Une décennie d’écart, mais une même vision pour la promotion

| sam, 09. avr. 2016

Relégué en 2e ligue voilà deux saisons, le CS Romontois pointe au deuxième rang et peut de nouveau rêver de promotion. Président lors de la dernière promotion, en 2003, Serge Pittet est également un «proche confident» de l’actuel boss Jean-Yves Python. Ils décrivent leur gestion, similaire à bien des égards.

Par Quentin Dousse

C’était l’époque des Dany Raigoso, le buteur, et celle des entraîneurs-joueurs également. Avec Stéphane Odin et Jacques Descloux tant à la barre qu’à la bagarre sur la pelouse. Juin 2003, le CS Romontois fêtait alors la promotion en 2e ligue interrégionale, après un bail de vingt-neuf ans en 2e ligue. Treize printemps plus tard, le capitaine Gilles Kolly et ses coéquipiers rêvent d’imiter leurs prédécesseurs. Pour entretenir l’espoir, ils auront besoin d’un succès face au leader Richemond, ce soir au Glaney (18 h).

A l’instar des joueurs, l’actuel président du CSR Jean-Yves Python aspire lui aussi à imiter l’un de ses prédécesseurs, Serge Pittet (1999-2004). Gravir un échelon avec les «vert et blanc» ne serait qu’un point commun de plus entre ceux qu’on pourrait qualifier de «faux frères». Contemporains et anciens coéquipiers, «proches confidents», papas de trois enfants et tous les deux entrepreneurs: ces deux Romontois «pure souche» n’ont de différence qu’une syllabe dans leur nom, ou presque. Ils livrent leur vision du club romontois et leur gestion à travers leur présidence respective.

Une même philosophie
Tant chez l’un que chez l’autre, il est inutile de chercher la moindre facette «constantinesque», en référence à Christian Constantin, l’impétueux boss du FC Sion. «Comme président, je me reconnais un côté impatient. Mais je n’avais pas les moyens de débarquer les entraîneurs», rigole Serge Pittet, 52 ans. Avant de reprendre, plus sérieusement. «Avec Jean-Yves, qui était déjà au comité avec moi, nous avions la même philosophie. Nous écoutions beaucoup et ensuite la décision tombait. Et elle était assumée jusqu’au bout.»

Si tous les deux se décrivent comme «ambitieux», Jean-Yves Python reconnaît aussi en son homologue un caractère de battant. «Il ne lâchait rien et il a obtenu ce qu’il voulait tant, la promotion.» Aujourd’hui, Serge Pittet n’est «plus que» spectateur du CSR.

La formation évolue
Au moment de prendre les rênes, en 1999, Serge Pittet s’était fixé un objectif majeur: vivre une promotion. «Nous l’avions préparée durant cinq ans, en débusquant un renfort de ligue supérieure à chaque mercato, au gré des manques. Nous ne voulions pas attendre deux ans pour former un joueur.» Ce qui ne veut pas dire un CSR composé de «vieux briscards» uniquement. «Les bons juniors provenaient de la région fribourgeoise et jouaient autour d’une ossature de cinq ou six éléments de 1re ligue.»

Depuis son départ à l’été 2004, trois présidents se sont succédé avant l’intronisation de Jean-Yves Python, en 2012. A l’image du club glânois et de ses onze saisons en 2e ligue inter (2003-2014), la politique a quelque peu évolué, avec son temps. «Bien que nous ayons été passablement chahutés les dernières années en 2e ligue inter, nous tenions à lancer des joueurs en devenir, reprend l’actuel président. C’était aussi parfois par nécessité, au vu de l’effectif. Depuis la relégation, certains jeunes sont partis et nous avons choisi de reconstruire avec des joueurs et un entraîneur du cru. Le but serait d’intégrer chaque année un ou deux juniors du mouvement.»

Le csr, cette famille
Bien qu’il soit l’organisation du chef-lieu du district, le CS Romontois a su conserver une philosophie familiale. «C’est même la marque de fabrique, ajoute Serge Pittet. Il n’y a jamais de grands bouleversements et une ligne de conduite est maintenue.»

Pour Jean-Yves Python, le comité en place – dix personnes – représente le vrai moteur. «Ces gens s’impliquent et vivent pour le club depuis longtemps. Certains sont aussi des appuis de par leur engagement à la commune. On la sent d’ailleurs derrière nous, avec notamment notre pelouse totalement revisitée l’automne dernier.»

