Les Fribourgeois investissent pour mieux chauffer ou isoler

mar, 27. juin. 2017

Le programme bâtiments du canton, lancé début 2017, remporte un franc succès. Les propriétaires, qui peuvent récupérer jusqu’à 40% de leur investissement, sont nombreux à prévoir des travaux pour réduire leur facture énergétique.

DOMINIQUE MEYLAN

Environnement. Il existe peu de domaines où l’Etat se félicite de dépenser de l’argent. Le programme bâtiments fait figure d’exception. Le canton incite les propriétaires d’une maison ou d’un immeuble à rénover pour réduire leur consommation d’énergie avec d’importantes subventions à la clef. En tenant compte des avantages fiscaux, les investissements sont soutenus jusqu’à hauteur de 40% (La Gruyère du 25 mars 2017).

Lancé au début 2017, le programme remporte un franc succès. Initialement, trois séances d’information étaient prévues pour renseigner environ 600 propriétaires. «Nous avons été complètement submergés par les inscriptions», a rapporté Serge Boschung, chef du Service de l’énergie, hier en conférence de presse. Le canton a donc multiplié les soirées, touchant au final quelque 2500 propriétaires.

Hausse des requêtes
De nombreuses personnes semblent avoir été convaincues, puisque les requêtes pour intégrer ce programme bâtiments ont fortement augmenté depuis le début de l’année. Le canton a déjà enregistré 524 dossiers et plus de 170 sont en attente. «Le rythme de croisière n’est pas encore atteint», estime Serge Boschung.
Quelque 7,5 millions de francs ont déjà été promis et quelque 2 millions devraient être attribués aux dossiers en attente. Cela représente plus des deux tiers des 14 millions alloués pour toute l’année 2017. «Nos résultats sont meilleurs que prévu», se félicite Serge Boschung, pas du tout effrayé à l’idée d’augmenter l’enveloppe.

Ces chiffres le confirment, ce nouveau programme va au-delà de l’effet d’aubaine. Il ne profite pas seulement aux propriétaires obligés de lancer des travaux, mais il a un véritable effet incitatif, selon les responsables cantonaux. Les particuliers font le pas, avec la perspective de récupérer une part de leur investissement et de réduire leurs charges d’exploitation.

L’argent est là
«Pour l’instant, nous ne sommes pas limités dans les possibilités de subventionnement», relate Serge Boschung. Le canton ne finance pas seul ce programme. Sur les 14 millions prévus, la Confédération offre 10 mio, Fribourg a inscrit 2 mio à son budget, alors que Groupe E alimente un fonds à raison de 3,4 mio par année. L’Etat dispose par ailleurs de certaines réserves.

La nouvelle stratégie énergétique, acceptée en votation le 21 mai, va encore augmenter cette manne. Le montant à disposition des cantons va passer de 300 à 450 millions. La Confédération offrira les deux tiers de chaque franc investi. «Les moyens sont considérables», commente le directeur de l’Economie et de l’emploi, Olivier Curty.
Pour convaincre de nouveaux propriétaires, le canton prévoit de consolider son programme. Un plan de communication, élaboré en collaboration avec les communes, doit être mis en place cet automne. De nouvelles soirées d’informations seront organisées.

L’Etat va renforcer la for-mation des spécialistes, afin qu’ils puissent renseigner leurs clients sur le programme bâtiments. Il planche également sur un outil informati-que, qui permettra aux propriétaires de comparer le coût des différents systèmes de chauffage en tenant compte de l’ensemble des paramètres.

Intérêt encore insuffisant
Ces efforts visent un seul but: réduire la dépendance aux énergies fossiles et favoriser le renouvelable. Fribourg compte 40 000 bâtiments de plus de vingt ans, dont l’isolation est à refaire ou le chauffage à changer. Or, moins de 1% des propriétaires font les démarches chaque année. «C’est clairement insuffisant», estime Olivier Curty. La stratégie énergétique mise sur une rénovation complète de 30% du parc immobilier d’ici 2030.

 

Le canton calcule pour vous
Pour les propriétaires, un changement de chauffage ou des travaux sur l’isolation sont bénéfiques, les responsables cantonaux en sont persuadés. Si une famille avec deux enfants, installée dans une villa de 200 m2 bâtie en 1970, remplace sa chaudière à mazout par une pompe à chaleur air/eau, il lui en coûtera 22 000 francs. L’investissement initial s’élève à 35 000 francs, mais il faut retrancher 6000 francs de subvention et 7000 francs de déduction fiscale. Toujours plus cher qu’une chaudière à mazout? Si l’on tient compte des charges d’exploitation, bien moins élevées, le propriétaire aura un retour sur investissement dans les deux à trois ans, estime Serge Boschung, chef du Service de l’énergie.
Un cas réel a également été présenté en conférence de presse. Pour un immeuble situé à Fribourg construit sans isolation, les coûts de rénovation se sont élevés à 200 000 francs. Les subventions offertes par le programme bâtiments atteignent 56 000 francs, sans compter les déductions fiscales. Ces travaux ont également permis d’aménager de nouveaux appartements dans les combles, sources de revenu pour le propriétaire. «Nous ne nous situons pas loin des 50% de gain», estime Fabrice Macherel du cabinet Lutz, qui a dirigé les travaux. DM

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