Paddle, pêcheurs, voiliers, le lac se partage pacifiquement

| mar, 16. aoû. 2016

Les loisirs nautiques doux prennent de l’ampleur sur le lac de la Gruyère. La cohabitation, sur ce plan d’eau étroit, ne cause en général pas de problème. Un SlowUp, sur l’eau cette fois-ci, et une première course de paddle sur le lac se tiendront les 27 et 28 août.

 

Par Sophie Murith

De pourvoyeur d’électricité, d’hébergeur de poissons, d’élément de paysage pour ravir les marcheurs, le lac de la Gruyère assoit désormais son statut de générateur de loisirs. «Depuis trois ans, nous remarquons un engouement plus marqué pour les loisirs nautiques doux», relève Daniel Chardonnens, observateur avi-sé depuis qu’il a ouvert son magasin Kayak aventure avec Roland Jullierat, il y a neuf ans à La Roche. Un engouement qui l’a d’ailleurs motivé à organiser une course sur le lac le 27 août (lire ci-dessous).

Daniel Chardonnens analyse le succès croissant du kayak, du canoë et du paddle auprès du grand public en Gruyère: «Leur utilisation est facile, tout comme l’accès à l’eau. Même après une journée de travail, il est possible de rapidement se retrouver dans la nature. Cette communion est de plus en plus recherchée, de même que les sensations de glisse.»

Paddles, canoës et kayaks en viennent donc à partager une pièce d’eau avec les véliplanchistes, le club de voile ou les pêcheurs. Et la cohabitation, dans l’ensemble, se passe plu-tôt bien. «Il faut dire que, à part quelques week-ends de beau temps en début de saison, quand tout le monde a envie de profiter du lac, les différen-tes activités se répartissent bien», constate Patrick Perrottet, président de la Société de développement du lac de la Gruyère. «Les pêcheurs sont là tôt le matin et plus tard le soir, les kitesurfeurs et les voiliers les jours de vent.»

La police du lac estime de son côté que l’arrivée des nouvelles catégories d’embarcations sur le lac de la Gruyère n’explique pas la légère, mais régulière, augmentation de ses interventions. «Elle est certainement due à l’augmentation de la fréquentation générale du plan d’eau, explique Pierre-André Waeber, porte-parole de la police cantonale. Ces engins ne sont d’ailleurs pas la cause de la majorité de nos interventions.»

En 2010, les patrouilles sont intervenues onze fois, à six reprises en 2011, neuf fois en 2012, dix fois en 2013 et douze en 2014. L’année 2015, avec seize interventions, a été particulière. La police du lac ayant été sollicitée à quatre reprises pour sécuriser, à Morlon, un secteur pour la prise d’eau par hélicoptère pour approvisionner les alpages fribourgeois.

L’augmentation du nombre de frêles esquifs occupe en revanche sérieusement la police au niveau de la prévention. «Nous conseillons de porter une aide à la flottaison, un gilet. Il est obligatoire à plus de 300 mètres des rives, rappelle Pierre-André Waeber. Lors de nos patrouilles, nous rendons attentives les personnes à la déshydratation, au risque d’hydrocution et d’épuisement du corps.»

Pierre-André Bapst, président de la Société de pêche Basse-Gruyère, ajoute une consigne de sécurité. «Il faut absolument s’écarter lorsqu’on aperçoit un bateau avec une boule blanche de 30 cm sur le toit et des luges sur les côtés. Il s’agit d’un pêcheur à la traîne.» S’il avance à petite vitesse, environ 2 km/h, il ne peut pas manœuvrer facilement pour évi-ter les autres utilisateurs. D’ailleurs, ces embarcations sont prioritaires sur le lac, même sur les voiliers.

La faune piscicole ne semble pas souffrir de l’engouement pour le lac. «Les poissons s’adaptent, tout au plus ils nagent plus profondément», déclare Pierre-André Bapst, qui estime que les pêcheurs, aussi, dans la grande majorité se sont adaptés à la fréquentation accrue d’un lac dont ils ont longtemps été seuls à profiter.

Inexpérience dangereuse
Président du Club de voile de la Gruyère, Philippe Caverzasio constate également une évolution. «Depuis trois ans, nous avons même une petite liste d’attente.» Il s’inquiète en revanche du manque de connaissance des nouveaux utilisateurs, notamment en matière de priorité de navigation.
«Pour l’instant, nous n’avons dû sauver personne, mais à proximité de l’île d’Ogoz, l’affluence est telle qu’il pourrait bien se produire un accident grave. Les gens ne perçoivent pas le danger.» Il conseille ainsi aux nageurs de se méfier des fils des ailes des kitesurfs et aux paddlers de ne pas pagayer le vent dans le dos à l’aller, au risque de n’avoir plus de force pour retourner à bon port. Le lac à présent colonisé, ne reste plus désormais qu’à en assimiler les règles et la culture.

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Slow up et course sur l’eau
Une compétition de niveau national, la Gruyère Paddle Race, et une journée de détente sur l’eau, le Slow-Surf. Le week-end des 27 et 28 août consacrera le loisir nautique doux sur le lac de la Gruyère. L’occasion également de l’animer et de le faire découvrir hors des frontières du district.
Le samedi, dès 14 h, le départ sera donné depuis le Paddle Outdoor Center, à La Roche. Deux boucles sont à disposition pour tous ceux qui souhaitent se frotter aux meilleurs en kayak, surfski, pirogue ou paddle. Le plus long parcours, une boucle de 18 km reliant le barrage
au pont de Corbières, compte comme manche pour la Swiss Marathon Paddel Cup 2016.

La petite boucle s’étirera sur 7 km, autour notamment de l’île d’Ogoz. «C’est un challenge que tout le monde peut relever», assure Daniel Chardonnens, son initiateur. Les inscriptions sont attendues jusqu’au 25 août, mais peuvent aussi se faire sur place, moyennent un surcoût. Le champion du monde de surfski (kayak de compétition) 2013, le Sud-Africain Sean Rice, prendra le départ de la course. «Cela permettra de fixer immédiatement un record du parcours», se réjouit Daniel Chardonnens.

Dès 18 h, une soirée festive est prévue dans la zone de départ avec, entre autres, un concert. Il s’agira pourtant d’être en forme, car le lendemain, dès 9 h, aura lieu le premier Slow-Surf du lac de la Gruyère. La participation est libre et gratuite, sur le même mode que le SlowUp. La découverte des rives sauvages du lac sera donc au programme. «Depuis le lac, il y a des coups d’œil que l’on a de nulle part ailleurs», relève Daniel Chardonnens.

Les balades pourront se faire au départ de Gumefens, de La Roche, de Le Bry et de Corbières. Pour le ravitaillement, de petites guinguettes animées sont prévues à Gumefens, à La Roche et sur l’île d’Ogoz. Sean Rice organisera ce jour-là un workshop. L’inscription sur son site est obligatoire. Pour tous ceux qui ne possèdent pas leur propre embarcation, la location est possible sur les sites. La réservation est fortement recommandée. Patrick Perrottet, président de la Société de développement du lac de la Gruyère et orga-nisateur, appelle à la discipline des vi-
siteurs concernant le parking. Des zones de stationnement sont prévues à La Roche et Gumefens. «Une fois sur le lac, à chacun de respecter les autres randonneurs.»

La Roche, port, samedi 27 août, dès 14 h.
La Roche, Gumefens, Le Bry, Corbières, port, dimanche 28 août, de 9 h à 17 h. Renseignements et informations: race@slow-surf.ch
ou gruyere@slow-surf.ch. Inscriptions au workshop sur http://www.yourpaddlelife.com/

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