Le peuple limite la démocratie

Commentaire

Turquie. En cette période de défiance envers les politiciens et le système, Recep Tayyip Erdogan a réussi un tour de force. Il s’est octroyé de nouveaux pouvoirs des mains de ce peuple qui va perdre quelques libertés fondamentales. Sans entrer dans le détail des 18 nouveaux articles de la Constitution acceptés dimanche, le Reis représentera dès 2019 l’Exécutif à lui tout seul et il aura la mainmise sur la justice. Une sombre journée pour cette démocratie qu’il avait, dans un premier temps, contribué à instaurer en Turquie. «Etrange que la démocratie serve à limiter la démocratie», a fait remarquer Lars Lokke Rasmussen, le Premier ministre danois. Mais Erdogan se fiche de ce qu’on dit de lui à l’étranger. Mieux: il s’honore des critiques dispensées par ces «donneurs de leçons» d’Européens, lui qui a fait campagne sur le nationalisme et le conservatisme. Il a ainsi pleinement tiré profit du putsch avorté de juillet, faisant arrêter plus de 40 000 personnes. Il ne s’est d’ailleurs pas arrêté en si bon chemin, annonçant le soir même de sa victoire le dépôt possible d’un référendum sur le retour de la peine de mort… Son succès est cependant loin d’être total. Le score, plus serré que prévu (51,4%), marque les divisions internes auxquelles il devra faire face. Et en se mettant à dos l’Union européenne, mais aussi les Etats-Unis, afin de jouer à fond la carte de la fierté nationale, il se privera du plein soutien de précieux alliés économiques. Même si, par les temps qui courent, le pragmatisme et le cynisme finissent toujours par reprendre le dessus... Jérôme Gachet

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