La sécheresse guette déjà le pays

| sam, 08. avr. 2017

MétéoSuisse tire la sonnette d’alarme. Les précipitations ont été très rares en ce début d’année. Et la situation ne va pas se modifier dans les prochains jours. Pas de pluie avant une semaine et la floraison des plantes qui va accélérer le phénomène.

PAR SOPHIE MURITH

«La Suisse romande souffre pour l’instant d’un déficit hydrique important, lequel va encore s’accentuer durant toute la semaine à venir.» Sur son site internet, MétéoSuisse Après un printemps 2016 pluvieux, 2017 s’annonce bien sec.
Les hautes pressions et les rares courants d’ouest, venant de l’Atlantique et porteurs d’humidité, expliquent cette situation.
«Pour ce qui est de la région Gruyère-Préalpes, la situation est plus contrastée, explique Pierre Eckert, expert scientifique chez MeteoSuisse. Le mois de janvier était en effet bien au-dessous de la norme, mais le mois de février en était assez proche – plutôt humide en direction de Fribourg, plutôt sec en direction du Pays-d’Enhaut. Le mois de mars voit un signal opposé.» La région de Moléson tire son épingle du jeu depuis le début de l’année. «En général, les zones de montagne recueillent davantage de précipitations.
La station de Marsens a enregistré 37,6 mm de pluie au mois de janvier, quand sa moyenne se place à 84,1 mm pour cette période de l’année. En février, 95,6 mm ont été mesurés contre, en moyenne, 80, 4 mm et, en mars, 76 contre 86,6.
On est loin toutefois du minimum de janvier 1964, avec ses 10,6 mm. «Il faut tenir compte de la variabilité des précipitations d’un mois à l’autre. Il peut y avoir de grosses différences qui peuvent s’équilibrer tout au long de l’année», rassure Paul Eckert, qui conseille de rester prudent avant de brandir l’argument du réchauffement climatique.


En avril, tout s’accélère
Cependant, l’inquiétude est de rigueur. «Si l’on excepte quelques précipitations importantes dans les Alpes entre février et début mars, la persistance de situations anticycloniques depuis le mois de décembre fait craindre le pire en cette période de réveil de la végétation», relève MétéoSuisse sur son site.
«Si l’on excepte les Alpes orientales, les Alpes tessinoises occidentales et la région du Simplon, on constate que les précipitations tombées depuis début décembre correspondent en gros aux 50 à 70% de la norme, ce qui constitue des réserves nettement insuffisantes pour assurer une croissance optimale de la végétation.»
Et le mois d’avril marque le début d’une période de floraison quasi généralisée, laquelle suppose un besoin en eau grandissant de la part de la végétation. Parallèlement, l’allongement de la durée du jour et l’augmentation progressive des températures accroissent l’évapotranspiration des plantes.
La méthode dite de Primault, utilisée par MétéoSuisse, montre qu’actuellement l’évapotranspiration atteint environ 2 litres par mètre carré et par jour. Elle augmente aux environs de 5 à 6 litres par mètre carré à son maximum en juillet, et peut même atteindre 8 litres par mètre carré durant les périodes de canicule.
Afin de limiter l’évapotranspiration du sol, et ainsi limiter la sécheresse, MétéoSuisse propose quelques conseils. Notamment d’utiliser le paillage. «Evidemment cela n’est possible que sur des surfaces peu importantes comme des potagers par exemple.» Il est également conseillé d’éviter de tondre un gazon qui manque d’eau car cela le fragilise. Afin d’optimiser l’irrigation du sol, il faut préférer un arrosage long et lent, avec un jet peu puissant afin que l’eau pénètre en profondeur.


Pas de pluie en vue
Car, il va encore falloir tenir sur ces réserves durant plus d’une semaine. Selon Pierre Eckert, aucune précipitation digne de ce nom n’est attendue en Suisse romande avant le lundi de Pâques. Une bonne nouvelle pour les chasses aux œufs, un peu moins pour la réduction du déficit hydrique.
«Cette absence de précipitations est logique puisque la Suisse restera sur le flanc oriental de l’anticyclone centré sur l’Atlantique, dans un courant de nord-ouest favorable à des pluies plutôt en Autriche, éventuellement en Suisse orientale», indique toujours MétéoSuisse.
La semaine suivante, en revanche, autorise quelque espoir, dans la mesure, où la majorité des scénarios du modèle européen à moyenne échéance prévoient un effondrement de l’anticyclone atlantique pour faire place à un courant de nord-ouest cyclonique, voire à un courant d’ouest rectiligne, régimes tous deux favorables à des précipitations significatives en Suisse romande. ■

Commentaires

Ça va dégringoler cet été avec de forts orages, c'est à peu près sûr vu le déficit qu'on se traîne depuis carrément l'été dernier va bien arriver un moment où ça va se mettre à tomber en trombes.

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