Le déménagement de la gare se concrétise

| jeu, 14. avr. 2016

Le déménagement de la gare de Châtel-Saint-Denis sera mis à l’enquête vendredi pour sa partie ferroviaire et routière. Les coûts de l’opération se montent à 66,9 millions de francs, répartis entre Confédération, canton et ville. Les travaux devraient débuter dans le courant de l’année prochaine et se dérouler en parallèle.

PAR SOPHIE MURITH

Après le MEP, le PAP. Avec la publication de la Procédure d’approbation des plans (PAP), le réaménagement de la gare de Châtel-Saint-Denis entrera demain dans sa phase de concrétisation. Ce dossier, composé de 1375 documents, englobe l’édification de la nouvelle gare et son déménagement sur le tracé naturel de la voie ferroviaire, la construction d’une partie de la route cantonale (entre l’entrée côté Remaufens et l’avenue de la Gare) et le déplacement du ruisseau du Tatrel, ainsi que sa revitalisation.
Après avoir été validé par l’Office fédéral des transports (OFT), il est désormais, et pour trente jours, soumis à l’examen public. La procédure d’obtention des permis de construire devrait durer entre douze et quinze mois. Une deuxième procédure, cantonale cette fois-ci et concernant l’adaptation de la route cantonale de l’avenue de la Gare à la route de Vevey, sera lancée en parallèle dans le courant du mois.
«C’est une découpe par logique de droit, a expliqué hier à la presse Vincent Ducrot, directeur des Transports publics fribourgeois (TPF). Elle est possible car les deux tronçons peuvent être réalisés de façon indépendante. Mais cela ne devrait pas être le cas.»


Un projet à 66,9 millions
«Ce projet est crucial pour les transports publics, la commune de Châtel-Saint-Denis, mais aussi pour le développement du canton», a rappelé Maurice Ropraz, directeur de l’Aménagement, de l’environnement et des constructions. «La procédure est complexe et se place sur plusieurs échelons. Nous avons donc mis en place la structure la plus efficace.» Une convention de collaboration et de responsabilité a d’ailleurs été signée hier par les maîtres d’ouvrage: l’Etat de Fribourg, la commune de Châtel-Saint-Denis et les TPF.
L’investissement total projeté à ce jour est de 66,9 millions de francs. La répartition des coûts est déjà fixée. L’Etat déboursera 16,8 mio de francs, la commune 7,7 mio, pour le déplacement de canalisations et la création d’une voie verte pour les élèves du CO – une partie du montant sera financée par les taxes de raccordement. Les TPF, qui pourront compter sur le Fonds d’infrastructure ferroviaire (FAIF), prendront à leur charge 34 mio de francs, dont un million pour la route cantonale.
La partie ferroviaire est donc devisée à 33 mio de francs, alors que 6,5 mio de francs supplémentaires seront nécessaires afin de réaliser le parking souterrain. Ils seront versés par les TPF eux-mêmes.
Le projet peut enfin compter sur 1,9 mio de subventions diverses et de participations de tiers, notamment pour le financement du déplacement de certaines conduites que les propriétaires doivent prendre à leur charge.
Dans un premier temps, les montants évoqués faisaient état d’un projet à 20 mio de francs. «Cela ne tenait pas compte du déplacement de la route, ni de la construction du pont, explique Vincent Ducrot. Nous avons également décidé d’assainir les voies plus loin vers Remaufens et le quai sera plus large pour tenir compte de la croissance.»


Début du chantier en 2017
Les participations des collectivités publiques restent cependant soumises aux décisions des législatifs respectifs, Grand Conseil et Conseil général de Châtel-Saint-Denis au printemps 2017. «Nous pourrons présenter des chiffres plus précis après le retour des appels d’offres en novembre», ajoute Maurice Ropraz.
Les travaux débuteront dans la foulée, sous réserve de l’obtention des permis de construire. «Le PAP permet un traitement extrêmement rigoureux des oppositions», fait remarquer Vincent Ducrot. Il relève toutefois que toutes les normes sont respectées et qu’aucune dérogation n’a été demandée. «Les oppositions permettront un dialogue, mais il y a peu de chance qu’elles puissent bloquer le projet.» L’OFT se chargera de les traiter.
Pour rappel, ce déménagement est dû à la nécessité de moderniser la gare châteloise, avant décembre 2023, pour respecter la Loi sur l’égalité pour les handicapés et les nouvelles normes de sécurité. «Son exploitation est encore sûre», rassure toutefois Vincent Ducrot. L’inauguration de la nouvelle gare est prévue en décembre 2019.
Ce réaménagement permettra également de réduire le temps de parcours entre Bulle et Palézieux de trois minutes, en abandonnant le rebroussement, et d’introduire une cadence à la demi-heure.
Les TPF ont acquis les terrains nécessaires à cette réalisation et lancé un mandat d’étude parallèle, voilà trois ans, pour imaginer les contours du futur quartier de la gare, qui comprendra habitations et commerces. «Les Plans d’aménagement de détail des quartiers de l’ancienne et de la nouvelle gare sont en cours d’élaboration, note Vincent Ducrot. Leur mise à l’enquête sera effectuée à la fin de l’année.»

 

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Des chantiers en cascade
Si la gare de Châtel-Saint-Denis est déplacée, le réseau routier de la commune et sa traversée connaîtront eux aussi des bouleversements. Pour permettre la suppression du passage à niveau à la route de la Coula, une nouvelle route de 600 mètres et deux giratoires seront construits. La nouvelle route cantonale empruntera en partie le tracé de l’ancienne ligne ferroviaire. La route de la Coula sera coupée en deux par la voie ferroviaire et servira de desserte de quartier. «La nouvelle route cantonale permettra de désengorger le centre-ville,» explique Grégoire Cantin, chef du Service cantonal de la mobilité. Le nouveau tracé de la route cantonale, entre la route de Vevey et la jonction avec la nouvelle route à la hauteur de la route des Pléiades sur l’avenue de la Gare, sera élargi. «Même sans bande cyclable, cela offrira une meilleure circulation pour les vélos.»
La création d’une voie verte, entre la future gare et le CO de la Veveyse, permettra également d’en finir avec la traversée de la route de la Coula par ses élèves, quatre fois par jour. «Cela réglera un vrai problème de circulation», relève le syndic François Genoud. La gare, à proprement dite, sera surélevée par rapport au niveau de la route et sera coiffée d’une marquise «inédite». La construction de toutes ces infrastructures va nécessiter l’édification et le déplacement d’un réseau complexe de canalisations communales, cantonales et privées. SM

 

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Un calendrier serré et parallèle
Si tout se passe comme prévu, le chantier débutera dans le courant de l’année prochaine, par sa partie ferroviaire, qui prendra place sur la zone actuellement libre. Il se poursuivra ensuite, en parallèle, avec la construction routière et la fin du réaménagement des infrastructures ferroviaires. «Des transports en bus seront organisés pour les voyageurs», prévient Vincent Ducrot. Une mesure plus économique, moins invasive pour les riverains et plus simple qu’un chantier en exploitation. «Le temps de parcours est quasiment similaire et cela ne nous obligera pas à des chantiers de nuit.» Autre avantage, des travaux pourront être effectués à la halte de Remaufens et sur les voies. Au moment de la mise en service du nouvel itinéraire, en 2019, l’axe Palézieux-Châtel-Saint-Denis devrait ainsi être rénové dans son ensemble. SM

 

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