Oser l’accueil, le pari est pleinement réussi

| mar, 24. Jan. 2017

Quinze mois après son lancement, l’initiative «Osons l’accueil!» a largement convaincu. Plus de cent requérants d’asile ont été accueillis chez 55 particuliers ou familles. L’association cherche de nouveaux volontaires.

PAR DOMINIQUE MEYLAN

«Des familles se sont levées, présentées, puis proposées, témoigne le prévôt de la cathédrale Saint-Nicolas, Clau-de Ducarroz, elles ont osé l’accueil.» L’association, qui encourage les Fribourgeois à héberger des requérants d’asile, a exposé hier les succès de ces derniers mois. Elle a lancé un appel pour que la solidarité continue.
En quinze mois, 101 personnes ont été accueillies dans 55 foyers fribourgeois. Alors que l’action «Osons l’accueil!» a été lancée début septembre 2015, un premier couple de requérants était hébergé dès le 6 octobre.
Le mouvement a rapidement pris de l’ampleur. En décembre 2015, quelque 30 personnes étaient accueillies dans 17 familles. A son point culminant en juillet 2016, le mouvement a permis l’hébergement de 68 réfugiés dans 36 foyers fribourgeois. Le soufflet est ensuite un peu retombé. En janvier, 22 particuliers offrent encore l’hospitalité à 31 requérants d’asile.
Diverses raisons expliquent ce relatif essoufflement. Les flux migratoires ont fortement diminué entre 2015 et 2016. Pensé dès le début comme temporaire, l’accueil s’est terminé pour un certain nombre de familles. Quant aux mineurs non accompagnés, de plus en plus nombreux, ils ne peuvent être hébergés chez des particuliers.


Hommes célibataires  
Alors que les requérants d’asile sont souvent des jeunes hommes célibataires, la plupart des familles fribourgeoises aspirent à recevoir des femmes ou des couples avec enfants. Cette difficulté explique également le ralentissement de l’accueil. «Pourtant, cela se passe très bien avec les hommes seuls», témoigne Anastasia Ossipova, responsable du projet au sein d’ORS, l’entreprise mandatée par le canton pour l’accueil et la prise en charge des requérants.
Depuis son lancement, le projet a suscité 99 propositions d’accueil. ORS, avec lequel l’association collabore depuis le début, joue le rôle de facilitateur. «Nous nous déplaçons dans les familles, discutons du projet et expliquons les enjeux», rapporte Claude Gumy, directeur d’ORS. Cette démarche ne débouche pas forcément sur une rencontre. «Certaines familles se sont proposées et se sont ensuite rendu compte qu’elles n’étaient pas faites pour cela», explique un des initiateurs du projet, le médecin gruérien Bernard Huwiler.
Les familles avec enfants constituent plus de la moitié de la cohorte de requérants qui ont bénéficié d’un séjour chez des particuliers. L’accueil a duré en moyenne sept mois. Dans 20% des situations, il s’est prolongé plus d’un an. «Un jeune a même été accueilli à tout jamais par une famille, il a quasiment été adopté», se félicite Claude Gumy.


Expérience enrichissante
«En œuvrant pour les requérants d’asile, nous avons grandi avec eux», rapporte Claude Ducarroz. L’ancien conseiller d’Etat Pascal Corminboeuf partage le même point de vue: «L’expérience est trop riche pour qu’elle s’arrête.» Il a lui-même gardé contact avec les requérants qu’il a reçu à son domicile.  
«Osons l’accueil!» cherche de nouveaux volontaires et encourage particulièrement les familles à accepter les hommes seuls. Une dizaine d’entre eux ont d’ores et déjà témoigné un intérêt pour cette expérience.
Depuis ses débuts, l’association a affiné son action. Elle soutient les familles par des visites régulières et contacte périodiquement ORS pour l’informer d’éventuels problèmes ou dysfonctionnements. Trois fois par année, une rencontre entre l’ensemble des familles et des requérants est organisée. «Un grand moment d’émotion», rapporte Bernard Huwiler.
Parmi les projets futurs, l’organisation s’engage pour le suivi de la scolarisation des requérants d’asile. Elle souhaite continuer la réflexion sur l’éventuel accueil des mineurs non accompagnés. L’association a également lancé une récolte de dons.

 

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Les arrivées ont nettement diminué


L’association «Osons l’accueil!» travaille étroitement avec les autorités publiques, responsables de l’accueil des migrants dans le canton. La directrice de la Santé et des affaires sociales, Anne-Claude Demierre, a tout naturellement participé à la conférence de presse hier. La conseillère d’Etat a fait le point sur l’arrivée des requérants d’asile dans le canton.
Le nombre d’enregistrements a nettement diminué en Suisse, passant de plus de 39000 en 2015 à quelque 25000 en 2016. Cette tendance se répercute logiquement sur Fribourg. Quelque 585 requérants d’asile ont été attribués au canton l’année dernière, contre 1239 en 2015. Parmi eux, le nombre de mineurs non accompagnés tend à augmenter. Le canton s’occupe d’un peu moins de 100 adolescents et a dû ouvrir 12 classes d’intégration. «Nous avons prévu des états généraux en mars», rapporte Anne-Claude Demierre.
Si le nombre d’arrivées a baissé, l’effectif des requérants s’avère relativement stable. Un peu plus de 2000 personnes séjournent dans le canton. Anne-Claude Demierre a salué hier la multitude d’initiatives qui ont germé pour leur venir en aide. DM

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