La nouvelle gare de Bulle franchit un cap décisif

| jeu, 02. juin. 2016

 Le Plan d’aménagement de détail du futur quartier sera mis à l’enquête demain. Les nouvelles installations ferroviaires seront mises en service en 2019. Les TPF comme les autorités promettent d’apporter un soin particulier à l’urbanisme.

Par Jean Godel

 

Avec la mise à l’enquête, dans la Feuille officielle de demain, du Plan d’aménagement de détail (PAD) de la nouvelle gare de Bulle, on entre dans le vif du sujet: le train est lancé et ne s’arrêtera plus. Si ce document central est prêt depuis quelque temps, les nouvelles autorités communales, entrées en fonction en avril, ont tenu à en être informées par les TPF avant de le mettre à l’enquête. Dans une ville hypersensible aux questions d’aménagement, la création d’un quartier de neuf hectares – autant que le Bulle historique – ne laisse aucune place à l’improvisation.

Lancées en avril 2012, les réflexions ont donc abouti à ce PAD qui, en réalité, diffère très peu du mandat d’étude parallèle (MEP) présenté en 2013 (La Gruyère du 15 octobre 2013). Tout juste a-t-on pris six mois de retard pour peaufiner la gestion des nappes phréatiques et la décontamination de sols pollués. Du temps gagné, en fait.

Deux différences visibles toutefois. A la demande de leurs propriétaires, les immeubles situés à l’angle des rues Albert-Rieter et de la Lécheretta, en remontant vers la gare actuelle, ont été intégrés au périmètre du PAD («Ilot Lécheretta»). Par ailleurs, l’interface des bus urbains Mobul a été ramenée sur le chemin des Crêts, alors qu’elle était prévue sur la future place de la gare. Celle-ci sera donc piétonne.

Pour le reste, les données de base demeurent. Notamment l’origine de tout ce remembrement urbain: la nécessité de remettre en ligne droite la gare de Bulle, actuellement en courbe, afin de la rendre conforme à la Loi fédérale sur l’égalité pour les handicapés (LHand).

Friche bienvenue
«L’avantage de Bulle, apprécie le syndic Jacques Morand, c’est de disposer d’une immense friche industrielle.» Située entre les voies et le chemin des Crêts, elle accueillera les nouveaux quais, déplacés de 300 mètres vers l’ouest pour être rectilignes, ainsi que les gares routière et ferroviaire.
Logements, bureaux, équipements publics et bureaux s’y ajouteront.

De l’autre côté des rails, l’ancienne remise de la voie étroite, protégée, sera rénovée et convertie en un lieu public à préciser. Une fois le nouveau centre d’entretien des TPF de Givisiez réalisé – en 2019 – les ateliers et garages voisins céderont progressivement la pla-ce à des logements, voire à une école et un EMS.

Même si aucune option n’a encore été prise concernant ces deux équipements, la porte reste ouverte: «Bulle s’est engagée à réaliser une étude de faisabilité», précise l’architecte de ville Eric Pichonnaz. Derrière la gare actuelle, le secteur de la Colline du Moulin sera aussi équipé d’immeubles d’habitation sur l’actuelle gare routière, laquelle sera démolie.

Point de projets architecturaux pour l’heure: les mises à l’enquête suivront au fur et à mesure des réalisations. Car le PAD se contente de fixer les volumétries, les fronts d’implantation maximale, les surfaces et les affectations. Il ne faut donc pas voir dans les îlots dessinés des blocs d’une seule pièce.

Parkings tous souterrains
La question du stationnement trouve une solution discrète: la zone sera certes truffée de parkings – sept au total – mais ils seront tous souterrains. Ceux accessibles au public se concentreront au nord des voies, accessibles par la seule route de la Pâla afin de délester le centre-ville.

