Le PS attaque l’ancien préfet Michel Chevalley

| sam, 22. avr. 2017

Après l’affaire Ridoré, aura-t-on droit à l’affaire Chevalley? Benoît Piller, président du PS fribourgeois, pointe du doigt l’ex-préfet veveysan et désormais député UDC pour «manquements dans sa gestion de sa préfecture». Ce dernier réfute en bloc.

PAR FRANCOIS PHARISA


«Un tiers du personnel en burnout.» - «La préfecture la moins performante du canton sur le plan des permis délivrés.» - «Le Conseil d’Etat ne devrait-il pas envisager une action en responsabilité contre l’ancien préfet de la Veveyse pour les manquements dont il a fait preuve dans la gestion de sa préfecture, comme cela avait été le cas avec l’ancien préfet UDC Rohrbasser à l’époque?»
Président du Parti socialiste fribourgeois, le député Benoît Piller (Avry-sur-Matran) n’y va pas de main morte. Dans une question posée mercredi au Gouvernement, de laquelle sont tirés les extraits cités ci-dessus, il s’inquiète donc de la gestion du personnel de la préfecture de la Veveyse et met en cause directement l’ancien préfet Michel Chevalley, désormais député UDC (Châtel-Saint-Denis), qui a quitté le château au 31 décembre dernier.
Benoît Piller estime en effet que «les longues absences, pour cause de burnout, ont nui à l’efficacité» de la préfecture, «quasiment la plus lente du canton». Il s’étonne en outre que, dans ce contexte, Michel Chevalley ait en plus eu «le temps de siéger au Conseil de la magistrature».


«Comme en Sarine»
S’agit-il là d’un règlement de comptes? Qui ferait suite aux tensions entre le préfet socialiste de la Sarine Carl-Alex Ridoré et le Conseil d’Etat, qui le menace d’ouvrir une enquête administrative, après une vague de départs successifs au sein de son administration (La Gruyère du 1er avril)? Joint hier, Benoît Piller ne s’en cache même pas. «Mon intervention fait suite à celle de Messieurs Didier Castella (plr, Pringy) et Gabriel Kolly (udc, Corbières).» Dans leur question, les deux députés suggéraient de mettre en place un audit parlementaire en cas de manquement important du préfet de la Sarine (La Gruyère du 6 avril).
Et Benoît Piller de s’interroger: «Pourquoi le Conseil d’Etat, en majorité de droite, s’attaque à la préfecture de la Sarine, alors que ces mêmes problèmes existent aussi ailleurs, comme en Veveyse?» Sans toutefois mentionner que la directrice des Institutions Marie Garnier, en première ligne dans ce dossier, est une élue Verte, alliée de la gauche.
Pour Benoît Piller, les difficultés rencontrées en Sarine et en Veveyse devraient être l’occasion de «revoir sérieusement les tâches des préfectures, surchargées, et leur dotation en personnel».


«Rien à me reprocher»
Qu’en dit le principal intéressé, Michel Chevalley? Mis au courant hier par la presse, le Châtelois est «atterré par ces allégations et supputations, de la pure politique politicienne». Par communiqué, son parti, l’UDC, qualifie la question du président socialiste «d’attaque aussi grossière que sournoise», une «tentative de détourner l’attention sur les dysfonctionnements de la préfecture socialiste de la Sarine».
Michel Chevalley assure être «serein» et n’avoir «rien à se reprocher». Oui, reconnaît-il, le «tiers du personnel», c’est-à-dire un membre de la préfecture, qui compte 3,5 EPT, a bien dû s’absenter pendant plusieurs mois, entre 2015 et 2016, pour cause de burnout. «Cette personne, le lieutenant de préfet, a repris par la suite son poste.» Ce dernier assume, jusqu’à la fin du mois et son départ à la retraite, la transition après l’engagement d’une nouvelle lieutenante de préfet. «Pendant ses deux absences, nous l’avons remplacé par des juristes», relève Michel Chevalley, certifiant qu’il n’y a pas eu d’autres problèmes avec le reste du personnel.
Quant à son engagement au sein du Conseil de la magistrature, le Veveysan le défend. «Oui, c’était un surcroît de travail, mais je l’ai toujours assumé et compensé. Je n’ai rien à me reprocher», répète-t-il. Pas plus qu’à propos de la prétendue lenteur de sa préfecture. «Bien sûr, nous avons rencontré des difficultés avec certains dossiers, qui ont pu prendre du retard. Mais c’est le cas dans toutes les préfectures.»
Mais ce qui le met en rogne, Michel Chevalley, ce sont surtout «les sous-entendus et insinuations de M. Piller» dans la demande faite au Conseil d’Etat d’entamer une action en responsabilité contre lui pour manquements dans la gestion de sa préfecture. «Une allégation calomnieuse et diffamatoire, s’énerve-t-il. Je me réserve le droit d’y donner suite juridiquement et me réjouis de lire la réponse du Conseil d’Etat.» ■

Commentaires

En 2015, M. Michel Chevalley n'a pas donné suite à la demande de protection que je lui ai demandée en tant que membre de la société de développement d'Attalens. En 2017, mon mari et moi-même assumons dramatiquement les manquements de la préfecture et n'arrivons pas à nous faire entendre car Michel Chevalley, attalensois de cœur, a en toutes circonstances soutenu la commune.

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