Des familles pour accueillir les jeunes migrants le week-end

| mar, 20. juin. 2017

Ils arrivent seuls, sans parents, et sont placés dans des foyers. L’association Osons l’accueil leur propose de passer le samedi ou le dimanche dans une famille. A terme, ces jeunes pourraient y être hébergés sur une longue durée. Pas contre, le canton y réfléchit.

PAR JEROME GACHET

Les familles fribourgeoises pourront-elles bientôt accueillir des mineurs non accompagnés? A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, aujourd’hui, l’association Osons l’accueil lance le débat à travers un communiqué.
«C’est possible dans d’autres cantons, comme à Neuchâtel. Pourquoi est-ce que ça ne l’est pas ici?» interroge Bernard Huwiler, un des responsables d’Osons l’accueil.
Certes, comme pour les adultes, les demandes d’asile sont actuellement en chute libre pour les mineurs. Avec sept requêtes depuis le début de l’année, on est très loin du pic de 2015 (95) ou même de 2016 (64). N’empêche qu’une centaine de ces jeunes non accompagnés se trouvent actuellement sur le territoire cantonal: près de 80 sous la responsabilité d’ORS, une société privée mandatée par le canton, et une douzaine sous celle de Caritas. Ils viennent principalement d’Afghanistan, d’Erythrée et de Somalie.
Seize de ces jeunes se trouvent à Broc, au foyer des Passereaux. Ils ont entre 16 et 18 ans, un seul n’étant âgé que de 15 ans, précise Stéphane Buchs, directeur des Passereaux pour le compte d’ORS.


Le dossier sur la table
Lui-même trouve l’idée d’Osons l’accueil pertinente. «A la condition que la sélection des familles soit effectuée correctement», reprend-il. La Direction de la santé et des affaires sociales (DSAS) n’est pas non plus opposée au projet. Le dossier est d’ailleurs sur la table. «Il s’agit d’un concept global de prise en charge des mineurs non accompagnés, dont un volet comprend la possibilité de les intégrer dans des familles d’accueil», précise Claudia Lauper, secrétaire générale adjointe à la DSAS. Elle n’en dira pas davantage, le projet devant être soumis prochainement au Conseil d’Etat.
Pour certains observateurs, la présence aujourd’hui de jeunes aux côtés d’adultes dans les centres pose problème. Claudia Lauper n’est pas de cet avis: «Il y a quelques mois, ils étaient réunis dans un même endroit, aux Remparts à Fribourg. Les placer dans d’autres foyers leur a offert une meilleure socialisation puisqu’ils se retrouvaient avec d’autres compatriotes et avec des familles.» La décision avait d’ailleurs été prise par tous les acteurs.
Aux Passereaux, Stéphane Buchs y voit aussi plus de positif que de négatif: «Une famille leur donne un cadre, des règles de vie. Le plus souvent, cela se passe très bien. Il y a parfois des incidents, mais sans gravité. Il ne faut pas oublier que ce sont des jeunes…»
L’accueil dans des familles pourrait sans doute élargir les possibilités offertes aux jeunes migrants non accompagnés et accélérer leur intégration. En attendant que la situation se décante, Osons l’accueil propose un accueil plus léger durant le week-end.


Critères à remplir
«Une famille peut s’occuper d’un jeune le samedi ou le dimanche. En principe, il ne dort pas sur place, sauf si le bon sens l’exige», explique Bernard Huwiler. Conditions requises: un entretien avec le Service de la jeunesse, un certificat médical et l’extrait du casier judiciaire.
Autre option encouragée par Osons l’accueil, l’organisation d’activités en groupe, également le week-end ou pendant les vacances. Une manière de divertir des jeunes qui, avec 13 francs par jour pour la nourriture, les habits et l’argent de poche, sont limités dans leurs possibilités. Depuis un mois et demi, des visites de la Maison Cailler ou des compétitions sportives ont rencontré un succès certain. Comme l’explique Bernard Huwiler, l’association propose un encadrement et joue les entremetteurs avec les différents organes responsables. Elle travaille également de concert avec d’autres associations.
Du lundi au vendredi, en revanche, les jeunes sont tenus de suivre des cours de français. Ils peuvent aussi participer à un programme d’occupation ou même se lancer dans un apprentissage. C’est le cas de deux jeunes en séjour à Broc. «Et bientôt trois», se réjouit Stéphane Buchs qui espère qu’ils feront des émules. ■
 

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