Balade musicale à la mode XVIIe pour fêter leur diplôme

| sam, 09. jui. 2016

Du 9 au 24 juillet, cinq passionnés de musique ancienne voyageront au même rythme que les musiciens d’autrefois. Aidés par deux porteurs, ils relieront Bâle à Lausanne à pied. Leur objectif étant de cheminer vers une pratique historique. Durant leur périple, ils joueront de la musique de rue et donneront trois concerts, dont un à Bulle.

PAR AUREL DEWARRAT

C’est le grand jour. Leur master en poche, cinq musiciens s’élancent aujour­d’hui dans un voyage qui les mènera de Bâle à Lausanne à la seule force de leurs jambes et aidés par deux porteurs. Nuits à la belle étoile et musique de rue, ils souhaitent ainsi renouer avec une époque où les musiciens ne disposaient pas de transports à grande vitesse. Leur périple va durer quinze jours, durant lesquels trois concerts sont également prévus dans trois villes qui ont chacune une signification particulière pour Marc Pauchard et Josquin Piguet, les deux initiateurs du projet.
Le premier concert à Bâle, ce soir, marque la fin de leurs études à la Schola Cantorum Basiliensis, la plus vieille école entièrement dédiée à la musique ancienne du monde. Le deuxième concert, le 20 juillet en l’église Saint-Pierre-aux-Liens de Bulle, est «une façon symbolique de rentrer à la maison après cette période d’études», déclare le Bullois Marc Pauchard. Enfin, le concert à Lausanne, le dernier jour, signera la fin de leur épopée, ainsi que le retour de Josquin Piguet dans sa ville natale.


Allier deux passions
Mais, à ce stade, c’est encore de la musique d’avenir. A deux jours du départ, Marc Pauchard admettait, en effet, avoir encore «mille trucs à faire». Il faut dire qu’entre les derniers achats, les répétitions musicales et la répartition du matériel, le jeune Bullois doit aussi faire face à des problèmes de dernière minute. «On a eu des sueurs froides quand un de nos porteurs s’est désisté avant-hier. Heureusement, on a trouvé in extremis quelqu’un pour le remplacer.»
Leur projet a pris forme une année plus tôt. Lors d’une discussion, les deux amis, qui se sont rencontrés au début de leurs études à Bâle, esquissent l’idée d’allier leurs deux passions, la randonnée et la musique. Très vite, le projet fait son chemin. Ils réussissent finalement à convaincre trois autres musiciens de participer à leur aventure.


Une pratique historique
Pour ces férus de musique ancienne, l’objectif du voyage est aussi de cheminer vers une pratique historique, dans la manière de concevoir la musique d’ensemble. «On joue tout le temps des pièces des XVIIe et XVIIIe siècles et c’est pour nous un moyen de se rap­procher de ces artistes de l’époque», explique Marc Pauchard.
A cette époque, les musiciens parcouraient des distances énormes à pied pour aller se former chez des grands maîtres. C’est le cas, par exemple, du compositeur allemand Heinrich Schütz – dont une pièce est prévue dans le programme des concerts – qui partit se perfectionner chez le maître Giovanni Gabrieli, en Italie.


Jusqu’au bout de la nuit
Toutefois, les cinq amis ne poussent pas pour autant la reconstitution historique jus­qu’au bout. «Pour limiter le poids des sacs, pas de costumes d’époque, mais des chemises et des souliers de randonnée, même pour les concerts», sourit le jeune musicien bullois.
Avec des étapes d’une vingtaine de kilomètres par jour, marcher léger est de mise. Outre le matériel standard du voyageur, chaque artiste doit porter son instrument. Pour Marc Pauchard, qui joue de la flûte à bec et du cornet à bouquin, la tâche est plutôt aisée. Mais pour Leonardo Takiy, le luthiste, c’est plus compliqué. Deux porteurs marcheront ainsi en permanence avec l’ensemble pour les aider à transporter les trois tentes, les instruments et les lutrins.
Les sept premiers jours, ils traverseront la Via Jura, un tronçon chargé d’histoire, qui les mènera de Bâle à Bienne par des sentiers pédestres. A Bienne, la troupe espère pouvoir traverser le lac en bateau solaire. «On voulait d’abord le faire à la voile mais il n’y avait pas de voiliers assez grands sur le lac. On a donc prévu de faire la traversée en bateau solaire, mais on est tributaires du soleil.»
La dimension écologique est également importante pour Marc Pauchard et son équipe: «On veut voyager sans émissions de carbone et en prenant le temps de le faire.» La suite du trajet les portera jusqu’en Gruyère, puis, pour atteindre Lausanne, ils emprunteront la vallée du Flon.
Quand ils ne dormiront pas chez des connaissances ou dans de la famille, le groupe prévoit de bivouaquer. En cas de mauvais temps, «on espère qu’il y a encore des paysans sympas qui nous acceptent pour une nuit sur un tas de foin», plaisante-t-il.


Revisitant un répertoire
de la Renaissance et de la période baroque, Marc Pauchard espère ainsi transmettre sa passion à travers les concerts prévus, mais aussi dans la rue, aux passants qui voudront bien les écouter. «Cette musique fait partie de notre culture. De plus, elle permet de mieux comprendre la musique d’aujourd’hui», conclut-il.

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