Sortir le grand Sion: le défi de Florian Perler, quatre ans après

| sam, 13. aoû. 2016

Titulaire dans la cage du CS Romontois ce soir (17 h 45) face au FC Sion, Florian Perler tient entre ses gants une partie de l’impossible exploit. Ce premier tour de la Coupe de Suisse rappelle des souvenirs au Sarinois de 22 ans: en 2012, son équipe de Richemond avait été éliminée (0-1) par les Sédunois d’un certain... Gennaro Gattuso.

Par Quentin Dousse

Lui, c’est un produit de la génération 1993. Celle des Paul Pogba, des gardiens Alphonse Aréola (Paris-Saint-Germain) ou encore Thomas Castella (Lausanne-Sport). Mais Florian Perler ne voltige pas tout à fait à pareille altitude. Le gardien du CS Romontois aurait bien voulu, pourtant, voir là-haut comment ça se passe, dans le monde des pros.

Le Sarinois de 22 ans ne s’en formalise pas. Malgré tous les plongeons qu’il a pu effectuer, on le lui a toujours reproché: «trop gentil et pas assez agressif». Trop petit aussi, celui qui dut attendre les juniors C pour effleurer sa barre transversale? «La taille peut être un critère lorsque l’on monte d’une ligue, admet le portier, 178 centimètres sans ses crampons. Mais je ne l’ai jamais ressenti comme une faiblesse. Au contraire, cela me permet d’être plus vif.»

Qu’importe, Florian Perler a bien fini par se mesurer au monde professionnel, grâce à la Coupe de Suisse. Et plutôt deux fois qu’une, la première expérience avec Richemond en 2012 (lire ci-dessous) en appelant une deuxième, ce soir avec le maillot du CS Romontois
(17 h 45). Ironie du tirage au sort, cet étudiant et géomaticien de formation croisera à nouveau la route du grand FC Sion. «Il faut d’abord penser à défendre de manière compacte, les laisser tourner autour de notre bloc mais pas à travers. Ensuite, nous aurons peut-être une occasion devant le but, et il faudra la transformer», présume le dernier rempart du CSR.

Du boulot plein les gants
Florian Perler le sait mieux que personne: il aura du boulot plein les gants et tiendra un rôle central ce soir dans la quête d’un ticket pour le deuxième tour. Quand lui est posée la question de cette fameuse pression, le jeune gardien la balaie d’une simple claquette. «Elle ne m’a jamais paralysé, répond-il. J’essaie de relativiser et de jouer à l’instinct, tout en profitant du moment.»

Pour la deuxième fois, le résident de Chénens se trouve donc «au bon endroit, au bon moment», à savoir dans la cage du vainqueur de la Coupe fribourgeoise (qualifié pour le tableau principal de la Coupe de Suisse). Ses premiers arrêts effectués au club de Sarine-Ouest, suivis d’un bail à Richemond (des juniors B à la 2e ligue), Florian Perler a ensuite fait le choix du CS Romontois l’été dernier. Un parcours honorable pour ce gardien qui n’est pas forcément habitué à défier la concurrence. A une ou l’autre exception près. «Lors des présélections pour entrer au Team AFF, j’avais été devancé par Thomas Castella (n.d.l.r.: l’actuel titulaire de Lausanne-Sport, en Super League) notamment. Sinon, on m’a rapidement fait confiance malgré mon âge. Et je pense honorer cette confiance, car je ne triche pas sur le terrain.» La concurrence, Florian Perler devra s’y faire cette saison avec l’arrivée de Samuel Pires Rosa (18 ans), de Thierrens.

Un vrai «gardien-libéro»
Que l’adversaire se nomme Sion ou Ursy, le portier du Glaney n’entend pas changer sa manière d’évoluer. «Avec mon gabarit, je ne peux pas rester sur ma ligne. Les entraîneurs demandent de plus en plus au gardien d’intervenir sur les longues balles et je pense appartenir à cette génération des gardiens-libéros.» Rapide à l’intervention, il est aussi doté de qualités dans le jeu aux pieds. «C’est venu assez naturellement. Il faut dire que j’ai forgé ma technique dans la cour d’école surtout», rigole le Sarinois. Florian Perler refuse toutefois de se reposer sur ses acquis. «Je dois encore progresser, au niveau de la détente, mais aussi des sorties aériennes.» Impérial dans les airs comme dans sa surface, il devra l’être ce soir face aux pros sédunois. Car les renards Gekas ou Konaté veilleront, à l’affût du moindre ballon relâché. Le gardien du «temple romontois» en est conscient: garder sa cage inviolée ce soir sera sa contribution à «l’impossible qualification».

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«Gattuso avait 14 poumons»
Sous les couleurs de Richemond, Florian Perler n’avait pas encore fêté ses 18 ans lorsqu’il affrontait pour la première fois le FC Sion, en Coupe de Suisse. C’était en septembre 2012, au stade Saint-Léonard à Fribourg. Défait sur la plus petite des marges (0-1, but de Serey Die à la 22e), les Fribourgeois s’étaient montrés vaillants défensivement, sans toutefois parvenir à créer de véritable danger devant le but sédunois. De cette partie, le jeune portier s’en souvient de chaque minute. «J’avais eu quatre ou cinq arrêts à faire, je m’attendais à avoir plus de travail. Ce qui m’avait le plus supris? La vitesse de leur bloc-équipe et la force des joueurs, également.» A cette époque, le FC Sion était emmené par le phénomène et champion du monde italien Gennaro Gattuso. «A l’entrée des joueurs, il avait secoué ses coéquipiers et les avait motivés en italien. A mi-terrain et dans les duels, ça déménageait. J’avais l’impression qu’il avait 14 poumons», se remémore Florian Perler.

