Affichages sauvages, oui mais pas trop

| jeu, 29. sep. 2016

Le long des routes, cet automne, les affiches vont pousser plus vite que les champignons. Lors de chaque élection, les partis rivalisent d’enthousiasme pour attirer l’attention des électeurs. De bonne guerre, mais pas au détriment de la sécurité routière, rappellent les préfets.

PAR XAVIER SCHALLER

«Les dernières campagnes d’affichage ont mis en évidence un certain nombre de problèmes.» La Conférence des préfets promet plus de sévérité cet automne. Elle a présenté hier à la presse sa directive pour la pose d’affiches lors des campagnes électorales 2016. Les présidents des principaux partis ont, quant à eux, signé un accord au sujet de l’affichage «sauvage».
«Dans notre jargon, nous parlons d’affichage sauvage pour tout ce qui n’est pas placardé sur des emplacements loués», précise André Schoenenweid, président du PDC. Il faut le rappeler, la publicité électorale le long des routes est autorisée, dans et à l’extérieur des localités, à certaines conditions.
«Cette année, nous allons mettre un accent particulier sur la surveillance des ronds-points et des carrefours, explique Carl-Alex Ridoré, préfet de la Sarine. Comme les automobilistes ralentissent normalement à ces endroits, ils sont particulièrement prisés.»
Affiches et panneaux ne sont donc pas autorisés à moins de 50 mètres des intersections. «Dans la précédente directive, c’était 25 mètres», s’étonne André Schoenenweid, dont les bénévoles se mettent à l’œuvre dès aujourd’hui. «Il y a une marge d’interprétation, note Carl-Alex Ridoré. Avant, nous calculions depuis le bord de la route. Maintenant, c’est depuis le centre du giratoire.» Virage ou dos d’âne ne doivent pas non plus être garnis de pubs, de même que les bordures d’autoroutes et de semi-autoroutes.


A 1,65 m du bord
D’autre part, les affichages doivent se situer au minimum à 1,65 m de la chaussée. «Il n’est pas acceptable d’obliger des cyclistes ou des piétons à contourner des pubs pour passer», explique l’ingénieur cantonal André Magnin. «Il va sans dire que le matériel de campagne dangereux, comme celui utilisant des fers à béton comme supports, sera systématiquement retiré.»
La police, les employés communaux ou ceux des Ponts et chaussées s’en chargeront. La directive prévoit que leur travail peut être refacturé aux partis concernés. «En cas d’infractions crasses ou massives, des amendes sont possibles, précise le préfet de la Sarine. Mais dans ce domaine, l’autorégulation est quand même ce qu’il y a de plus efficace.»


Gentleman’s agreement
Pour le contrôle, on peut compter sur les autres formations. «Quand un affichage contrevient aux règles, les autres partis réagissent à la vitesse de l’éclair, témoigne Nicolas Bürgisser, préfet de la Singine. Communes et particuliers se plaignent aussi régulièrement des excès auprès des autorités.
«Ce n’est pas bon pour l’image des partis politiques, explique Benoît Piller, président du PS. A l’initiative de son collègue PLR Didier Castella, un groupe de réflexion interpartis a été instauré en juillet. «Un gentleman’s agreement a été signé depuis, concernant les bonnes pratiques en matière d’affichage.»
«Nous allons aussi insister auprès de nos sympathisants sur la nécessité de récupérer le matériel après la campagne, explique Philippe Clément, au nom du PLR. Une campagne électorale ne doit pas se transformer en littering.»
Carl-Alex Ridoré rappelle que l’application des règles en vigueur est aussi une question d’équité: «Les autres milieux – sportifs, culturels ou économiques – ne comprendraient pas que les autorités puissent créer un régime de faveur pour les partis politiques.»

 

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