«J’aime parler franchement»

| mar, 15. nov. 2016

Arrivée huitième, au premier tour, devant Anne-Claude Demierre, la Verte Marie Garnier joue à fond la carte de l’alliance de gauche.

Par Jean Godel

Le canton n’a pas connu de grandes percées écologiques durant ces cinq ans…
J’ai fait un gros travail de mise en œuvre de mesures environnementales en accord avec les utilisateurs du territoire. Toutes ne portent pas leurs fruits immédiatement, mais il faut en passer par là. Intégrer chacun, sans extrêmes et à un rythme qui permette de tenir la distance. J’ai ainsi signé le plan d’action bio, mis en place le réseau écologique, des projets en faveur de la qualité de l’eau, poursuivi une gestion durable des forêts, le canton a été déclaré sans OGM, etc.

Qu’avez-vous fait pour pousser les paysans fribourgeois à passer au bio?
Les familles paysannes ont fait beaucoup pour l’environnement, avec des solutions pragmatiques. De nombreux viticulteurs sont passés au bio, pas-
sablement de domaines céréaliers et laitiers aussi, le marché du lait bio, compliqué, est en progression. Des efforts ont aussi été faits dans l’agriculture traditionnelle, avec la mise
en place, à Grangeneuve, d’une parcelle d’essai pour comparer les différentes méthodes. Toujours à Grangeneuve, où la nouvelle ferme doit servir d’exemple, on a travaillé sur la réduction des herbicides et des pesticides. Et l’IAG est l’une des seules écoles d’agriculture à posséder un domaine bio, à Sorens. On a lancé des projets pionniers pour la réduction des antibiotiques dans l’élevage. Bref, beaucoup a été fait – et j’en oublie – même si l’on peut encore s’améliorer.

Au premier tour, vous passez devant Anne-Claude Demierre: craignez-vous d’être biffée par l’électorat de gauche?
Le but est d’arriver ensemble sur la ligne d’arrivée, c’est pourquoi je ne ferai pas de campagne personnelle. Et j’encourage les femmes à se manifester et les électeurs à mesurer les impacts de la politique sur leur quotidien. Par exemple, lorsque des entreprises doivent restructurer en raison d’une conjoncture difficile, elles sont demandeuses d’un accompagnement social, par l’Etat, pour s’occuper des personnes qui n’ont pas démérité durant leur vie. C’est pour cela que nous avons besoin d’un Gouvernement équilibré. Sinon, le débat est absent et on dépense l’argent sans optimiser les solutions. Comme économiste agraire, j’ai toujours eu le souci de trouver le bon rapport coût/efficacité des investissements.

Vous vous dites proche des valeurs du PDC. Est-ce pour donner des gages à ce centre dont vous avez besoin?
Non, je dis simplement qui je suis. Et je respecte les deux sièges traditionnellement socialistes du Gouvernement. Mais je pense qu’il faut en plus quelqu’un d’assez centriste sur les questions économiques, avec une sensibilité environnementale et sociale. Cela dit, j’appartiens clairement à l’alliance de centre gauche.

Sans être alignée sur leurs positions…
J’ai toujours été quelqu’un d’indépendant, je n’aime pas les systèmes où tout le monde est aligné – ce qui, en l’occurrence, est aujourd’hui plus le cas à droite qu’à gauche…

Le retrait du PLR Peter Wüthrich sauve-t-il les trois sièges de gauche?
Je ne sais pas – à droite, ils se seraient battus entre eux. Peter Wüthrich est populaire, bilingue, il aurait pu convaincre davantage que son colistier Stéphane Peiry. Mais son retrait n’est pas très honorable pour le fonctionnement de la démocratie.

Pourquoi?
J’estime qu’une alliance permettant, à terme, de dépasser largement la majorité n’est pas saine et pose un problème de légitimité: on n’est pas loin de la cooptation. J’ajoute que des pressions fortes et répétées ont été faites sur des gens de droite appartenant à mon comité de soutien. J’ai aussi dû surmonter des a priori vivaces, sans que l’on sache exactement quoi me
reprocher et apprendre à m’imposer et à élever le niveau pour faire comprendre que tout cela ne passerait pas.

Votre liberté de ton a surpris, agacé. Cela a-t-il compté dans cette élection?
Je pense que la grande majorité des gens apprécient cette liberté, alors que certains la voient comme un terrible défaut. J’aimerais que l’on dépasse cette critique un peu sexiste – aurait-on dit la même chose d’un homme s’exprimant librement? J’aime parler franchement, la clarté est une valeur importante. Cette manière de faire, dans le respect des gens, m’a permis d’apaiser bon nombre d’anciens conflits et de repartir sur des bases saines. C’est cette méthode qui prévaut avec les communes, dans les dossiers de la péréquation ou du désenchevêtrement des tâches. On avance plus vite dans la confiance. C’est une culture que je pense avoir insufflée au canton. Et ce sont là mes valeurs, pas une volonté d’afficher un style.

Que ferez-vous en cas d’échec?
Autre chose (rires). J’aime œuvrer au service de la population, mais je veux le faire au sein d’une équipe équilibrée. Or, la configuration à trois élus du centre gauche est une nécessité.

Pourquoi voter pour vous?
Parce que j’estime avoir non seulement les compétences, mais aussi l’expérience et les connaissances linguistiques nécessaires pour exercer cette charge et tirer le canton en avant. J’apporte un peu d’innovation au Gouvernement mais aussi un œil critique. Enfin, avec le vaste réseau suisse dont je dispose, il m’est possible de très bien représenter le canton à l’extérieur.

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