«On ne doit pas tenir secret ce qui peut aider»

sam, 14. Jan. 2017

En Suisse romande, nombreux sont les guérisseurs à posséder le fameux secret, souvent jalousement conservé. Le Bullois Bernard Quiquerez a, lui, décidé de dévoiler son don de guérison et sa méthode dans un livre que lui consacre le Romontois Robert Mugny.

En Suisse romande, nombreux sont les guérisseurs à posséder le fameux secret, souvent jalousement conservé. Le Bullois Bernard Quiquerez a, lui, décidé de dévoiler son don de guérison et sa méthode dans un livre que lui consacre le Romontois Robert Mugny.
françois pharisa
livre. Bernard Quiquerez est un homme demandé. Très demandé. Loin à la ronde. En cette fin de matinée, le vibreur de son téléphone portable est là pour le rappeler. Depuis la veille au soir, son journal affiche 32 appels en absence et 14 messages, qu’il consultera dans l’après-midi. «Je ne sais pas refuser quelqu’un. Qu’il soit petit, grand, chauve, chevelu, blanc, noir, très con même… Je n’arrive pas à dire non.»
Bernard Quiquerez est «guérisseur». Guérisseur d’à peu près tout: angoisse, allergies, douleurs pré- et postopératoires, brûlures, saignements, stress, verrues… Pour tous ces maux, ce Jurassien d’origine et Bullois d’adoption de 65 ans, représentant en spiritueux à la retraite, a le secret, comme on dit. Et il a décidé de tout révéler dans un livre que lui consacre le Romontois Robert Mugny (Bernard Quiquerez. La vie d’un guérisseur, paru en décembre). Dans l’appartement de ce dernier, les deux hommes racontent la genèse et les motivations de ce projet, que beaucoup de guérisseurs voient d’un mauvais œil.


Une prière catholique
«On ne doit pas cacher ce qui peut aider. Ça n’a pas de sens», lance d’emblée Bernard Quiquerez, aussi connu dans la région pour jouer d’un drôle d’instrument, la scie musicale. Sa méthode miracle (pour guérir donc et non pour faire chanter une scie)? Il demande au patient son nom et l’endroit où il a mal, puis il prononce une prière: «Tu es brûlé au doigt. Que cette brûlure disparaisse de ton corps comme l’huile qui brûle devant le saint sacrement de l’autel, en l’honneur des trois personnes de la Sainte-Trinité: le Père, le Fils, le Saint-Esprit.»
Voilà. Une simple prière catholique et pas même de formules magiques murmurées au creux de l’oreille du souffrant. «Le “patron” m’envoie l’énergie sous forme de chaleur, de bien-être, qui permet à la personne de s’auto-guérir», explique Bernard Quiquerez, précisant qu’il n’y a nul besoin d’être pratiquant pour recevoir des soins.
A en juger par le nombre de patients qui contactent le magnétiseur gruérien, la technique séduit. Pratique, elle fonctionne également par téléphone et même par la pensée, affirme Bernard Quiquerez. Y compris quand le patient se trouve quelque part de l’autre côté du globe. «Des gens en vacances m’ont appelé du Brésil, du Vietnam, d’Afrique… Quand des amis portugais rentrent au pays pour les fêtes, ils m’appellent pour l’épaule douloureuse de leur tante, l’arthrose de leur grand-père, etc.»
Des médecins aussi conservent précieusement son numéro. Il collabore notamment avec l’hôpital Daler, à Fribourg. «On me téléphone pour les hémorragies pendant les opérations. Le jeudi surtout, le jour des prostates», sourit-il.


«J’avais tout essayé»
Robert Mugny a, lui, eu recours au don de Bernard Quiquerez pour soulager de l’arthrose cervicale et de fortes crises d’angoisse invalidantes qui l’ont poussé à demander l’AI. C’était il y a un peu plus d’un an. «J’avais tout essayé, alors je me suis dit pourquoi pas un guérisseur? Je ne le regrette pas.» Aujourd’hui, si les crises d’angoisse n’ont pas disparu, elles se sont espacées dans le temps, assure-t-il.
Au fil des consultations, les deux hommes sympathisent. Féru de polars scandinaves et ayant lui-même écrit plusieurs romans policiers publiés à compte d’auteur, Robert Mugny propose à son bienfaiteur de raconter sa vie de guérisseur dans un nouvel ouvrage. «C’était le bon moment pour le faire, commente Bernard Quiquerez. Cette idée me trottait dans la tête depuis plusieurs années.»


