La banalisation des attentats

Commentaire

Terrorisme. La semaine dernière a été sanglante: 14 morts lundi à Saint-Pétersbourg, 4 vendredi à Stockholm, 44 dimanche à Tanta et à Alexandrie (Egypte). Les attentats s’enchaînent à un rythme effréné. Depuis quelques mois, on assiste à leur banalisation. Des actes qui ne sont plus planifiés d’en haut, mais laissés au bon vouloir de chaque sympathisant de l’Etat islamique, un requérant débouté pour le cas de Stockholm. Ainsi parlait, en septembre 2014, Abou Mohammed al-Adnani: «Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle, débrouillez-vous pour vous retrouver seul avec un infidèle français ou américain et fracassez-lui le crâne avec une pierre, tuez-le à coups de couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le d’une falaise, étranglez-le, empoisonnez-le.» Surnommé le «ministre des attentats», al-Adnani est mort, mais ses directives lui ont survécu. Banalisation, toujours, mais à un autre niveau: plus il y a d’attentats et moins l’opinion publique s’y attarde. Qui parle encore de Stockholm septante-deux heures après le drame? On peut évidemment s’attrister d’une telle éphémérité. Cette banalisation-là a cependant du bon: elle coupe l’herbe sous les pieds des djihadistes, dont le principal objectif n’est pas de tuer, mais de semer la terreur. Comme l’avait compris en 1985 Margaret Thatcher, «il faut priver les terroristes de l’oxygène de la publicité». Jérôme Gachet

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