«Pas peur» d’être promu
Dans ce contexte, les dirigeants glânois auraient tort de ne pas regarder plus haut. D’autant que l’équipe dirigée par Angelo Caligiuri, lui aussi «un homme de la maison», compte quatre unités de retard (et un match en moins) avant d’affronter Richemond ce soir. Jean-Yves Python, lui, reste les pieds sur terre. «Si nous montons, nous aimerions construire quelque chose de solide. Ce serait pour jouer le milieu de tableau et non la relégation. Quatre ou cinq joueurs devraient alors étoffer cet effectif. Le budget, lui, n’augmenterait pas. Mais, en tenant compte des structures et du travail effectué, nous n’aurions pas peur d’y aller!»

S’il espère un dénouement heureux – «le club mériterait la cerise sur le gâteau» – Serge Pittet souligne toutefois la question du recrutement de renforts, rendu difficile par la pyramide actuelle du football fribourgeois. «Comment argumenter face au FC Bulle, par exemple? L’expérience et l’historique de Romont ne suffisent plus dé-sormais, il faut donner un sucre. Et si on ne parvient pas à trouver ces renforts dans le canton, il faut rester en 2e ligue.»

Si l’envie de rejoindre l’échelon supérieur est bien présente, personne au Glaney ne tombe dans l’euphorie. «Le championnat est encore long», répètent-ils en chœur, du président aux joueurs. A 95 ans, le CS Romontois a depuis longtemps atteint son âge de raison.

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Caligiuri: «Gagner pour suivre la cadence»

Il avait pris les commandes du CS Romontois à l’hiver 2014-2015, en remplacement d’Yves Bussard. Angelo Caligiuri, un Romontois qui n’avait à son actif qu’une seule expérience d’entraîneur, à Siviriez en 3e ligue, n’a pas déçu l’entourage du club. Avec plus de deux points de moyenne par match, le club du Glaney a depuis retrouvé le haut du classement et des qualités de jouerie, par la même occasion. «Avec les dirigeants, nous nous sommes donné deux ans pour faire quelque chose. C’est donc de la reconstruction rapide», sourit cet enseignant.

Meilleure attaque et meilleure défense du premier tour, les Romontois courent néanmoins toujours derrière le leader Richemond. Avec quatre unités de retard (et un match en moins), les «vert et blanc» connaissent l’importance du match au sommet de 2e ligue, ce soir sur leur pelouse (18 h). «Richemond ne fait pas beaucoup de faux pas et nous devons absolument gagner pour suivre la cadence, enchaîne le coach. D’un point de vue technique, ils sont globalement plus homogènes. Ce sera à nous de compenser par la volonté.»

«Notre place est en 2e ligue inter»
Même s’il répète à l’envi que l’objectif reste «le podium», Angelo Caligiuri peut difficilement éluder la question de la promotion. «Un changement de ligue me plairait, évidemment. Rien que pour disposer d’un challenge tout frais. Aujourd’hui, on ne peut plus se cacher. Des joueurs sont venus pour remonter. Notre place est en 2e ligue inter, même si on n’en fait pas une obsession.» S’il ne manque pas d’ambitions, le technicien n’occulte pas la réalité du terrain. «Je dispose d’un onze de base de niveau 2e ligue inter, quand Richemond présente 16 éléments de ce calibre.»

Dans le camp des joueurs, la perspective de promotion rend le printemps excitant. Six hommes du contingent actuel ont par le passé porté le maillot «vert et blanc» à l’étage supérieur. Parmi eux, le capitaine et Romontois Gilles Kolly. «J’ai toujours envie de goûter de nouveau à cette catégorie de jeu, plus technique, rapide et rythmée. Maintenant, avec l’avance de Richemond au classement, la pression reste de notre côté. Mais on revient en forme après un début de printemps délicat», assure le défenseur de 24 ans.

Au Glaney, les enjeux de fin de saison ne se limitent pas au seul championnat. Vainqueurs 1-2 de Belfaux mercredi, les Romontois ont décroché leur billet pour les demi-finales de la Coupe fribourgeoise. Cette compétition qui, en coulisses, est devenue un objectif au sein du club.

 

 

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