Un frigo antigaspillage qui doit faire sa place

mar, 30. mai. 2017

Une semaine après son inauguration, l’unique frigo à dons du canton de Fribourg doit encore être apprivoisé par les Romontois. Ce nouveau moyen de lutter contre le gaspillage alimentaire pourrait bientôt être approvisionné par les invendus des commerçants de la région.

PAR SOPHIE MURITH

Un frigo encore plein à la veille de partir en vacances? Une mauvaise gestion des stocks de la famille? Jeter ses aliments n’est plus une fatalité. A Romont, depuis le 20 mai, un réfrigérateur est à disposition, à la Maison verte, pour partager de la nourriture. Le collectif fribourgeois Buenaonda avait déjà mis en place la boîte à dons. Il est allé plus loin encore dans son envie de gestes citoyens avec un frigo à dons, ouvert à tous.
Pour que tous puissent ensuite se servir, il est donc possible de venir y déposer des légumes, des fruits, des produits emballés et même du pain, mais dans une boîte à part. «Ce choix permet de ne pas encourager la dépose d’aliments à risque, comme les pâtisseries à la crème ou la viande fraîche», explique André Meilland, responsable de la Maison verte. «Au pire, avec les aliments emballés, les dégâts restent à l’intérieur.»
Des règles ont été établies pour que tout se passe au mieux. Un contrôle du contenu est effectué deux fois par semaine. La nourriture abîmée est jetée. La température du réfrigérateur communautaire est aussi pointée. Il est lavé régulièrement, de l’eau et un chiffon sont d’ailleurs à disposition. La date d’arrivée de chaque aliment est notée. Néanmoins, la consommation des produits prélevés dans le frigo urbain reste de la responsabilité des utilisateurs.


La mayo peine à prendre
Pour l’heure, les débuts sont modestes. Une sauce à salade et une bière ont trouvé refuge dans le frigo. Le collectif Buenaonda prospecte auprès des commerçants de la région pour qu’ils y déposent leurs invendus. Une manière d’alimenter le frigo de façon plus régulière.
Et André Meilland reste optimiste. Notamment grâce à l’expérience de la boîte à dons qui, elle aussi, a mis un peu de temps avant de se faire adopter. «C’est normal. Les changements d’habitude demandent une période d’adaptation.»
Le choix de l’implantation romontoise, une petite ville somme toute, s’est fait davantage par opportunité, sur proposition de la Maison verte, que par choix. Le collectif Buenaonda cherchait, sans succès, à installer un frigo à Fribourg, depuis quelque temps déjà.
La mise en place n’a demandé aucune autorisation de la part du Service de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires. En revanche, au même titre que les artisans et les entreprises commercialisant des denrées alimentaires, le frigo urbain a dû être annoncé aux autorités sanitaires et doit respecter les exigences du droit alimentaire. «Le premier contrôle interviendra rapidement, puis cela dépendra de comment cela se passe», explique Claude Ramseier, chimis- te cantonal.


«Susciter la discussion»
A sa connaissance, le frigo à dons romontois est unique dans le canton. «Il est trop tôt pour connaître les véritables bénéficiaires: personnes dans le besoin ou qui souhaitent éviter le gaspillage par conviction», imagine toutefois André Meilland. Pour lui, le frigo a surtout le mérite de susciter la discussion. «Quand on voit l’incroyable quantité de nourriture jetée chaque année dans notre pays, ce n’est pas un frigo qui va tout changer.» En Suisse, un ménage de quatre personnes jette jusqu’à 100 kilos de nourriture par an et par habitant. Un gâchis qui a un prix, puisque, selon l’Office fédéral de l’agriculture, il serait possible d’économiser jusqu’à 2000 francs par an si on faisait plus attention. ■

 

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Comment éviter le gaspillage?

D’après les estimations de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, en Europe, le tiers des aliments produits pour la consommation humaine est perdu ou gaspillé. Si tous les acteurs de la chaîne alimentaire sont responsables, de l’agriculture à la distribution, les consommateurs ont pris de mauvaises habitudes. Les services de la Confédération encouragent tout un chacun à endiguer le phénomène en étant plus responsable. Dès les courses. Il est donc conseillé de davantage réfléchir avant d’acheter et de faire une liste de ses besoins avant de partir en commissions. En consultant les emballages, il est possible d’obtenir des informations utiles pour conserver au mieux les aliments. Attention à ne pas confondre date de durabilité minimale («à consommer de préférence avant fin»), qui indique que les aliments peuvent être consommés même après cette date, et date limite de consommation («à consommer jusqu’au»), qui ne doivent plus être consommées après cette date. Si on a eu les yeux plus gros que le ventre, les restes peuvent être accommodés avec un peu d’imagination. Le pain rassis peut, par exemple, se toaster et les légumes flétris retrouvent leur fraîcheur une fois plongés dans l’eau. Sans oublier que, même avec la peau brune, une banane peut être consommée. SM

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