«Les gens se rendent compte que le fitness, c’est pour tous»

| jeu, 27. avr. 2017

Dans les salles d’entraînement de Bulle, les plus de 60 ans représentent jusqu’à 20% des abonnements. L’image du fitness a changé. De sport de force, il est devenu une activité de bien-être et de maintien. Le fitness est particulièrement adapté aux personnes fragilisées. Certains EMS s’équipent.

PAR XAVIER SCHALLER

Le Mont-Ventoux, le col du Galibier ou celui de la Madeleine. Sur son vélo de spinning, Francis-Raphael Muriset évoque ses souvenirs de cycliste. Même s’il ne fait pas ses bientôt 76 ans, il concède que «le vélo, c’est devenu plus difficile». Il se concentre donc sur le golf et, depuis cinq ans, sur le fitness, quand la météo est défavorable. Comme lui, de nombreux seniors fréquentent les salles d’entraînement.
Certains pratiquent depuis longtemps, d’autres y viennent sur le tard. «J’entends souvent: “Mon médecin m’a dit” ou “Je sens qu’il faut faire quelque chose”», constate Lucien Dénervaud, gérant adjoint de l’Activ Fitness à Bulle.


«Je commençais à rouiller»
C’est le cas de Max Bauer. Jeune retraité, il a commencé il y a trois ans. «J’avais arrêté toute activité sportive durant plusieurs années. Je commençais à rouiller, à prendre du poids. Je me suis inscrit au fitness et cela m’a redonné l’envie, aussi pour nager ou courir.»
En 2014, dans la dernière étude fédérale sur la pratique du sport, 10% des 60-74 ans étaient membres d’une salle de fitness. A Bulle, le Let’s Go Fitness annonce même 15% et l’Activ Fitness 20% – avec des doyens âgés, respectivement, de 79 et de 83 ans.
Marcel Terrapont n’a que 72 ans. Il vient à la salle depuis deux ans, principalement pour travailler sur les machines. «Je n’ai pas beaucoup de plaisir et d’enthousiasme. C’est vraiment pour me maintenir en forme.» Il suit scrupuleusement, deux fois par semaine, le programme que lui a proposé l’équipe du centre.
Médecin à la retraite, il n’a jamais beaucoup pratiqué de sport, marche mise à part. Pour lui, cela n’a pas été trop difficile de sauter le pas, car il estime que l’image de ces salles est en train de changer. «Les gens se rendent maintenant compte que le fitness, c’est pour tout le monde. Et, ici en tout cas, personne ne fait de la gonflette.»
Il est vrai que, dans l’esprit de beaucoup de gens, cette activité reste associée à la jeunesse et au culturisme. «Le fitness n’est plus basé sur la force, mais plus sur l’esthétique ou le bien-être», tempère Lucien Dénervaud. «La plupart des seniors ne recherchent plus la performance, note Laeticia Buscaglia, qui gère le Let’s Go Fitness des Trois-Trèfles, l’une des deux salles bulloises du groupe. Mobilité et équilibre les intéressent plus. L’idée est avant tout de prendre soin de soi.» Un peu de cardio, de la musculation en machine et du travail d’assouplissement et d’équilibre constituent le programme de base.


Sport le moins dangereux
Selon elle, quand les machines sont bien utilisées, elles guident l’exercice et évitent les faux mouvements (voir encadré). «Le fitness est l’une des activités sportives les moins dangereuses pour des personnes fragilisées. Encore mieux que la marche. Il y a un gros effort d’information à faire à ce niveau.»
Autres points importants pour les seniors qui débutent: des conseils et un certain confort. Les salles discount, bon marché mais sans encadrement, les séduisent généralement moins. La troisième enseigne bulloise, Discount Fit, annonce seulement entre 20 et 30 abonnés de plus de 60 ans.
Ce type de salles n’offrent d’autre part pas ou peu de cours collectifs, prisés par certains seniors. Madeleine Viviani, par exemple, fréquente uniquement la zumba et la gym douce, trois fois par semaine. «C’est aussi un excellent moyen d’intégration. Je viens de Berne et la moitié des personnes que je connais à Bulle, je les ai rencontrées ici.»
Ceux qui hésitent à venir évoquent souvent leur peur de s’exposer en public. «Mais ce n’est pas tellement une question d’âge. Je discutais avec une gamine de 18 ans, elle avait aussi peur du regard des autres et de faire faux.» Pour sa collègue de gym douce, la présence de jeunes dans les fitness est plus une stimulation qu’un frein. «C’est comme tout, quand il n’y a que des seniors, ce n’est pas tellement motivant.»


Une clientèle plus fidèle
La clientèle senior offre deux avantages spécifiques. D’abord, elle occupe les heures creuses. «Elle préfère souvent venir le matin ou en début d’après-midi, constate Laeticia Buscaglia. Les gens apprécient que les locaux soient plus calmes et que l’accès aux machines soit plus facile.» D’autre part, cette clientèle est généralement plus fidèle que les jeunes. Elle est pourtant rarement ciblée par la publicité.
Le groupe Let’s Go Fitness, basé à Lausanne, se charge de la promotion de l’ensemble de ses salles. «A ma connaissance, il n’y a pas d’annonces spécifiques pour les retraités. Même s’ils bénéficient de tarifs réduits.» Même son de cloche à l’Activ Fitness: «Les seniors sont inclus dans le matériel de promotion et bénéficient de réductions, mais ils ne sont pas directement ciblés», note Lucien Denervaud. Peur de passer pour un fitness de vieux? Bien sûr que non, répondent les deux gérants. ■

 

 

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