«Ma page Facebook, ce n’est pas Tinder»

| jeu, 17. mar. 2016

A l’approche de la première battle, samedi sur le plateau de The voice, Amandine Rapin se confie sur sa folle aventure. Elle apprend à gérer sa récente notoriété, à répondre
à ses fans, aux médias et aux gens dans la rue. Rencontre à Château-d’Œx où elle enseigne la musique.

PAR JOELLE DUCRAUX

De l’énergie à revendre, un tantinet d’impertinence, une franchise déconcertante, une joie de vivre rafraîchissan-te et une tignasse fofolle. Vous l’aurez reconnue, il s’agit bien d’Amandine Rapin, la candidate suisse de 24 ans qui participe à l’émission The voice, sur TF1.
C’est dans un cadre à la limite du cliché helvétique que la chanteuse prend sa pause de midi à Château-d’Œx où elle enseigne la musique: chalet, vue sur les montagnes, odeur de fromage et serveurs en costume traditionnel. Un environnement qui contraste avec le monde à paillettes que la chanteuse fréquente à Paris depuis quelque temps. Celle qui dit ne pas pouvoir démarrer la journée sans son sandwich poulet-curry a reçu La Gruyère dans l’authenticité du Pays-d’Enhaut.

Est-ce que votre quotidien a changé depuis votre passage à The voice?
Non, pas vraiment. Comme avant, les lundis, mardis et jeudis, j’enseigne la musique à Château-d’Œx et les mercredis et vendredis à Apples, tout près de Morges. J’adore mon travail. Cela me permet de garder les pieds sur terre. Mais c’est sûr que mon métier de rêve numéro un, c’est chanter.

Avez-vous été surprise par l’engouement que vous avez suscité?
Oui. Toute la semaine qui a suivi ma prestation sur TF1, c’était la déferlante. Mais on avait prévu le coup, on s’était dit qu’il fallait être prêt à ça. Depuis, la cohue des médias est un peu retombée. Et heureusement parce que ça fait bizarre quand même. J’ai cherché à attirer l’attention par moi-même pendant un moment, et là, je passe une fois à la télé et l’impact est énorme.

Est-ce que vous avez reçu beaucoup de courrier?
Oui, énormément. Les premiers temps, je recevais des centaines de messages par jour. Je ne m’attendais pas à ce que ça touche autant les gens. C’est important de prendre le temps de répondre à chacun. On est plusieurs à le faire, mes parents et mes amies m’aident.

Des personnes vous ont-elles envoyé des messages négatifs?
Non, mais j’ai reçu quelques messages un peu lourds. Je réponds poliment, mais je mets un stop directement. Ma page Facebook, ce n’est pas Tinder (une app de rencontres).

Certains comportements vous agacent-ils parfois?
Oui, il y a quelque chose qui me surprend dans le tutoiement permanent. On m’a toujours appris à vouvoyer les personnes que je ne connais pas, par respect. Et là, des gens qui ne m’ont jamais vue, jamais parlé, m’abordent en me disant: «Eh! mais c’est toi Amandine!» C’est comme si j’allais à la boulangerie et que je disais: «Eh! mais c’est toi la boulangè-re du coin!» Il faut s’habituer, mais au début c’est bizarre.

Comment expliquez-vous cette forme de proximité à votre égard?
Internet et les réseaux sociaux ont rendu le contact plus facile. Les gens ne prennent plus systématiquement la mesure de ce qu’ils peuvent dire ou pas. Facebook a changé le rapport entre les gens.

Comment vous est venue l’idée de vous inscrire à The voice?
Je me suis dit: «C’est maintenant ou jamais.» J’ai fait un disque à Londres, quand j’y étais pour mon bachelor de chant. J’ai tout composé moi-même. J’ai pensé que c’était une bonne carte de visite pour présenter à un label, par exemple. J’ai essayé comme ça, en écrivant spontanément à des labels et à des radios. Mais je me suis vite rendu compte que c’était méga-dur. C’est un peu comme chercher un travail. Si tu n’as pas plusieurs expériences, c’est très compliqué.

Justement, quelle expérience aviez-vous dans la musique?
J’ai pas mal d’expérience sur scène. Mais, quand on démarre, les gens ne se rendent pas compte. Les propriétaires des salles pensent que c’est une chance pour vous de vous faire connaître en vous produisant dans leur salle gratuitement. Une prestation artistique est un travail, et tout travail mérite salaire. J’aimerais que le domaine artistique soit davantage reconnu professionnellement.

Avez-vous finalement réussi à convaincre quelques radios?
Oui, je me suis produite dans deux radios: Fréquence Banane et Stop FM. J’étais contente, mais quand j’ai vu qu’il m’avait fallu six mois d’e-mails intenses pour décrocher deux petites radios, j’ai réalisé que je devais trouver un moyen d’apparaître sur un support plus médiatisé. Merci TF1!

Pourquoi avoir choisi Florent Pagny?
Quand il s’est retourné, j’ai dû me concentrer pour ne pas me laisser envahir par mes émotions. Ma maman a cru que j’allais pleurer. Je l’ai choisi parce qu’il a une voix qui ressemble à la mienne et j’ai écouté mes sentiments. En plus, ma mère a toujours beaucoup écouté ses disques, du coup il a bercé mon enfance. Et je pars du principe que ce n’est pas forcément ceux qui en disent le plus qui en font le plus…

Vous faites référence au show de Mika pour vous convaincre de rejoindre son équipe?
Oui. Mes élèves de Château-d’Œx m’ont reproché de ne pas l’avoir choisi. Ils traitent Florent Pagny de fossile.

Lors des battles, qu’est-ce qui fera la différence?
Je pense que c’est l’interprétation. Tu as beau chanter merveilleusement bien, si tu n’arrives pas à faire passer des émotions et à interpréter la chanson, ça ne touchera pas les gens. Le niveau de cette saison est monstrueux.

Vous avez déjà tourné la première battle?
Oui, mais je ne peux rien dire. Nous avons répété en duo une fois et je suis ensuite repartie à Paris pour le tournage.

Comment votre entourage vit-il cette expérience?
Mes parents et mes amies sont très présents. Je sais que je peux compter sur eux, si j’ai un coup de blues ou un problème. Ils m’ont toujours soutenue. Mais au début, mes parents étaient inquiets de mon choix de carrière, donc le fait que j’ai suivi une formation pour enseigner les a rassurés.

De quelle manière vous projetez-vous dans l’après The voice?
Tout dépend jusqu’où je vais. Pour le moment, je vis l’aventure à fond!

Quelle est votre plus grande crainte?
J’ai peur de faire quelque chose qui ne me ressemble pas. J’espère être assez forte et avoir les moyens de dire non.

Pensez-vous que l’on peut vite faire l’impasse sur son identité dans ce milieu?
Oui. Parce que ça fait un moment que tu trimes pour essayer de décoller et que ça ne fonctionne pas. Alors quand on te donne enfin la possibilité de faire quelque chose, même si ça ne te ressemble pas, t’es tenté de dire oui. Finalement, personne n’y trouve son compte. C’est comme un pâtissier qui aime faire du chocolat noir et à qui on demande de faire du chocolat blanc. Premièrement, ça va l’embêter. Et, quand on n’aime pas ce que l’on fait, en général on est moins bon. Je compte sur mon entourage si un jour je me perds dans un style qui ne me correspond pas.

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