Les jardins des Capucins vont montrer l’exemple à suivre

sam, 04. fév. 2017

Le 15 février, les paroissiens de Bulle-La Tour se prononceront sur le projet de réaménagement des jardins des Capucins. Dès le printemps 2018, ce havre de paix au centre de Bulle sera accessible à tout le monde en journée. Un partenariat devrait être conclu avec la Croix-Rouge.

PAR CHRISTOPHE DUTOIT

Cinq mois après la présentation publique du mandat d’étude parallèle (MEP) des jardins de la Cité, la paroisse de Bulle-La Tour va de l’avant. Dans dix jours, elle proposera à son assemblée extraordinaire l’approbation du réaménagement des jardins des Capucins, dont elle est propriétaire. «La question des espaces verts est prioritaire à Bulle, nous avons besoin de zones de verdure et d’agrément en ville, explique le président de paroisse Jean-Bernard Repond. Nous avons déjà mis à disposition le terrain pour le parc Lorétan. Nous voulons maintenant poursuivre avec les jardins des Capucins.»
Si le projet est accepté, les travaux débuteront ces prochaines semaines, pour une ouverture au printemps 2018. «Les jardins seront ouverts durant la journée, explique Jean-Claude Mauron, qui pilote le projet au sein du Conseil de paroisse. Le public entrera soit par le portail côté Cabalet, soit par l’entrée côté place du Marché, où l’actuel parking sera démantelé, et pourra déambuler à sa guise.»


Mariages et réceptions
Les actuels jardins, au niveau supérieur, seront repensés dans l’esprit hortus conclusus (le mythique jardin enclos de la Vierge Marie). Ils seront séparés en trois zones: jardin potager, jardin aromatique et jardin médicinal. Côté nord, les dépendances seront consolidées, des toilettes installées, le préau ouvert rénové et un parvis aménagé. «Ce bâtiment sera isolé, mais pas chauffé en hiver. Il pourra servir de salle d’accueil ou de conférence. Et pourquoi pas imaginer le mettre en location pour des apéritifs de mariage ou des réceptions?» questionne Jean-Bernard Repond.
Au niveau inférieur, un jardin fruitier (verger) entourera la charmante gloriette, qui sera elle aussi restaurée. «Pour des questions de sécurité, nous allons poser des claires-voies devant l’ancien poulailler», poursuit Jean-Claude Mauron. A terme, la paroisse pourrait imaginer l’assainir complètement pour accueillir des petits animaux, poules ou lapins. «Nous espérons que l’esprit de saint François d’Assise soit ainsi conservé», dit Jean-Bernard Repond. A noter que les murs d’enceinte seront rénovés, mais qu’il n’est pas prévu d’ouvrir de porte sur la rue de la Condémine. «Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un couvent. Nous tenons à respecter l’esprit de clôture qui sied à ces lieux.»


Un lien vert au centre-ville
La collaboration entamée avec la Croix-Rouge devrait faire l’objet d’une prochaine convention. L’été dernier, les jardins avaient été cultivés avec des migrants avec le projet Couleur jardin. «Il y a des synergies à trouver entre la Croix-Rouge, les écoles de la Condémine – qui ont également eu la main verte l’année passée – et les seniors installés à Sainte-Croix», espère la paroisse, qui va également réfléchir à l’utilisation du réfectoire et de la cuisine.
«Aux Bullois désormais de s’approprier ces lieux! Un lien vert s’ouvre au centre-ville: il faudra que ces jardins prennent vie, il y a tant de choses à inventer, s’enthousiasme Jean-Bernard Repond. Avec cette ouverture, la paroisse fait un acte laïc et citoyen. A Bulle, 15000 paroissiens paient l’impôt ecclésiastique, mais seuls 5% à 10% vont à l’église. L’Eglise n’est pas que l’église. Par ce biais, nous rendons l’impôt à ceux qui le paient.»
La paroisse profitera de ces travaux pour mettre en séparatif ses collecteurs d’eaux claires et d’eaux usées, pour un coût estimé à 293000 francs. «Nous allons également réaménager l’ancien local des citernes, qui sera utilisé par les scouts», explique Jean-Claude Mauron.
Le coût total des travaux s’élèvera à 1,75 million, dont un peu plus de 500000 francs considérés comme des frais d’entretien. En sus, la paroisse prendra à sa charge la taille des arbres, la tonte de l’herbe et le déneigement pour un montant annuel de 15000 francs.


Rôle moteur
S’il est confirmé le 15 février, cet engagement de la paroisse donne clairement l’exemple à suivre dans le dossier des jardins de la Cité. Cinq ans après le rachat par la commune de l’Institut Sainte-Croix, l’aménagement de ses jardins est au point mort, dans l’attente de l’étude d’un éventuel parking souterrain. De même, l’idée de remodeler le Cabalet, souvent évoquée durant la campagne électorale l’an dernier, ne semble pas prête à se décanter durant cette législature. Quant aux douves, elles seront intégrées au projet plus global de réhabilitation du château de Bulle, qui attend également son heure. Dans ce contexte, les jardins des Capucins vont jouer un rôle moteur et exemplaire.

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