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Ziegler: «Montrer une réaction»

Le FC Sion, c’est treize finales de Coupe de Suisse pour autant de trophées soulevés. Une histoire d’amour en somme, un mythe qu’on ne présente plus. Cette compétition a souvent permis aux Sédunois de retrouver le sourire perdu en championnat. Comme en juin dernier, quand Sion s’était adjugé sa 13e Coupe grâce à une leçon de bravoure donnée au FC Bâle, dans son antre de Saint-Jacques (0-3).
Restent que les lendemains sont difficiles à Tourbillon. Cette saison, après quatre rondes, les Valaisans sont lanternes rouges de Super League. Les lacunes (défensives notamment) ont coûté sa place à l’entraîneur Didier Tholot. C’est donc un FC Sion en quête de rachat et de confiance qui se déplace ce soir (17 h 45) au Glaney. Au lendemain de la défaite de son équipe 3-1 à Lugano, mais sans connaître encore la décision de son président, le défenseur et leader Reto Ziegler (30 ans) a accepté d’évoquer ce 32e de finale.

Dans le contexte difficile du championnat, ce match de Coupe tombe-t-il au meilleur des moments pour votre équipe?
Reto Ziegler: Je ne pense pas qu’il y a de bons ou de mauvais moments en Coupe de Suisse... (Il reprend) Mais, compte tenu de notre début de saison, on peut effectivement dire qu’il arrive à un moment positif. L’équipe en a marre de prendre des claques et elle se doit de montrer une réaction. Une victoire contre Romont nous redonnerait de l’énergie pour le championnat. Elle apporterait également de la confiance, à nos attaquants entre autres. Même si la compétition comme le niveau de l’adversaire ne seront pas comparables.

Que faudra-t-il rectifier pour retrouver le chemin de la victoire?
Dans le jeu? Honnêtement, tout est à améliorer. La mentalité des gens au sein du club doit également évoluer. La Coupe de Suisse est certes ancrée depuis des années en Valais, mais cela doit rejaillir sur le championnat. Ce serait aussi beau de jouer les premiers rôles en Super League.

Face à Romont, que peut réellement craindre le FC Sion?
Il n’y a aucune crainte à avoir, il faudra simplement être à la hauteur. Nous l’avons vu l’an dernier (n.d.l.r.: court succès 3-1 contre La Chaux-de-Fonds en 32es, après avoir été mené), les matches faciles et la logique n’existent pas en football. Ce sera forcément le match de l’année pour eux et donc une guerre sur le terrain. Si nous mettons de la vitesse dans le jeu et de l’engagement dans les duels, cela devrait passer sur la durée du match. La qualification dépend de nous uniquement, mais il faudra la mériter.

Si l’équipe a raté son début de saison, ce n’est pas votre cas avec déjà deux goals à votre actif...
Je suis évidemment satisfait de mon début de saison. Mais je trouverais davantage de plaisir à voir l’équipe performer et décrocher des résultats. Un comportement de leader? Je pense effectivement avoir un rôle important dans ce groupe, un rôle de leader sur et en dehors du terrain. Je suis le premier déçu de nos résultats et c’est justement dans ces moments difficiles que je me dois de montrer l’exemple.

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Il reste encore 700 billets à vendre
l’organisation. En dehors du rectangle vert, les dirigeants du CS Romontois n’ont pas ménagé leurs efforts pour ce qui doit être «une fête du football». Pour le président Jean-Yves Python, le premier match se joue sur l’aspect financier, avec un budget se situant entre 40000 et 45000 francs. «Nous avons eu des frais importants pour les infrastructures notamment. Avec la météo radieuse annoncée, nous parviendrons au minimum à l’équilibre.» La réussite financière passera notamment par un stade du Glaney comble (environ 2500 spectateurs). A ce titre, les 700 billets encore disponibles pourront être achetés directement aux caisses du stade, dès 16 h. «Je ne suis pas inquiet, le public répondra présent», assure le président romontois.
Du côté de la sécurité, la situation n’a pas évolué et le dispositif a été validé hier par les autorités. Une quinzaine de stadiers, autant d’agents de sécurité et la présence «discrète» de la police seront mis en place pour accueillir les quelque 300 supporters valaisans attendus. De leur côté, les joueurs sédunois et le staff – à l’heure de mettre sous presse, le successeur de Didier Tholot n’était pas encore connu – ont prévu de rejoindre le Glaney aux alentours de 16 h 15. Le coup d’envoi de la partie, lui, sera donné par Frédéric Chassot, l’ancien Sédunois aujourd’hui à la tête du FC Fribourg.
Tout semble donc prêt pour... un exploit romontois sur le terrain? «J’ai suffisamment d’expérience pour ne pas tomber dans le rêve. Reste que les Valaisans, même ténors de la Coupe, devront bel et bien jouer pour nous éliminer», promet Jean-Yves Python. Réponse sur le coup de 19 h 30.

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