Dusan Mladjan, l’atout expérience d’Olympic

| jeu, 03. nov. 2016

Capitaine de l’équipe de Suisse, Dusan Mladjan a posé ses valises à Saint-Léonard à la fin de l’été. Ce samedi, le Tessinois de bientôt 30 ans retrouvera son ancien club, les Lions de Genève. Entretien avec un homme posé et conscient du rôle d’expérience qui lui est confié à Fribourg Olympic.

Par Quentin Dousse

 

Il était l’un des joueurs suisses les plus convoités et il a décidé de s’établir chez le champion en titre. Dusan Mladjan à Fribourg Olympic, c’était le transfert de l’été sur le marché helvétique. Hasard du calendrier, la quatrième journée de championnat, agendée ce samedi, lui offre une rencontre face à son ancienne équipe, les Lions de Genève. «J’ai remporté deux titres et j’ai encore beaucoup d’amis là-bas. Mais, une fois sur le terrain, on oublie tout», assure le Tessinois.

Capitaine fidèle à l’équipe nationale depuis douze ans, l’arrière-shooteur est attendu à la salle Saint-Léonard. Il doit non seulement remplacer
Roberto Kovac, mais également apporter l’expérience perdue à la suite du départ de Jonathan Kazadi notamment. De quoi lui faire porter une (trop) grande pression? «La pression, je l’ai depuis mes 16 ans, coupe l’intéressé. La famille (il est papa d’un petit Milan, âgé de sept mois) aide aussi à gérer ce paramètre et à oublier les problèmes du basket.»

L’homme est posé, le discours sincère et empreint de respect. Dusan Mladjan, qui fêtera ses 30 ans dans moins de deux semaines, n’est pas venu à Fribourg pour mener la révolution. «Olympic ne se résume pas à Dusan Mladjan. Les responsabilités sont très partagées, je ne débarque pas ici en messie», prône le joueur né à Belgrade.
 

«Les titres, ma motivation»
Quand l’offre d’Olympic lui est parvenue, il dit ne pas avoir hésité longtemps. «J’ai senti beaucoup d’intérêt de la part du président et du coach, Petar Aleksic. Je suis venu pour apporter mon expérience et aider l’équipe à gagner des titres, ce qui constitue ma principale motivation. Après Genève et Lugano, ce serait immense d’être champion avec les trois clubs historiques en Suisse.»

Avec un effectif jeune (23,5 ans de moyenne d’âge), le Fribourg Olympic version 2016-2017 mise beaucoup sur le passé international de son numéro 21. L’Italie et la Serbie sont autant de pays et de championnats qui lui ont permis de forger des qualités de jeu, mais aussi un caractère. «Au niveau mental, je ne me suis jamais senti aussi fort. Entre 27 et 32 ans, j’estime que ce sont les meilleures années pour un
basketteur.» Cela tombe bien, Olympic aura besoin d’un Mladjan décisif pour con­firmer son statut de champion.

Observateur et directeur technique de Villars Basket, Jean-Pierre Rainieri préfère tempérer les attentes autour de l’arrière tessinois. «Il ne faudra pas espérer qu’il inscrive 30 points par match. Ses paniers – et ses shoots improbables – seront par contre attendus dans les moments chauds. Mais il devra avant tout s’adapter à une équipe qui prime le collectif.»

Pour ses débuts, Dusan Mladjan a alterné le bon et le moins bon avec Olympic. Meilleur marqueur fribourgeois
(19 points) lors de la victoire en Supercoupe, début octobre face à Union Neuchâtel, l’international helvétique n’a pas eu le même impact sur les trois matches de championnat qui ont suivi (moyenne de 25,7 minutes de jeu, 10,7 points et 2,3 rebonds). Il faudra donc encore un peu de temps – et plusieurs rencontres – pour apprécier l’apport de ses 198 centimètres à la raquette fribourgeoise.
 

Son dernier défi à Olympic?
Du temps, le Tessinois veut aussi s’en laisser pour esquisser la suite de sa carrière. Une chose est sûre, le futur trentenaire ne se voit pas quitter les parquets de sitôt. «Aujourd’hui, je suis focalisé à 100% sur ma saison. Je commencerai à y réfléchir dans deux ans, affirme Dusan Mladjan. La vie d’un shooteur – qui n’est pas basé sur le physique – est aussi un peu plus longue. Je me vois bien jouer jusqu’à 35 voire 36 ans.»

Fribourg Olympic pourrait-il être son dernier employeur? «C’est une option, mais je suis encore un jeune joueur», corrige-t-il d’un large sourire. Dusan Mladjan entend bien le démontrer par ses performances sous le maillot fribourgeois. En ce sens, le duel samedi face à Genève, un sérieux client de LNA, ne pouvait mieux tomber.

FR Olympic - Lions de Genève,
samedi 17 h à la salle St-Léonard

 

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«Un shooteur hors pair»
Comme Dusan Mladjan, Jérémy Jaunin a quitté les Lions de Genève durant l’été pour rejoindre Fribourg Olympic. Ensemble à Genève, ils ont remporté le titre de champion et une Coupe de la Ligue, lors de la saison 2014-2015. Le meneur de 25 ans, qui a appris à connaître Dusan Mladjan, a vu le rôle de son coéquipier changer sous la houlette de Petar Aleksic. «On lui demandait beaucoup de créer du jeu à Genève, remarque Jérémy Jaunin. A Fribourg, c’est l’inverse. Il y a suffisamment de créateurs et c’est à nous de ressortir des ballons propres sur Dusan.»
Quand on lui demande son expertise, Jérémy Jaunin ne tarit pas d’éloges sur son partenaire. «C’est un shooteur hors pair. Même s’il peut lui arriver de manquer cinq tirs de suite, Dusan est capable de marquer le panier décisif. Il fait aussi bénéficier l’équipe de sa grande expérience. De par son vécu, il affiche une culture de la gagne particulière.» Le joueur au gabarit singulier
(170 centimètres) n’est pas inquiet quant à l’acclimatation de son coéquipier au système fribourgeois. Un système de jeu basé sur un important travail défensif. «Il est évident que Dusan ne fait pas partie des tout meilleurs défenseurs, mais je le vois très appliqué à l’entraînement. Il fait ce qu’on lui demande et il saura adapter son jeu au fil de la saison.»

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