«Beaucoup de charlatans»
Le résultat a été tiré à 4000 exemplaires. Et l’éditeur prévoit d’en imprimer 4000 supplémentaires, relève Robert Mugny. En Suisse romande, les
ouvrages dédiés aux guérisseurs ont la cote. Le best-seller de l’ethnologue Magali Jenny l’avait déjà démontré. Un livre dans lequel Bernard Quiquerez avait refusé d’apparaître. «Le nom de trop de personnes se prétendant guérisseurs, de charlatans, y figurait. C’est dangereux de faire croire aux gens qu’on peut leur venir en aide alors qu’il n’en est rien. Et, qui plus est, de leur faire payer la consultation.»
Lui assure ne rien demander. «Ce don, je l’ai reçu de mon “patron”, il ne m’appartient pas. Il peut me le reprendre. Je ne suis qu’un intermédiaire.»

Robert Mugny, Bernard Quiquerez, la vie d’un guérisseur, Favre, 167 pages

 

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Tout révéler? «Ridicule et déplorable»


Dévoiler dans un livre le fameux secret et la manière de l’exécuter: l’initiative du guérisseur bullois Bernard Quiquerez dérange. Parmi les guérisseurs piqués au hasard sur le site internet du Valaisan Georges Delaloye, qui tient soigneusement à jour une liste de faiseurs de secret depuis plusieurs années, tous réprouvent la démarche. Dans le milieu, c’est un peu la transmission de bouche de druide à oreille de druide qui prévaut. Le don de guérison est jalousement conservé.
La Gruérienne Francine Robadey et le Glânois Raymond Jaquet l’assurent: le secret n’est pas à distribuer à tout va. «Cela n’a rien à voir avec la volonté d’éviter une nouvelle concurrence, j’offre mes services gratuitement. Mais pour qu’un secret fonctionne et surtout pour qu’il ne puisse pas être utilisé par des personnes mal intentionnées, il doit se transmettre seulement à des proches de confiance plus jeunes que soi», explique Raymond Jaquet, qui agit entre autres sur les brûlures et les saignements. Tout révéler dans un livre est, d’après lui, «ridicule et déplorable». Francine Robadey, elle, a reçu son don pour soulager les âmes et les corps directement de son père, qui l’avait lui-même hérité de sa mère, infirmière. Dans la famille, le secret est «sacré». Elle ne l’a confié qu’à ses enfants et à des proches travaillant dans le milieu médical. Et elle s’étonne de cette volonté de transparence. «Dévoilé, le secret n’en est plus un.» FP

Commentaires

Bonjour Monsieur Bernard, mon papa a fait un AVC et il a le bras droit et la jambe droite paralysés à 70%. Pouvez-vous l'aider. Dans sa tête, il est bien...
Bonjour, Est-il possible d'avoir les coordonnées (téléphone) de M. Quiquerez ? cordialement
Bonsoir Bernard, J’ai entendu votre émission ce soir sur la 1ère... Je suis atteinte d’une maladie portant le nom de glossodynie ou syndrome de la bouche en feu depuis 40 mois ! J’ai essayé de nombreux traitements médicaux et paramédicaux... mais rien n’y fait malheureusement ! Auriez vous déjà soigné une personne souffrant de cette maladie ? J’espère recevoir de vos nouvelles pour une éventuelle entrevue... Je vous en remercie déjà du fond du coeur! Pourriez vous me soulager, s’il vous plaît ?
Bonjour Bernard, Votre livre a carrément attiré mon regard, toute mon attention, hier dans la librairie-papeterie alors que j'enregistrais le Swiss loto...à 3 minutes de la fermeture Je savais que je devais l'acheter Hier, je l'ai feuilleté... Aujourd'hui, il est devant moi... Vos mains, au-dessus de la bougie allumée, un habit d'un vibrant violet derrière, le tout, et ce que je ne vois pas ! surtout ! m'inondent de bonheur Je me sens reliée...reliée à vous...reliée à l'amour universel Demain peut-.être si je reçois votre no de tél. j'aurai la chance de vous appeler MERCI pour le don de vos dons
J ai vécu aux Philippines et j ai pu voir et apprécier le travail des guérisseurs ! J apprécierais de vous rencontrer et surtout de bénéficier de vos traitements. Merci de me contacter.
cela fait longtemps que j'éprouve le désir d'apporter le bien aux autres. je ne connais pas de secret et j'ai prié pour qu'un jour je puisse le recevoir "ou l'avoir" pour aider. si une personne voulait ou pouvait me faire confiance en me transmettant son savoir, ce serait sans doute le plus beau cadeau qu'on puisse me faire. Bernard a fait un choix en voulant transmettre son don. s'il a ressenti ce besoin, c'est que s'est probablement juste pour lui. son but n'est de faire de mal à personne, au contraire.
Je trouve que dévoiler le secret est très bien. Tout un chacun peut essayer de soulager son prochain. Gare à lui, si il est mal intentionné, le boomerang revient toujours, que ce soit en bien ou en mal. Alors demander que pour le bien. Merci Bernard

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