Les sondes retrouvent le chemin de la terre

mar, 14. fév. 2017

La publication de la carte d’admissibilité des sondes géothermiques verticales avait donné des sueurs froides au sud du canton, quasi interdit de forage par l’Etat. Il assouplit quelque peu ses mesures.

PAR SOPHIE MURITH

Octobre 2015, le canton publiait une carte mettant en lumière les conditions d’admissibilité des sondes géothermiques verticales (SGV) par ses services (La Gruyère du 24 mai 2016). Les Gruériens découvraient alors que 80% des zones à bâtir du district, dont la quasi-totalité de l’Intyamon, tout comme une grande partie de la Singine, se voyaient interdites de forage, alors qu’en moyenne 78% de la zone à bâtir cantonale restaient autorisés aux SGV.
Le Gouvernement fait aujourd’hui machine arrière et assouplit ces mesu-res, qui avaient fait bondir des députés gruériens et singinois. Ils avaient réagi par un mandat déposé en juin 2016, arguant que les zones d’interdiction n’avaient pas été établies de façon suffisamment précise.
Le Conseil d’Etat, conscient des critiques et des interrogations soulevées par la carte, a dès lors adopté une nouvelle directive, d’une durée de cinq ans, permettant au maître d’ouvrage désirant installer des SGV en secteurs actuels d’interdiction d’obtenir une dérogation, moyennant certaines conditions. Il doit notamment démontrer au Service de l’environnement par une étude technique et scientifique complète et récente que le projet d’installation de SGV n’entre pas en contact avec une nappe d’eaux souterraines.
Le forage sera donc possible pour autant qu’un intervalle de sécurité soit respecté entre le fond du forage et le niveau de la nappe. «L’interdiction de forage de SGV est par contre maintenue sans dérogation possible en zones de protection des eaux souterraines», rappelle le Conseil d’Etat dans sa réponse.
En parallèle, il propose la mise sur pied, dès cette année, d’un groupe de travail, représentant les services de l’Etat, le secteur privé (fournisseurs d’énergie et ingénieurs-géologues), le milieu scientifique et la
société civile. Il devra réévaluer la carte d’admissibilité des SGV à la lumière de nouvelles données scientifiques. Comme le demandaient les signataires.
Le Gouvernement tient à un échelonnement dans le temps, au point qu’il recommande au Grand Conseil de rejeter le mandat, si sa solution ne devait pas être retenue.


Dilemme protecteur
Depuis la fin des années 1980, 15000 SGV ont été installées dans le canton et 400 à 600 nouvelles demandes affluent annuellement. Dans le contexte énergétique actuel, principalement pour répondre à la stratégie énergétique 2050 de la Confédération et à l’application de la nouvelle Loi sur le CO2, le canton se trouve dans un dilemme.
La géothermie de faible profondeur présente de nombreux avanta-ges pour le chauffage des bâtiments individuels, mais les SGV peuvent constituer un ris-que pour les ressources en eaux souterraines potables, aussi mises en danger par le réchauffement climatique. «La nappe phréatique de Grandvillard est un bon exemple d’eaux souterraines à préserver.» Cette nappe permet d’alimenter potentiellement 100000 habitants, dont ceux de l’agglomération bulloise et une partie de la ville de Romont. «Il faut savoir que la sonde d’une seule villa peut polluer l’entier d’une nappe phréatique, rendant l’eau impropre à la consommation pour plusieurs générations.»

 

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