Quand La Chia inaugurait le plus long ski-lift romand

| sam, 20. fév. 2016

Des courses de ski se disputaient déjà depuis quelques années sur ses pentes, quand l’idée d’un téléski à La Chia s’est concrétisée, le 21 février 1941. Retour sur l’histoire d’un monte-pente qui était alors le troisième du canton et le plus long de Suisse romande.

PAR ERIC BULLIARD

«Sans doute notre public sportif aura plaisir à se rendre compte “de visu” du fonctionnement de ce monte-pente gruyérien», écrivait La Gruyère du 20 février 1941. Soit la veille de l’inauguration du téléski de La Chia, il y a tout juste septante-cinq ans.
La météo, déjà, avait perturbé le tout premier week-end d’ouverture, sous forme de tempête. Mais, quelques jours plus tard, le journal se réjouissait: «Il y eut foule considérable, dimanche, au monte-pente de La Schiaz. Fribourg et Lausanne ont fourni d’importants effectifs de skieurs, sans parler de tous ceux de la région.»
Il faut dire que, au moment de son inauguration, le ski-lift est le plus long de Suisse romande, avec ses 1091 mètres. Et, comme le souligne Yves Grandjean, actuel président du conseil d’administration de Monte-pente Bulle SA, «il n’était que le troisième dans le canton, après La Roche-La Berra et Les Paccots», inaugurés en 1936 et 1938.
Si le téléski a rencontré le succès dès ses débuts, c’est aussi parce qu’il était attendu: dans son mémoire de licence sur Le développement du ski dans le canton de Fribourg (1999), Anne Philipona Romanens rappelle que les pentes de La Chia étaient appréciées des skieurs bien avant le monte-pente. Des courses s’y organisaient même dès les années 1930, avec l’espoir qu’elles aident à développer le tourisme.


A ski jusqu’en ville
L’impulsion pour la construction du skilift vient du ski-club Alpina (né en 1917), qui crée l’Ecole suisse de ski de la Gruyère en 1938. L’idée d’un monte-pente naît dans cette effervescence et prendra forme en collaboration avec la commune, la Société de développement, la Société des hôteliers et cafetiers et le Club alpin. Une société anonyme se constitue en janvier 1941.
A l’époque, racontent Yves Grandjean et Michel Buchs, qui l’a précédé pendant dix-huit ans à la tête du conseil d’administration, les skieurs empoignaient une corde et étaient tirés par une sangle passée sous les fesses. C’est aussi un temps où l’on pouvait descendre à skis jusqu’à Bulle… «On se rappelle de ces beaux souvenirs-là, mais moins des hivers sans neige qu’on connaissait aussi à l’époque», relativise Michel Buchs.


En tracteur et à pied
La pratique du ski elle-même a changé: longtemps, on prenait place en ville de Bulle dans une remorque tirée par un tracteur, qui vous laissait aux Albergeux. Ensuite, il fallait poursuivre à pied jusqu’au départ du monte-pente. «On faisait une descente le matin, ensuite on mangeait à la cabane, on en refaisait deux l’après-midi et on avait passé une magnifique journée de ski», sourit Michel Buchs.
Evénement marquant de ses 75 ans d’histoire: la reconstruction de 1969. Une quarantaine de bénévoles passent environ 4000 heures dans des conditions difficiles pour doter La Chia de son nouveau téléski. «Le ski-lift arrivait au bout et Gérald Gremaud, syndic de Bulle, a lancé la reconstruction», indique Michel Buchs. En ajoutant qu’une autorisation spéciale avait été accordée par l’Evêché pour pouvoir travailler le dimanche…
Par la suite, La Chia a vu naître une Association des amis (en 1995) et vivra l’arrivée de nouveaux sportifs, les randonneurs à raquettes, dès la fin des années 1990. Les temps ont changé, mais la station n’a pas perdu sa vocation familiale et conviviale. «Nous n’avons ouvert que quatre jours cet hiver, mais il y avait du monde, relève Yves Grandjean. Le premier week-end, c’était plein, ce qui prouve que la station répond à un besoin.»

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