Il ne faudra pas attendre de miracle du «rapport Fischer»

| jeu, 03. mar. 2016

Guidé par Daniel Fischer, Vision Charmey 2030 arrive lessivé au terme de ses réflexions. Mais le groupe de travail rendra bel et bien ses conclusions le 4 avril prochain. Sauf qu’il ne faudra pas y voir la solution à tous les problèmes de Charmey… Le consultant bernois constate le manque inquiétant d’une culture de la coopération dans la station.

PAR JEAN GODEL

La cuisine charmeysanne n’a décidément pas son pareil pour régaler son monde de ses bons petits plats. A peine digérées les élections du week-end et l’élimination du syndic Félix Grossrieder que l’on sort du frigo le méchoui touristique.
Instauré l’automne dernier par le Conseil communal – qui n’y siège pas – et accompagné par le consultant bernois Daniel Fischer, le groupe de travail Vision Charmey 2030 rendra ses conclusions lors de la très attendue soirée d’information du 4 avril. Censé rassembler l’ensemble des acteurs touristiques de la station pour un grand brainstorming, il devrait proposer une stratégie touristique à long terme. Le document que tout le monde attend avec impatience dans la Jogne.


Une idée reçue…
A ce propos, il convient de détricoter une idée reçue: non, le 4 avril ne sera pas l’occasion de présenter les conclusions oficielles du «rapport Fischer». Tout simplement parce qu’il n’y a pas de «rapport Fischer». Mais bien les conclusions de ce groupe de travail Vision Charmey 2030 simplement coaché par le consultant bernois, en duo avec Christophe Valley, directeur de Charmey Tourisme.
Représentant en son sein du conseil d’administration des remontées mécaniques de Charmey – qu’il préside – Bruno Charrière confirme que les travaux sont à bout touchant. Et aussi qu’il ne faut pas en attendre de miracle: «L’idée n’est pas de décider dès aujourd’hui ce que sera Charmey en 2030, mais de dégager des idées forces. Ce ne sera d’ailleurs qu’un avis parmi d’autres.»


Juste ouvrir le débat
En effet – autre idée à mettre en pièces – le 4 avril ne verra pas non plus d’annonce fracassante sur «LA» solution pour les remontées mécaniques. Non. Il s’agira d’ouvrir un large débat, le plus transparent possible, sur l’avenir de l’ensemble du tourisme charmeysan, et pas seulement des installations, en se basant sur plusieurs présentations.
Ainsi Télécabine Charmey-Les Dents Vertes en Gruyère SA montrera un plan d’affaires contenant plusieurs scénarios sur l’évolution de ses coûts et de ses revenus, de même que sur les investissements à envisager pour améliorer son chiffre d’affaires.
Suivront les résultats d’une étude de l’Union fribourgeoise du tourisme sur l’impact économique des infrastructures touristiques (remontées, bains, hôtellerie, musée, etc.). Daniel Fischer exposera ensuite les conclusions de Vision Charmey 2030. Enfin, avec Pascal Charlet, de La Gruyère Tourisme, et Christophe Valley, il évoquera les modèles possibles de réorganisation des offices du tourisme à l’échelon local et régional.
Ce n’est qu’à l’issue de ces présentations que Daniel Fischer tirera, en tant que consultant extérieur, ses propres conclusions. Suivra la prise de position du Conseil communal de Val-de-Charmey, celui d’avant les élections. Vu les résultats, la tâche des futures autorités sera plus compliquée, avoue Daniel Fischer, joint hier après-midi à son retour de deux jours en Autriche. «Mais mon mandat n’est pas lié aux personnes en place au sein du conseil communal.»
Hier pourtant, la casserole de Val-de-Charmey bouillait des bruits d’un possible échec du groupe de travail Vision Charmey 2030. Daniel Fischer, dément catégoriquement. «Je vais terminer mon mandat, comme prévu. Je n’ai aucune raison d’y renoncer. Et en tout cas pas les résultats des élections.»

 

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«La confiance de base n’existe pas»

 

«C’était vraiment compliqué.» Daniel Fischer, le consultant ayant accompagné les travaux du groupe de travail Vision Charmey 2030, avoue avoir souffert, pensant même parfois se trouver dans un mauvais film, tant sont fortes les tensions entre les différents acteurs charmeysans. Plus que de tensions, normales dans ce genre de démarche, le consultant parle de tiraillements si violents qu’ils ont à plusieurs reprises mis le processus en danger. Un mélange de règlements de compte personnels et politiques, voire de vieilles histoires jamais oubliées.
D’entrée de jeu, la fréquentation a énormément fluctué, certains acteurs étant fidèles, d’autres, et non des moindres – l’Hôtel Cailler, CharmECA (entrepreneurs, commerçants et artisans de Charmey) – ayant quitté le navire en cours de route. «Le nombre n’est en soi pas important, précise Daniel Fischer, pour autant qu’il y ait une volonté commune de coopérer. Le problème, c’est que j’avais parfois l’impression que l’on se tirait dans les jambes.»


Autre idée jetée aux oubliettes
Une première expérience avait déjà mal tourné. Annoncé par la commune dès 2013, un comité de destination a fait long feu. Pensé pour chapeauter le tourisme et définir les priorités, il devait rassembler le syndic et les représentants des remontées mécaniques, des Bains de la Gruyère, de l’Hôtel Cailler, de la commission agricole et de CharmECA.
Il était même question de faire signer un contrat de destination engageant tous les acteurs à tirer à la même corde (La Gruyère du 28 mars 2013). Ce processus a lamentablement échoué l’an dernier, faute de combattants. «Sur ma proposition, le Conseil communal l’a dissout après six ou sept réunions», confirme Daniel Fischer, dépité: «C’est dramatique.»
Plus globalement, le consultant a constaté l’absence d’une culture de la coopération: «La confiance de base entre les prestataires n’existe pas. C’est un souci pour l’avenir.»


Il n’y a pas eu de cabale
Représentant des remontées mécaniques dans le groupe Vision Charmey 2030, Bruno Charrière (qui, soit dit en passant, a régulièrement assisté aux séances à quelques empêchements près) tient à relativiser. Pour lui, point de cabale des acteurs touristiques, mais des visions parfois irréconciliables. Les bisbilles, au Conseil communal, entre Félix Grossrieder et Jean-Claude Kolly, membre du conseil d’administration des remontées mécaniques, mais aussi les déclarations fracassantes de Christophe Valley sur la fin possible du ski à Charmey ont perturbé le fonctionnement du groupe, entamant même sa légitimité.
Au final? Les conclusions de Vision Charmey 2030 ne sont bien sûr pas le reflet unanime de ce que pensent les acteurs touristiques de Charmey, analyse Bruno Charrière. «Mais c’est normal pour un groupe de réflexion et dans un village en transition. Et nous nous sommes quand même retrouvés sur quelques idées forces.» Pour l’avocat, il pourrait même sortir du bon de cette crise: «En tout cas, nous ferons des propositions sur la base desquelles les Charmeysans pourront décider en toute connaissance de cause.» JnG

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