D’un cœur vaillant, le Sori a été reconstruit à l’identique

| mar, 09. aoû. 2016

En septembre dernier, le chalet du Sori, au Gros-Mont, était détruit lors d’un incendie accidentel. Aujourd’hui, la charpente du nouveau chalet d’alpage est terminée et des pa­­nneaux solaires vont être installés. Les teneurs de l’alpage sont revenus cette année, pour y vivre une saison particulière, entre travaux et logement provisoire.

PAR CLAIRE PASQUIER

Le calvaire prend gentiment fin sur l’alpage du Sori, au Gros-Mont. En effet, la canicule de 2015 avait contraint les teneurs d’alpage à faire amener de l’eau par hélicoptère, et plus tard dans la saison, trois génisses avaient été foudroyées. Pour conclure cette série noire, le chalet-buvette de l’alpage brûlait le 27 septembre. Les débris débarrassés une semaine après, seuls quelques pans de mur subsistaient. Presque un an plus tard, un chalet flambant neuf s’apprête à remplacer l’ancienne bâtisse datant de 1918.
Ismaël Savoy, garde-génisses depuis huit ans au Sori s’apaise peu à peu. Après une fin de saison 2015 traumatisante, il se réjouit de voir l’avancée des travaux: «La construction a commencé début juin. Cela devait se faire au mois de mai, mais le printemps pluvieux ne l’a pas permis.» A côté de l’étable, sauvée des flammes par les pompiers, se dresse le futur chalet dont la charpente a été posée à la fin du mois de juillet. «L’assurance incendie désirait conserver les murs, mais on a vite vu que ce n’était pas possible: on les faisait tomber à la main», se souvient Ismaël Savoy.


Une chambre de plus
La surface au sol étant la même qu’avant et l’aspect extérieur restant inchangé, les permis de construire ont été délivrés rapidement: «La commune de Rougemont, sur laquelle nous nous trouvons, et les autorités concernées ont bien joué le jeu et tout a été approuvé rapidement», rapporte Ismaël Savoy.
Si le chalet est reconstruit à l’identique, explique Claude Pasche, président du Syndicat d’alpage de Chesalles-sur-Oron, propriétaire du terrain, il sera toutefois modernisé. A commencer par les toilettes qui seront désormais à l’intérieur du bâtiment. Autre nouveauté: «Des panneaux solaires seront installés sur le côté du toit le plus exposé. Cela approvisionnera la maison en énergie.» Enfin, une chambre supplémentaire a été créée. «Les conditions de vie du berger s’en trouveront grandement améliorées.»


Une saison de transition
Pour l’heure, la vie sur l’alpage est quelque peu chamboulée. Ismaël Savoy et son amie, Pauline Girard, logent dans un cabanon. «Le syndicat nous a prévenus de la situation provisoire dans le courant de l’hiver. Avant ça, on avait envisagé de dormir dans une caravane ou même sous tente.» S’il comprend une cuisine à gaz et une douche qui fonctionnent avec un générateur, les toilettes, elles, se trouvent en face du cabanon, près de l’étable.
«On a perdu un peu nos repères. Par exemple, cette année il n’y a pas de buvette. En l’absence de cette activité, nous profitons de faire des petits travaux que nous ne pouvons pas entreprendre habituellement sur les différents alpages.» Pourtant, le teneur d’alpage et sa compagne ont tenu à offrir aux marcheurs, nombreux pendant l’été, la possibilité d’acheter de quoi se désaltérer. «Des boissons fraîches sont à disposition dans la fontaine et on marche à la confiance; les gens laissent l’argent dans une petite tirelire.»
Ismaël Savoy propose aussi la vente de tommes même si les revenus sont anecdotiques. «C’est plutôt dans un état d’esprit de service et pour que l’on ne nous oublie pas.»


Retour à la normale
Au niveau émotionnel, la pilule reste difficile à avaler. «On était préparés à ce que cette année soit particulière, mais ce qui reste douloureux c’est de raconter encore et encore ce qu’il s’est passé aux gens de passage qui n’ont pas eu vent de l’incendie.»
Ismaël Savoy et Pauline Girard ont cependant été très touchés par les différents dons pécuniaires et de matériel: «C’est incroyable l’élan de solidarité qu’il y a eu après l’accident.» S’il se réjouit de retrouver ses habitudes l’an prochain, Ismaël Savoy conclut sur une pointe de nostalgie: «Contrairement à la chanson de l’abbé Bovet, le chalet ne sera pas “plus beau qu’avant” pour moi; j’aime particulièrement les vieilles pierres. On s’y habituera, mais ce sera différent.»

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