Pas moins de 1420 places seront créées. Mais en déduisant les 320 supprimées en surface, le solde de nouvelles cases se montera à 1100 (900 pour les habitants et les employés, 200 pour le public y compris le P+R). «Personnellement, j’en aurais souhaité plus», commente Jacques Morand.

Directeur des TPF, Vincent Ducrot relève que les 420 pla-ces publiques prévues bénéficieront d’une bonne mixité d’usage entre les pendulaires en semaine et les clients des commerces et des établissements publics le reste du temps: «Ce sera une vraie force pour le centre-ville.»

A l’horizon 2030, le quartier générera 4300 mouvements par jour (1850 aujourd’hui), essentiellement sur la route de la Pâla. Selon Eric Pichonnaz, le réseau est suffisamment dimensionné. Et Vision 2030, l’étude de trafic en cours sur l’axe Pâla – Château-d’En-Bas, tient compte du projet.

Préavis tous positifs
A noter que les services de l’Etat ont déjà été consultés: tous ont donné un préavis positif. «Nous avons travaillé main dans la main», relève Eric Menoud, chef de projet chez TPF Immo. Ce projet ne dérogera quasiment pas au Plan d’aménagement local (PAL). «En tout cas rien qui puisse le mettre en péril», rassure Vincent Ducrot. Demain sera d’ailleurs aussi mise à l’enquête une modification du PAL afin de faire passer le secteur gare en zone centre à usage mixte.

La suite? L’entrée en force du PAD est prévue en juin 2017, après règlement des inévitables oppositions. Le Plan d’équipement de détail (les infrastructures souterraines) et la conclusion d’une convention avec les propriétaires seront menés en parallèle. En septembre 2017 débutera la construction des installations ferroviaires (voies et quais), mises en service en septembre 2019. Suivront les gares routière et ferroviaire dont l’ouverture est prévue fin 2022.

Séance d’information le 16 juin, à 19 h 30, à l’Hôtel de Ville.

 

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Pas le droit à l’erreur

Les chiffres donnent le tournis: 700 logements, 2500 habitants et emplois, 1400 places de stationnement, dix ans de travaux pour 600 à 650 millions d’investissements potentiels, dont 50 millions pour les infrastructures ferroviaires.

Est-ce le moment d’investir de telles sommes alors que le marché immobilier se détend et que la demande faiblit? Patron des TPF, Vincent Ducrot n’est pas inquiet: «Tout au plus cela pourrait-il ralentir la capacité d’absorption de Bulle, donc la vitesse de réalisation des immeubles.» On construira donc au rythme des besoins, en priorité dans le secteur du chemin des Crêts et de l’îlot Lécheretta. Surtout, les TPF, qui n’ont pas acheté à grands frais ces terrains, mais en ont reçu de la ville une grande partie lors de la construction du Bulle-Romont, au XIXe siècle, n’ont pas à les rentabiliser tout de suite.

L’autre défi à relever sera bien sûr celui de la qualité urbanistique de l’ensemble. Devenus très chatouilleux sur le sujet, les Bullois auront des exigences élevées. Les autorités le savent: elles n’auront pas droit à l’erreur.

Plus devant le fait accompli
A ce propos, Patrice Morand, conseiller communal responsable de l’aménagement, révèle que la commune ne sera plus mise devant le fait accompli lors des mises à l’enquête: «Le Conseil communal a exigé de connaître en amont la volumétrie des bâtiments projetés.» Cela se fera par le biais d’une enquête préalable. Quant aux TPF, ils prévoient des concours d’architecture et garderont ainsi un droit de regard certain.

Cela dit, il s’agira aussi de laisser une certaine marge de manœuvre sur un site appelé à se développer sur quinze à vingt ans. Mais le PAD pose d’entrée de jeu un cadre strict, avec un concept paysager précis, des voies de mobilité douce, et une circulation en surface essentiellement piétonne. «C’est dans l’intérêt des TPF de réaliser un quartier en cohérence avec la ville», rassure Vincent Ducrot.

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