Le stress de l’examen n’a pas disparu pour tous

| jeu, 30. mar. 2017

A la rentrée, 2800 élèves vont arriver au CO. Même si la fameuse PPO a été supprimée, plus de 400 d’entre eux passent par une évaluation écrite. Trois critères déterminent l’orientation des élèves: les notes, l’avis de l’enseignant et celui des parents. S’ils ne concordent pas, il y a évaluation.

PAR XAVIER SCHALLER

La PPO (procédure de préorientation), c’est fini. L’angoissante procédure de préorientation au cycle d’orientation a été enterrée, sans grande pompe et sans regret, l’an passé. La transition entre scolarité primaire et secondaire se déroule désormais sans examen. Pour la plupart des élèves de 8H, car plus de 400 d’entre eux ont malgré tout subi le stress d’une évaluation d’orientation, hier et avant-hier.
Pourquoi? Parce que les trois indicateurs pris en compte dans la nouvelle procédure (EP-CO) ne pointaient pas dans la même direction. L’avis de l’enseignant, les notes du premier semestre et l’avis des parents et de l’élève doivent concorder pour une inscription directe en section générale (G), à exigences de base (EB) ou prégymnasiale (PG).


Un 5,37 sur 6 ne suffit pas
Quand on parle d’avis divergents, on pense tout de suite à des parents dont l’enfant n’a pas obtenu les notes nécessaires. Mais parfois, seul l’enseignant fait opposition. La Gruyère a rencontré une personne dont l’enfant vit cette situation particulière: «Il rêve déjà d’un métier. Comme celui-ci nécessite des études, il désire aller en PG.»
Selon ce témoin, l’élève a travaillé dur pour obtenir les points nécessaires. «Obtenir 21,5 sur 24 points, ce n’est pas rien. Cela correspond à une moyenne de 5,37 sur 6.» Pour lui et d’autres parents, la nouvelle procédure n’a pas éliminé le stress, elle l’a étendu sur l’ensemble du semestre. Chaque évaluation est décortiquée, pour ne pas perdre le moindre dixième.
Mais les résultats ne suffisent pas. Marianne Meyer Genilloud, conseillère scientifique à la Direction de l’instruction publique, de la culture et des sports (DICS), rappelle que l’EP-CO entend «valoriser l’analyse qualitative de l’enseignant». C’est-à-dire donner moins de place aux notes et davantage à l’avis du professionnel qui connaît sa classe.
«Si un élève ne travaille que pour les examens ou que son attitude générale ne correspond pas à l’orientation voulue, il est légitime d’avoir des doutes», complète Gaëtan Emonet, enseignant de 8H à Châtel-Saint-Denis et président de la Société pédagogique fribourgeoise francophone.


Trop de questions
Selon le parent contacté, son enfant ne présente pourtant pas ce cas de figure. Son enseignant ne conteste pas son aptitude au travail, mais sa capacité à suivre le rythme en section prégymnasiale: «On nous dit qu’il ne comprend pas tout de suite les choses, qu’il doit souvent poser des questions. Mais cela me semble plutôt être une bonne attitude pour un élève PG.»
Il se dit conscient des avantages du nouveau système, mais il se questionne sur son application et sur le poids de l’instituteur dans l’orientation. D’autant que certains profs se montrent beaucoup plus prudents que d’autres. Dans certaines classes, aucun élève ne peut accéder directement à la PG, alors que plusieurs ont les points nécessaires, certains même largement.
Sans se prononcer sur un cas précis, Gaetan Emonet concède que la nouvelle EP-CO est sans doute plus compliquée à appliquer pour ses jeunes confrères. «Ils peuvent douter ou avoir un sentiment d’insécurité qui les pousse à préférer inscrire les élèves à l’examen.»
Selon la DICS, l’ancienne PPO était déterminante pour 15% des élèves. La proportion de ceux inscrits au nouvel examen reste la même – moitié pour aller en G, moitié pour aller en PG. Avec le même stress. «Pour cet examen de maths et de français, on demande à mon enfant 11 points sur 12, ce qui correspond à 5,5 sur 6», souligne le parent contacté. C’est comme si on demandait à l’enfant d’enchaîner avec un sprint, après avoir réussi son marathon du premier semestre.


