pas non plus à carnaval l’est davantage.
Au terme de cette saison qui sera quoi qu’il en soit très mauvaise, Guy Morier tire un coup de chapeau à son personnel, victime également de cette situation.

Les Paccots
«A ce stade, nous devrions avoir réalisé les deux tiers de notre chiffre, alors que nous n’en sommes qu’à la moitié.» Olivier Berthoud ne se plaint pas plus que cela: «Avec le peu de neige que nous avons, nous sommes privilégiés par rap-port à d’autres.»
Le vice-président de Monte-pente de Corbetta SA précise que cette année a été compliquée sur le plan technique. «D’habitude, la préparation complète des pistes se fait une seule fois. Là, nous avons déjà presque tout recommencé à zéro trois fois. C’est ce qui nous a permis de rester ouverts durant les vacances de carnaval quand d’autres devaient fermer.»

Bellegarde
Au fond de la vallée, Bellegarde est relativement épargnée par le vent. Quant à son domaine skiable, il est situé plein nord, là où le soleil peine à s’imposer. La neige résiste plus longtemps, ce qui explique que la station a ouvert pratiquement tous les jours depuis le 19 décembre. «Les téléskis ont été arrêtés quatre jours seulement, contre 57 jours d’ouverture. Ne bénéficiant pas de neige artificielle, les pistes du télésiège n’ont pour leur part pu être utilisées que 34 fois.»
Voilà qui ne suffit pas à réaliser une bonne saison pour autant. Les chauds-froids de la météo ont causé les pires tourments au directeur Thomas Buchs, le contraignant à jon-gler avec les pistes au risque de faire fuir les skieurs.
Et cette semaine, quand les conditions sont bonnes, la plupart des skieurs sont de retour à l’école ou au travail…

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