En Glâne, une moisson au faible rendement

| sam, 06. aoû. 2016

Depuis plus d’une semaine, les céréaliers glânois battent leurs champs de blé. Comme ils s’y attendaient, la récolte, plombée par les intempéries de ce printemps, est plus faible que l’année dernière. La baisse de volume atteint 20%. En revanche, les critères de qualité boulangère devraient être bons.

PAR FRANCOIS PHARISA

Sur son exploitation, à Châtonnaye, Fritz Glauser s’affaire à la récolte du blé. Le téléphone toujours à portée de main, mandat de président de la Fédération suisse des producteurs de céréales oblige. Un peu partout dans le pays, la moisson bat son plein. Et «le directeur de la Fédération est en vacances», rigole le Thurgovien d’origine de 55 ans. Alors il multiplie les entretiens téléphoniques, avec les collègues, avec les professionnels de la filière, avec les journalistes, tous le questionnant sur l’état de la récolte. Réponse de l’intéressé: «Les prévisions se confirment. La moisson sera plus mauvaise que la normale.»
Le rendement et le poids à l’hectolitre (masse en kilos d’un hectolitre de blé) sont à la baisse par rapport à l’an dernier. Dans la région de la Côte ou dans la Broye, la diminution de rendement atteint jusqu’à 30% par endroits. «Mais en Glâne, où les cultures sont à plus haute altitude, la baisse est de l’ordre de 15% à 20%», tempère le cultivateur.
Sur son domaine, Fritz Glauser possède quatre hectares de blé panifiable. Après en avoir battu le quart, il prévoit une récolte de 4 à 4,5 tonnes, au lieu des 5 tonnes amassées l’été passé.
En cause, les conditions météorologiques de ce printemps. Les pluies abondantes de mai et de juin ont affecté les cultures. «La floraison n’a pas toujours pu se faire correctement et, sur certaines parcelles, l’eau a stagné, impactant la qualité des grains.» Sur la même période, le soleil s’étant à peine montré, les champs ont manqué de lumière. «Ces conditions humides ont aussi pu favoriser des maladies comme la rouille jaune, préjudiciable au rendement.»  


«Roue de secours» prévue
Au Moulin de Romont, Martin Stern, directeur, juge la situation «préoccupante, mais pas dramatique». Il explique: «Nous garantissons à nos clients boulangers une farine de qualité, exclusivement produite à partir d’approvisionnements locaux. Par conséquent, si les volumes reçus sont insuffisants, il faudra pallier le manque en se fournissant auprès d’autres centres collecteurs régionaux.» Le meunier souligne qu’aucune démarche n’a encore été entamée dans ce sens. «C’est une roue de secours.»
Les 85 fournisseurs du Moulin de Romont sont tous situés dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres. Les premiers lots de blé ont été apportés le 26 juillet. Et la moisson devrait toucher à son terme d’ici au week-end prochain, si la météo le permet.
Certains lots ont dû être déclassés en blé fourrager. Non pas en raison d’une germination importante, comme il y a deux ans quand 10% du volume total avait subi un tel sort, mais à cause d’un trop faible poids à l’hectolitre. «Des lots présentaient une densité inférieure à 73 kilos à l’hectolitre, trop légers pour servir à la fabrication de farine.»
Fritz Glauser remarque aussi une densité peu élevée dans sa production. «Elle varie de 75 à 77 kilos. Un poids acceptable, mais qui reste néanmoins en dessous de la moyenne, qui se situe autour de 80 kilos.»


Bonne qualité boulangère
Tous les voyants ne sont pas pour autant au rouge. Critère essentiel pour un pain de qualité, l’indice de chute des lots, dont le test permet de détecter une activité enzymatique excessive, synonyme de germination, ne pose pas problème. La teneur en protéines, autre aspect clé, paraît elle aussi bonne. «Les taux dépassent la zone neutre (12,5% à 14%) et atteignent même parfois 17%», note Fritz Glauser.
Si, dans ce cas, quantité rime souvent avec qualité, Martin Stern reste prudent: «La moisson terminée, je ferai analyser mes cellules de blé en laboratoire. Des résultats précis me permettront ensuite de réaliser les mélanges de blé nécessaires pour les divers types de farines demandés par les boulangers.»

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