Dur et pointilleux, il termine la journée d'un ton mielleux

| mar, 08. mar. 2016

Claude D. s'est montré fidèle à lui-même lors de la deuxième journée de son procès. Dur et ne lâchant rien, il a donné sa version des faits. En fin de journée, son comportement a changé. Auditionné par ses avocats, il a voulu se montrer touché par les faits. Il a également déclaré avoir eu envie de se suicider après avoir tué Marie. 

Par VALENTIN CASTELLA

La deuxième journée du procès de Claude D., accusé d'avoir tué Marie S., s'est déroulée mardi à Renens. La matinée a commencé par la suite de l'audition du prévenu. C'est le procureur général Eric Cottier qui a entamé les débats. Son objectif: comprendre certains détails énoncés la veille lors de la lecture de l'acte d'accusation. Et ce dernier a été surpris plus d'une fois, tant les réponses du tueur l'ont stupéfié.

En effet, lorsqu'on lui a demandé pourquoi il avait acheté du scotch le 13 mai, soit quelques heures avant l'enlèvement, il a répondu: «Dans mon appartement, plusieurs câbles traversent les pièces. Je souhaitais les attacher pour faire de l'ordre.» Au final, ce matériel servira à immobiliser Marie S. Selon lui, il a également acheté des jumelles pour sa mère et son blog a été piraté.

Une autre de ses déclarations a fait grincer des dents la Cour. Alors que le procureur général lui demandait quelle était la nature du couple qu'il formait avec Marie S., Claude D. a affirmé qu'il n'avait «jamais été dans une relation amoureuse avec elle.» Il a poursuivi, en lançant une énième pique à sa victime: «C'est elle qui voulait être ma copine, car elle voyait que ma famille avait de l'argent.» Dans un message, il lui a toutefois avoué qu'il l'aimait: «Oui mais, monsieur le procureur, vous me connaissez un peu. Je suis capable de faire preuve d'ironie», a-t-il répondu.

Enfin, le procureur a questionné Claude D. sur son souhait de se procurer une arme. «Je voulais me protéger d'une bande de blacks qui me menaçait. Par contre, je ne vais pas expliquer pourquoi ces personnes étaient menaçantes. Car ça touche au mobile.»

"Foutu pour foutu..."

Le mobile: voilà l'inconnue de ce procès. Claude D. le sait et il compte garder son secret bien au chaud. A plusieurs reprises, le président du Tribunal Sébastien Schmutz, le procureur général ou Me Jacques Barillon, avocat de la famille de Marie S., ont tenté d'en savoir davantage. Mais sans succès. Claude D. a toutefois reconnu que la situation avait «dégénéré» le 13 mai, lorsque la victime sortait de son lieu de travail. Sans aucune préméditation. «On ne m'a jamais pris à défaut au niveau de la préméditation.» Il a poursuivi: «Lorsque je l'ai empoignée par la veste, j'ai aperçu une témoin. Je ne suis pas monsieur Tout-le-monde, mais Claude D., avec un casier judiciaire long comme le bras. Je me suis dit que je serais dans la merde si Marie racontait tout à la police. Alors, foutu pour foutu... A ce moment-là, il était inenvisageable de la laisser partir.»

Claude D. a ensuite décrit le meurtre mécaniquement. Il a stipulé que Marie S. n'avait jamais manifesté de résistance lorsque les deux personnes se sont retrouvées durant sept heures dans une forêt de Châtonnaye, là où le crime a été commis. Elle lui aurait même demandé de «l'embrasser et de lui caresser les seins».

Après avoir tué et déplacé le corps, Claude D. a dit avoir eu envie de se suicider: «J'ai cherché un moyen de mettre fin à mes jours. C'est pour cette raison que j'ai roulé très vite, à 160 km/h, à l'endroit où j'ai subi mon accident (sur la butte se trouvant entre Sâles et Vuisternens-devant-Romont). Je savais que cet endroit était dangereux. Après l'accident, j'ai été surpris d'être vivant.»

Méticuleux et maniaque

Comme lors de la première journée, le Gruérien s'est montré pointilleux et sûr de lui. Il s'est décrit comme méticuleux et maniaque, quasiment victime de «tocs». «Je tends à la perfection.» Il a également rappelé à l'ordre à plusieurs reprises la Cour: «Vous avez fait une erreur, mais je vous pardonne. Il y en a d'autres que je relèverai plus tard.» Il s'est également permis d'interroger l'inspecteur chargé de l'enquête, auditionné, de manière virulente, laissant ses avocats sans voix.

Auditionné par la défense en fin de journée, le Tourain a soudain changé de comportement, devenant plus calme et collaborant. Il a affirmé qu'il avait émis le souhait de suivre un travail psychologique. Et que sa demande n'avait pas été accordée. Claude D. a aussi parlé de son premier meurtre: «Cela fait dix-huit ans que je dis que, si je pouvais donner ma vie pour Pascale, je le ferais.»

Par rapport à son rapport avec les femmes, le Gruérien a dit: «J'ai besoin d'avoir une relation fusionnelle. Un sentiment qui m'a été inculqué. J'étais très fusionnel avec ma mère, qui compensait l'absence de mon père, très occupé.» Claude D. a conclu, concernant ses parents: «Je n'ai plus de nouvelles depuis trois ans. Je ne leur jette pas la pierre. Je les ai déjà mis dans une situation pas possible. Ils avaient vécu l'enfer lors de la première affaire.»

Demain, les experts seront auditionnés sur l'aspect psychologique de Claude D.

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