La rue centrale de Valcollin à un demi-siècle de distance

| mar, 22. nov. 2016

Avec 8000 visiteurs, la FAMA, le salon suisse du modélisme, des loisirs créatifs et de l’artisanat est un succès, selon ses organisateurs. Parmi les exposants, Marc Henchoz a construit la rue centrale d’un village imaginaire en 2015 et, à côté, telle qu’elle pouvait être en 1965.

Par Jean Godel,

La 18e édition de la FAMA, le salon suisse du modélisme, des loisirs créatifs et de l’artisanat a attiré près de 8000 visiteurs, ce week-end à Espace Gruyère, estiment les organisateurs. Dans leur communiqué, ils évoquent un bilan «très réjouissant».

Parmi les septante stands présents (un nombre en hausse de 16% par rapport à 2015), celui de Marc Henchoz était sans doute le plus petit. Mais c’est au bord de sa simple table que l’on a sans doute pu vivre le plus beau voyage dans le temps. Ce Genevois a en effet construit, à l’échelle 1:87, la rue centrale de Valcollin, un village imaginaire qu’il a situé dans la Broye, telle qu’elle se présentait en 2015 et, à côté, en 1965.

«Quand j’ai racheté à un ami une station-service Esso de 1959, je me suis dit que ce serait drôle d’imaginer ce qu’elle est devenue aujourd’hui.» De fil en aiguille, Marc Henchoz a construit toute la rue au bord de laquelle se trouve la station. Trois ans de travail (six mois effectifs) qui tiennent sur à peine trois mètres carrés.

Ce dessinateur géomètre de formation, passé ensuite chez un paysagiste puis un bureau technique, se dit volontiers nostalgique des années 1960: «Je suis né en 1965, j’adore la série Mad Men et je possède une Ford Falcon 1962 avec laquelle je fais des balades en habits d’époque avec ma femme.»

Ne rien laisser au hasard
Pour réaliser ses deux rues, il a acheté toutes les maisons à double et les a ensuite adaptées. Ainsi, des panneaux solaires apparaissent sur les toits en 2015, mais aussi des pistes cyclables, des trottoirs et des radars. Rien n’a été laissé au hasard. Marc Henchoz s’est documenté dans des livres et fait des recherches sur le terrain pour, par exemple, prendre les mesures des 
radars de la police afin de les reproduire aux bonnes proportions. Il a aussi fallu définir la croissance d’un sapin entre 1965 et 2015…

C’est lui qui a confectionné les aménagements extérieurs, avec un grand souci du détail: le propriétaire d’une belle maison arrosant son jardin, les plates-bandes fleuries, le crottin de cheval et même les feuilles mortes tombées sur la bâche d’un vieux camion.

Le passionné s’est aussi amusé à imaginer le destin des habitants de sa rue. Ainsi, cet entrepreneur a dû transférer son affaire en périphérie puisqu’en 2015, seul un vieux hangar demeure où il remise sa voiture de collection. Quant aux plantations du paysagiste de Valcollin, elles ont été vendues à la commune qui en a fait un skate park. «Ça doit être ça…», commente le Genevois.

Densification à l’œuvre
En 2015, la densification a fait son œuvre, le trafic est plus dense et les jardins potagers ont fait place à des parkings, si pratiques devant la maison. Les publicités sont plus présentes et les poubelles de tri ont succédé aux dépotoirs, cachés à l’arrière des entrepôts. Quant à l’autre station-service (une BP), elle a été reprise après sa faillite par un revendeur de voitures d’occasion.

«J’aurais bien voulu en faire une agence Saab, une marque que j’adore, mais entre-temps, Saab a fait faillite…» sourit Marc Henchoz. Enfin, les fils du téléphone et de l’électricité ont été enfouis. Tant de détails qui se révèlent dès lors qu’on se baisse à hauteur de rue. «J’ai essayé d’y mettre de la vie: certaines fenêtres sont ouvertes, des gens marchent sur le trottoir et on voit des ouvriers travailler dans l’usine de microtechnique.»

Marc Henchoz ne compte pas s’arrêter en si bon chemin: il prévoit de reconstituer sa rue 
en 1915 – «Ça ira plus vite, il y aura juste trois maisons…» – puis en 1940 et, pourquoi pas, en 2040. «Un ami m’a offert un dinosaure, mais 
je n’envisage pas de remonter le temps aussi loin.» Pourtant, il avoue un autre faible pour l’époque romaine: c’est que sa rue ne doit pas être loin de la voie romaine qui passait par Avenches. De quoi imaginer une belle villa…

Reste un petit détail: les maisons de 1965, comme celles de 2015, respirent plus l’atmosphère de l’Europe du Nord que celle de la Broye: «C’est qu’on ne trouve que des kits allemands sur le marché», avoue Marc Henchoz. Quant à la station-service qui a tout déclenché, elle existe bel et bien: «C’est un architecte hollandais qui l’avait dessinée. Plusieurs ont été construites aux Pays-Bas où il en reste quelques-unes.»

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