L’Exécutif de Remaufens refuse de se laisser dicter sa conduite

| jeu, 15. déc. 2016

Remaufens s’oppose au PAL de Châtel-Saint-Denis et à sa future gare. En cause, le déplacement d’une de ses conduites d’eau. Pendantes depuis ce printemps, les oppositions devraient être levées prochainement.

PAR FRANCOIS PHARISA

En découvrant le projet de déménagement de la gare de Châtel-Saint-Denis il y a un peu plus d’une année, le Conseil communal de Remaufens a eu une bien mauvaise surprise: sa conduite de transport d’eau principale allait se retrouver sous le nouveau complexe ferroviaire. Et la déplacer, comme le réclament alors les Transports publics fribourgeois (TPF), coûterait près de 500000 francs. Un montant que la commune juge trop important.
Elle se lance alors dans un marathon juridique et décide d’employer tous les moyens dont elle dispose. Quitte à prendre le risque de détériorer ses relations avec sa grande voisine châteloise. En avril, au moment de l’enquête publique de la Procédure d’approbation des plans (PAP), soit le dossier de réaménagement de la gare, elle fait opposition non seulement auprès de l’Office fédéral des transports, mais aussi auprès du chef-lieu veveysan contre son Plan d’aménagement local (PAL). Deux oppositions qui n’ont toujours pas été levées.
«Nous n’avions plus le choix. Les TPF refusaient d’entrer en matière», rappelle la syndique Renée Genoud. Pour faire valoir sa position, Remaufens fait alors appelle à un avocat. Plusieurs séances sont organisées avec les représentants de Châtel-Saint-Denis et des TPF. «Contrairement à ce que prétendaient les TPF, cette conduite d’eau n’est pas privée, mais bien d’intérêt public. Nous n’avons donc pas à assumer seuls les coûts.»
Une conduite d’intérêt public, «parce que Remaufens vend son eau», relève Renée Genoud. Elle provient de la source de Mology. Plusieurs entités en profitent: l’Association régionale Veveyse-Glâne-Gruyère pour l’adduction d’eau, des communes de la Riviera vaudoise et celle de Châtel-Saint-Denis.


Louer plutôt que déplacer
«Nous avons eu raison de ne pas nous laisser faire et de négocier. Une solution a pu être trouvée», reprend Renée Genoud, qui ne s’avoue pas mécontente d’avoir tenu tête aux TPF. Et probablement un peu aussi au chef-lieu.
Remaufens ne déplacera pas sa conduite – celle-ci sera supprimée – et ne devra donc pas s’acquitter d’une facture d’un demi-million. A la place, elle louera une autre conduite, propriété, elle, de Châtel-Saint-Denis, qui sera créée sous le tracé de la future route cantonale. «Une convention réglant les modalités financières et la durée de location, fixée à dix ans, sera signée par les deux commu-nes», précise de concert Renée Genoud et Damien Colliard, syndic de Châtel-Saint-Denis.
Au terme de ce délai de dix ans, soit Remaufens rachètera la conduite, soit elle intégrera le projet de turbinage de la rive gauche de la Veveyse, que Châtel-St-Denis veut développer ces prochaines années. «C’est de la musique d’avenir, nous n’avons pas encore pris de décision à ce sujet», relève l’élue remaufensoise.
De leur côté, les TPF se sont engagés à participer financièrement à la création de la nouvelle conduite. «Une convention réglant des aspects techniques et juridiques doit encore être finalisée avec Remaufens», explique Aurelia Pedrazzi, porte-parole, assurant que cette procédure n’a pas freiné le projet de future gare. Ce n’est qu’ensuite que l’Exécutif de Remaufens lèvera ses deux oppositions.

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