Un nouveau réseau de «first responders»

| sam, 15. oct. 2016

Dès le 1er janvier 2017, des bénévoles prêts à intervenir en cas d’incident cardiaque avant que l’ambulance n’arrive formeront un réseau sur l’ensemble du territoire cantonal.

PAR YANN GUERCHANIK

On les appelle les first responders. Ce sont des bénévoles capables de prodiguer des gestes de réanimation en cas d’arrêt cardiaque. Des personnes de proximité qui peuvent vous sauver la vie avant l’arrivée des secours professionnels. Ces «premiers répondants» existent déjà dans certaines régions peu rapidement accessibles, à Bellegarde par exemple. Dès le 1er janvier 2017, ils seront présents sur l’ensemble du territoire cantonal.
Actuellement, ce sont surtout les policiers qui interviennent comme first responders. «L’objectif est de disposer d’un réseau dense de personnes pour compléter le dispositif d’urgence», relevait la conseillère d’Etat Anne-Claude Demierre devant la presse vendredi. Car un arrêt cardiaque, c’est une course contre la montre. Une prise en charge immédiate par des gens formés en gestes de premiers soins augmente considérablement les chances de survie. Ces dernières diminuent de 10% à chaque minute qui s’écoule entre l’arrêt du cœur et le massage, voire la défibrillation.
Pour la mise en place de ce système, la Direction de la santé et des affaires sociales (DSAS) a collaboré avec les différents acteurs du domaine du sauvetage: fondation Fribourg Cœur, services d’ambulances, samaritains, réseaux de santé, police, centrale d’urgence 144, hôpitaux publics, l’Etablissement cantonal d’assurance des bâtiments (ECAB) ainsi qu’avec les préfectures.
Le nouveau système se propose ainsi de compléter le dispositif d’urgence déjà en place et la mesure de déclaration obligatoire de défibrillateurs introduite ce printemps. Aujourd’hui, quelque 300 défibrillateurs sont répartis dans le canton.


Action citoyenne
Pour garantir des gestes de secours dans les toutes premières minutes après l’arrêt cardiaque, il faut le plus de monde possible. «On espère mettre en place un réseau de 3000 à 5000 volontaires», précise Anne-Claude Demierre. Le millier de samaritains et les quelque 4500 sapeurs-pompiers que compte le canton sont déjà un réservoir potentiel.
Mais Monsieur et Madame Tout-le-monde sont appelés à s’y mettre. «Il s’agit véritablement d’une action citoyenne pour venir en aide à ceux qui en ont besoin, pour sauver des vies», résume Christophe Roulin, président de la fondation Fribourg Cœur. Contrairement aux premiers répondants de Bellegarde, amenés à prodiguer des soins plus complexes, les nouveaux first responders se contenteront essentiellement de faire des massages cardiaques et d’utiliser un défibrillateur.
Ainsi, la fonction est accessible au plus grand nombre. Il suffit d’être majeur et vacciné, d’avoir la condition physique et psychique pour agir et, surtout, de suivre une formation (BLS-AED) certifiée et valable durant deux ans. A noter que la formation est aux frais du bénévole. Généralement, ce genre de formation est dispensé en quatre heures par petits groupes, pour une centaine de francs.


Alerté par téléphone
Les volontaires doivent s’inscrire auprès de la fondation Fribourg Cœur (www.fribourgcœur.ch), qui vérifie certains prérequis et leur fait signer une charte d’engagement. Après quoi le first responder est prêt à agir. Comment? En fait, il ne couvre pas de secteur défini. Il est alerté par la centrale sanitaire 144, via une application smartphone nommée «Momentum». Il reçoit donc une alerte sur son téléphone portable et, pour autant qu’il se trouve plus près du patient que l’ambulance, il peut accepter ou non la mission.
Son engagement ne remplace nullement celle d’une ambulance. La première propriété de la centrale 144 reste bien l’engagement des services de secours usuels (ambulance/SMUR/Rega). Le first responder est un maillon de plus dans la chaîne de secours. Une chance supplémentaire d’agir dans les premières minutes d’un arrêt cardio-respiratoire. Ce qui peut déterminer la vie ou la mort de la victime, mais également lui éviter des séquelles neurologiques si elle survit.
On estime que 8000 personnes meurent chaque année d’un arrêt cardio-respiratoire en Suisse. Le Tessin a fait figure de pionnier en lançant le concept de first responders. Aujourd’hui, Fribourg lui emboîte le pas. Vendredi lors de la conférence de presse, Monsieur Cuennet, 66 ans, apportait la preuve vivante que le système fonctionne. En 2014, il a fait un arrêt cardiaque à Grolley. Grâce à l’intervention d’un inconnu, puis de l’équipe de police, il s’en est sorti sain et sauf.

 

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Les chevaliers du cœur


Dans la foulée du projet first responders, la DSAS et la fondation Fribourg Cœur crée le prix Les chevaliers du cœur. Celui-ci récompense les personnes qui ont sauvé des vies ces dernières années. Il sera décerné pour la première fois ce samedi lors de la Foire de Fribourg à des policiers ainsi qu’aux témoins qui sont intervenus lors de six situations particulières. Depuis 2013 en effet, les agents ont utilisé 71 fois leurs défibrillateurs: six patients ont survécu avec succès (sans garder de séquelles neurologiques majeures) grâce à eux. YG

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