La fameuse perméabilité
Pour faire passer la pilule auprès des recalés de G ou de PG, on leur parle de «perméabilité» entre les sections: une possible réorientation en cours de CO (voir ci-dessous). «Pas de problème, c’est très bien la perméabilité. Alors pourquoi ma fille ne peut pas commencer en PG et changer si cela ne va pas? Le système devrait plutôt tirer les enfants vers le haut.» ■

 

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Perméabilité entre les classes


La nouvelle Loi scolaire veut offrir aux élèves la possibilité d’évoluer durant tout le CO, en fonction de leurs aptitudes et de leurs résultats. «Sur recommandation de son enseignant, un élève qui atteint facilement les objectifs peut intégrer un type de classe plus exigeant, même en cours d’année», explique Marianne Meyer Genilloud, collaboratrice scientifique à la Direction de l’instruction publique, de la culture et des sports. En cas de difficulté, une section moins exigeante peut aussi être proposée. La décision incombe à la direction de l’établissement.
En fait, cette flexibilité existe déjà. Pour la période 2014-2016, ce sont chaque année entre 400 et 430 élèves – soit près de 5% des effectifs des CO du canton – qui ont changé de section. «Ces chiffres incluent les répétitions de l’année», complète Marianne Meyer Genilloud. L’objectif est maintenant d’augmenter cette perméabilité, avec une évaluation semestrielle des élèves potentiellement concernés.
Dès 2020, certains élèves de générale pourront intégrer directement le collège, souligne Gaëtan Emonet, président de la Société pédagogique fribourgeoise francophone (SPFF). «C’est vraiment un plus, car la possibilité d’un examen d’entrée pour le collège a disparu depuis quelques années.»


Eviter un enseignement rétréci en 8H
La DICS évaluera l’EP-CO après sa première année d’application. La SPFF va aussi envoyer des questionnaires à ses membres. Mais les premières impressions récoltées par Gaëtan Emonet sont positives. «Personnellement, en tant qu’enseignant de 8H, je le vis bien. Je n’ai pas non plus reçu d’appels d’autres enseignants paniqués.»
Il se réjouit que la nouvelle procédure ait permis de normaliser la fin du cycle primaire, avec un meilleur équilibre entre les branches étudiées. Terminé le bachotage, avec pleins d’examens à blanc et des révisions sans fin. «Il n’y a pas photo à ce niveau. Cela va vraiment dans le sens de ce que demandaient les enseignants.» XS

 

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Trois ou quatre critères déterminants


La nouvelle procédure de préorientation (EP-CO) prend en compte les résultats du premier semestre de 8H. Les branches prises en compte sont la langue de scolarisation, la langue 2 et les maths. Ensemble, les sciences de la nature et celles de l’homme et de la société comptent aussi comme une note. Un total de 12 à 17,5 points sur 24 oriente l’élève vers une classe à exigences de base (EB), 18 à 21 points vers une générale (G), 21,5 points et plus vers une prégymnasiale (PG). Deux autres critères sont mis dans la balance: l’avis de l’enseignant et celui des parents et de l’élève.
Si les trois indicateurs désignent la même orientation, l’élève y est directement inscrit. Dans le cas contraire, il est soumis à une évaluation en maths (cent minutes) et dans la langue principale (cent quinze minutes). Les corrections sont effectuées par des enseignants de 5, 6 et 7H de l’école et les résultats sont communiqués aux parents par écrit.
Si le quatrième critère que constitue l’évaluation en confirme deux autres, le cas est réglé. Si c’est deux contre deux, le cas reste ouvert et est discuté lors d’une réunion entre l’enseignant, son responsable d’établissement et le directeur du CO concerné. La décision finale appartient à ce dernier. XS

Commentaires

Moi ma fille à été diagnostiquée dyslexique elle n a pas la moyenne pour aller où elle veut en g je ne sais pas si elle doit faire l'examen ou pas c'est une bosseuse et moi aussi c'est dure.
Lorsque l'enfant a un TDA qu'il a bossé pour réussir, qu'il a un QI de 120 et suivi par des spécialistes en Privé (non proposé par l'école), qu'il a en 7H changé 7 fois de profs (remplaçants) et à nouveau début 8H changement de maîtresse. Que ses résultats sont certes justes mais bourrés de fautes d'inattention lié a son trouble. Mon enfant a eut 17.5 points mais son enseignante psychorigide n'a rien voulue savoir dès le début de l'année l'avait déjà catalogue EB. Le pédopsy et le psychologue l'ergo sont tous unanymes, il va être sous stimulé en EB et va s'adapté au niveau.. Je suis révoltée, dégoutée de ce système. Directrice, maîtresse, on nous dit perméabilité, il pourra en cours d'année changer de niveau mais pourquoi ne pas faire confiance aux médecins aux parents et surtout à l'enfant qui est contre ce choix scolaire..Pourquoi ne pas le faire passer en G et éventuellement en EB si besoin.. Il y aura recours évidemment. C'est épuisant quand depuis des années on grimpe des sommets et qu'à l'arrivé on se heurte à un mur..
Je vous comprends.... Très très peu de parents se battent pour leur enfant d'où le plein pouvoir de ces maîtres, maîtresse et directrices... Battons-nous pour le bien de nos enfants. Ne les laissons pas faire ce qu'ils veulent! Nous sommes les premiers responsables du futur de nos enfants pas eux! Une maman révoltée!
C'est affreux ce qu ils font avec nos enfants. ...et en plus sur 15 élèves qui on passe cet examen PERSONNE n a réussi !!!!!

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