Billag perd le marché de la redevance radio-TV

| ven, 10. mar. 2017

Dès 2019, c’est la société zurichoise Serafe qui prélèvera la redevance radio-TV auprès des ménages. Privé de ce mandat de la Confédération, l’entreprise fribourgeoise Billag risque de fermer ses portes. Le canton pourrait ainsi perdre 230 emplois.

PAR XAVIER SCHALLER AVEC L'ATS

Billag et les autorités fribourgeoises sont sous le choc. La Confédération a annoncé ce matin que l’encaissement de la redevance radio-TV va être confié à une autre entreprise dès 2019. Quelque 230 emplois sont menacés dans le canton.
Un appel d’offres avait été lancé durant l’été 2016 et Billag avait postulé à sa propre succession. Mais le Département fédéral de la communication (DETEC) a choisi Serafe. Son communiqué de presse indique que la firme zurichoise a proposé l’offre la plus avantageuse économiquement.


Près de 250 emplois en jeu
Cette annonce est un coup dur pour le canton. Installé en ville de Fribourg, Billag est en effet menacé de fermeture après la perte de ce mandat d’encaissement (voir encadré). Celui-ci assure près de 99% de ses recettes et environ 230 collaborateurs pourraient perdre leur emploi.
«J’ai reçu un coup de téléphone de la Confédération ce matin, à 8 h 15», indique Olivier Curty, directeur de l’Economie et de l’emploi. Il regrette que l’information soit tombée si tard et que Billag n’ait également appris la nouvelle que le matin même de la publication du communiqué.
Pour le Gouvernement, la décision fédérale porte «un coup très sévère» au marché de l’emploi fribourgeois. Il estime néanmoins que l’économie du canton, «solide et diversifiée», absorbera le choc. «Les services de l’Etat mettront tout en œuvre pour accompagner et soutenir les collaborateurs de Billag», indique Olivier Curty. Il estime que l’entreprise ne manquait pas d’atouts pour poursuivre sa mission. «La législation fédérale n’offre, hélas, pas de recours possible pour cette catégorie de marché public.»
Le syndicat des médias et de la communication critique également la décision du DETEC. Il attend de Serafe la conclusion d’une convention collective de travail et la reprise des employés de Billag – ce qu’espère également le Conseil d’Etat. Dans son communiqué, le syndicat estime que les attaques permanentes de l’UDC contre la SSR et Billag ne sont pas étrangères à la décision du DETEC.


Trois fois moins cher
La Confédération avance plutôt des raisons techniques et financières. Le montant de l’indemnisation versée à l’organe de perception sera inférieur aux 54 millions que touche chaque année Billag. Le prix demandé par Serafe s’élève à un peu plus de 123 millions de francs sur sept ans, révèle l’Office fédéral de la communication (OFCOM). Cela correspond à environ 17,6 millions de francs par année, soit à peu près trois fois moins que les 54 millions, mais avec un cahier des charges quelque peu différent.


Dans les délais
La loi révisée sur la radio et la télévision est en effet entrée en vigueur au début du mois de juillet 2016. Elle va remplacer la redevance actuelle par une redevance générale, indépendante de la possession d’un appareil de réception. Avec cette généralisation, la facture des ménages devrait passer des 451 fr. 10 actuels à moins de 400 francs.
Quant aux entreprises, celles dont le chiffre d’affaires dépasse 500 000 francs par an débourseront entre 400 et 39 000 francs. C’est l’Administration fédérale des contributions qui percevra cette manne et Serafe n’effectuera les prélèvements qu’auprès des ménages.
La loi prévoit que ce nouveau système entre en vigueur au plus tard en 2019, date à laquelle le contrat avec Billag arrive à échéance. Le mandat octroyé à Serafe se terminera, quant à lui, le 31 décembre 2025.
Ces changements interviennent alors qu’une initiative visant à supprimer la redevance radio-TV est débattue au Parlement. Le Conseil des Etats l’a balayée mercredi sans opposition, mais le National doit encore se prononcer.

 

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Une entreprise en danger


Filiale de Swisscom sise à Fribourg, Billag prélève depuis 1998 la redevance radio-TV sur mandat de la Confédération. Selon son site internet, Billag envoie chaque année près de 4,5 millions de factures. Ce qui représente un volume d’encaissement de 1,35 milliard de francs – la SSR a reçu 1,235 milliard et le reste est essentiellement allé à 34 radios et télévisions locales et régionales. «Il est trop tôt pour se prononcer sur l’avenir de l’entreprise, mais une fermeture est possible, a déclaré hier le porte-parole de Billag Dominik Müller. «Trouver des nouveaux clients ne sera pas tâche facile, le marché de recouvrement est saturé.» La société assure qu’elle terminera le contrat avec professionnalisme jusqu’à fin 2018.
Son successeur, Serafe, est une filiale de l’entreprise Secon, dont le siège se situe à Fehraltorf dans le canton de Zurich. Elle possède «une grande expérience dans l’encaissement et dispose de systèmes et de processus informatiques modernes», explique le DETEC. En tout, trois entreprises avaient répondu à l’appel d’offres. ATS

Commentaires

Donc... - Fribourg a perdu le Tribunal administratif fédéral pour St. Gall; - Fribourg a perdu Billag pour Zurich - ... - Fribourg ne possède aucune antenne de la Confédération. Bravo à cette nouvelle génération de parlementaires! Les précédents étaient meilleurs pour défendre les intérêts de leurs concitoyens. Allons-nous bientôt aussi perdre l'université au profit d'un canton alémanique ?
La différence de coûts profitera-t-elle aux clients ou à la Confédération ? Pas d'illusions sur la réponse...
BILLAG c'est bien cette société qui a encaissé 67 millions en trop en 2010 ? Millions dont on ne parle plus !

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