La fin brutale du Café du Tunnel

| sam, 16. avr. 2016

Un dernier concert, samedi soir, et le Café du Tunnel fermera ses portes. A la tête de l’établissement depuis six ans, Nathalie Bloesch doit arrêter son activité pour raisons médicales.

PAR XAVIER SCHALLER

Culture. Les quatre chanteurs du Quatuor Orchis seront les derniers à faire résonner les murs du Café du Tunnel. Après leur concert, samedi soir, le café culturel fermera jusqu’à nouvel avis. La santé de sa gérante, Nathalie Bloesch, l’oblige à chercher une nouvelle orientation professionnelle, moins contraignante. «Ce sont des problèmes lombaires, qui se soignent, mais qui demandent un arrêt complet.»
Tant pis pour Michael Beer and the Spaceships, le peintre Roy Luigi Meneghetti ou Nina Simonet. Programmés pour la fin du mois, ils ne découvriront pas le charme particulier du numéro 68 de la Grand-Rue, à Fribourg.
Le personnel – un peu plus de trois équivalents plein-temps – va perdre son emploi. «Notre cuistot a déjà trouvé quelque chose. Les autres sont en passe de trouver», précise Nathalie Bloesch, également en charge de la programmation. «C’est aussi pour cela que nous arrêtons maintenant, alors que l’objectif était d’attendre la fin de notre saison culturelle, fin juin.»


Reprise et travaux en 2010
Avec Rebecca Casutt, toujours associée, elle a repris l’établissement en 2010, pour en faire un café culturel, proposant des expositions et des concerts. «En six ans, nous avons créé un vrai lieu d’échan­ge, dans une société qui n’a plus le temps de rien, note avec fierté Nathalie Bloesch. Tout le monde le dit, y compris les artistes, qui prennent souvent le temps de discuter avec les spectateurs.»


Pour créer des ponts
Le bâtiment du XVIe siècle, avec ses deux salles en enfilade, est un lieu chargé d’histoire. «Le Café du Tunnel a toujours permis de créer des ponts, avec Mama Leone et même avant, avec la famille Kaeser.» Pour beaucoup de Fribourgeois, le restaurant reste en effet associé à l’image de Marie-Hélène Darbellay, alias Mama Leone. Tenancière jusqu’en 2001, elle est restée célèbre pour sa générosité, son Noël des cloches et le samos, un vin doux grec, qu’elle servait. «Même si nous avons refait beaucoup de choses en 2010, nous avons conservé un lieu simple. Et nous avons continué à servir du samos.»
Peinture, installation d’une cuisine professionnelle, aménagement des caves et de la première salle, les travaux ont été nombreux. «Nous laissons un bel outil de travail», constate la gérante. «Nous avons aussi apporté la preuve que la clientèle existe pour ce type de café culturel.»
Du classique au rap, du slam au baroque en passant par la chanson française, le lieu a accueilli, en moyenne, 200 artistes par an. «Nous avons toujours travaillé au chapeau, car cette manière de faire encourage la curiosité. Et ils étaient souvent bien remplis.»


Bouillon de culture
En 2013, l’association Bouil­lon de culture a été fondée pour soutenir les animations organisées au Café du Tunnel. Elle compte actuellement quelque 120 membres et est appuyée par l’Agglo et la Loterie romande. La première phrase de sa charte stipule que «Bouillon de culture est une association à but non lucratif qui propose sur toute l’année et dans les locaux du Café-resto-galerie Le Tunnel un programme culturel.» Son avenir dépend dès lors de celui du lieu. Au vu des offres de reprise déjà reçues, Nathalie Bloesch a bon espoir que Le Tunnel garde sa vocation culturelle. «Même si rien n’a encore été signé.»

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