Le pari insensé de Matteo Renzi

Commentaire

Italie. Il ne fait pas bon être au pouvoir par les temps qui courent. Dans les démocraties, l’espérance de «vie» des dirigeants est en chute libre. Pour ne rien arranger, ceux-ci précipitent souvent leur propre chute. François Hollande lie son destin à la courbe du chômage: le voilà bientôt sans travail. David Cameron assure sa réélection en promettant un référendum sur l’Union européenne: le Brexit le contraint à la démission. Ils jouent pour se refaire et, la plupart du temps, ils perdent.
L’incroyable prise de risque de Matteo Renzi est plus difficile à comprendre. Quand il décide de lancer ce fameux référendum sur la réforme des institutions, le président du Conseil italien n’est pas en danger. Sa popularité frise les 50%. Et c’est peut-être bien cela le problème. Trop sûr de lui, il engage son avenir: voter pour le référendum, c’est voter pour Matteo Renzi. Une manière d’augmenter sa légitimité, lui qui n’a pas décroché les clés du Gouvernement par les urnes. Les Italiens ont dit basta à la réforme par 59% et basta à Renzi.
Par cette réforme, qui devait drastiquement réduire le poids du Sénat, Matteo Renzi comptait redonner de la stabilité à un pays qui en manque singulièrement. Sa témérité plonge au contraire la péninsule dans l’incertitude: aujourd’hui, on ne peut pas exclure que le pouvoir revienne aux populistes. Devant les prud’hommes, on parlerait de faute professionnelle grave. Jérôme Gachet

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