Le monde du travail devra s’adapter aux jeunes

| jeu, 09. juin. 2016

En 2025, 75% des travailleurs seront issus de la génération Y. A l’occasion d’une conférence, la Fribourgeoise Nathalie Bourquenoud a dévoilé quelques pistes pour collaborer efficacement avec les personnes nées entre 1980 et 2000. Des êtres qui ne fonctionnent pas comme leurs prédécesseurs.

PAR VALENTIN CASTELLA

Le philosophe grec Socrate avait écrit: «Notre jeunesse est mal élevée. Elle se moque de l’autorité et n’a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d’aujourd’hui ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans une pièce. Ils sont tout simplement mauvais. Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge.»
De tout temps, les nouvelles générations ont agacé, désespéré et inspiré aux anciens les plus vives inquiétudes quant à la survie du monde.
Cette constatation se vérifie encore aujourd’hui avec l’éclosion professionnelle de la génération Y. Soit, selon la définition officielle, les personnes nées entre 1980 et le début des années 2000. C’est le sujet qu’a développé Nathalie Bourquenoud. Elle a répondu à l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie de Fribourg, qui organise cette semaine la troisième édition de la Friweek. Directrice du secteur human development et membre du comité directeur de la Mobilière, la Fribourgeoise est venue donner quelques pistes aux entreprises pour collaborer de manière efficace avec ces personnes, figures de proue de la révolution numérique.

Comment définir la génération Y?
Elle a grandi avec la numérisation et le tout connecté. En deux clics, ses membres ont le savoir à leurs pieds. Ces derniers possèdent également quelques particularités. Ils sont zappeurs, spontanés et ils privilégient la flexibilité avant le confort. L’important est l’accomplissement au travail et plus le statut. De plus, ils ne reconnaissent pas la hiérarchie, mais l’exemplarité et l’expertise. Il ne faut également pas oublier leur côté entrepreneur. Etre son propre patron, ou ressentir ce sentiment, est très important.

A quoi peuvent s’attendre les personnes de cette tranche d’âge au niveau professionnel?
Elles vont connaître de nombreux changements au niveau professionnel, en exerçant des métiers qui n’existent pas encore aujourd’hui. Alors que certaines professions vont être numérisées ou disparaître. Je pense aussi que leur futur est plus incertain. Les plus anciens ont eu la chance de connaître la croissance. Les plus jeunes recherchent donc le confort et plus forcément la richesse, car ils ont vu leurs parents perdre leur travail après vingt ans de bons et loyaux services. Et ils ne souhaitent pas reproduire le même schéma.

Cette génération est-elle difficile à comprendre dans le monde du travail?
Premièrement, il est compliqué d’être à la pointe de tout ce qui se crée, car la numérisation se développe extrêmement vite. Pour les plus anciens, s’adapter n’est pas évident. Ce qui pose parfois des problèmes au sein d’une même équipe, car le responsable doit gérer plusieurs générations aux besoins différents. Et puis, comme les plus jeunes ne reconnaissent pas forcément le statut, il est clair que les valeurs sont différentes. Et cela entraîne des incompréhensions.

Quel est le bon mélange?
Cela dépend du manager, qui doit être capable d’écouter les besoins de chacun. Ce qui est complexe, car il n’existe pas une seule réponse, étant donné que chacun a ses propres envies.

Quelle est la culture d’entreprise adéquate pour collaborer efficacement avec la génération Y?
Il faut lui offrir de la flexibilité. Que ses représentants puissent développer leur côté entrepreneurial et s’organiser comme ils le souhaitent. Tout en conservant un certain cadre, bien entendu. Ces gens-là ne veulent plus s’asseoir au bureau de 8 h à 17 h, mais privilégier la performance au temps passé devant l’ordinateur. Sans oublier le travail à la maison. Ils travaillent tout autant que les plus anciens, mais pas forcément dans le même timing.

Toutes les entreprises seront-elles contraintes d’opérer des changements pour faciliter l’intégration de cette génération?
D’ici à 2025, 75% des travailleurs proviendront de la génération Y. Si les sociétés souhaitent attirer les meilleurs talents et rester attractives, elles seront contraintes de s’adapter. Je pense notamment au système organisationnel, au modèle d’affaires et au leadership. L’organisation ne sera plus autant hiérarchique. L’exécutant va se retrouver au sein d’une équipe qui s’organise elle-même.

L’hyperconnexion est-elle positive ou négative dans le monde du travail?
D’une manière générale, les gens ont peur que la numérisation prenne le pas sur la communication entre personnes physiques. Alors que ce n’est pas le cas. Les gens souhaitent le contact en plus de la facilité du numérique. Si je prends l’exemple des assurances, on remarque que les clients touchés par des sinistres veulent la présence d’une personne et non l’utilisation d’une application. Par contre, ils n’ont pas besoin d’un conseiller, mais de deux clics pour assurer leurs skis pour une journée.

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