Les jeunes partagent leur bénef, les sponsors apprécient

| jeu, 22. juin. 2017

Chaque début d’été, la Rencontre des jeunesses gruériennes donne lieu à une fête gigantesque qui réunit plus de 20 000 personnes. Avec une telle affluence, le bénéfice dégagé se situe entre 150 000 et 200 000 francs. Presque gênant quand il faut chercher des soutiens pour lancer la manifestation.

PAR SOPHIE ROULIN

Une place de jeux à faire pâlir d’envie certaines émissions télévisées, une tonnelle immense, une cantine qui ne désemplit pas… Les Rencontres des jeunesses gruériennes restent l’événement majeur du début de l’été et la plus grande manifestation organisée dans le district, réunissant plus de 20 000 personnes. Pour l’organiser, la société hôte doit réunir un budget en conséquence, entre 700 000 francs et 900 000 francs ces dernières éditions. A la clé, un résultat positif important, lui aussi – entre 150 000 fr. et 200 000 fr. – à moins d’une mauvaise surprise. Pour ne pas refroidir les sponsors, les jeunes annoncent désormais noir sur blanc qu’ils partageront le bénéfice.
«A Riaz, les deux tiers du montant seront redistribués, indique Yvan Rochat, président du comité d’organisation de la fête, qui se tiendra la semaine prochaine. Cela a été décidé à la mise en place du comité et nous l’avons signifié par écrit dans notre dossier de recherche de sponsoring.» Si la Société de jeunesse est au cœur de l’organisation, elle n’est pas seule à s’impliquer. Le comité d’organisation est généralement composé de personnalités expérimentées et plus âgées. «Et tout le village ou presque contribue, ajoute Yvan Rochat. Il nous semblait juste que tout ne revienne pas à la Jeunesse.»


Inscrit dans le dossier
De longue date, les différentes sociétés organisatrices ont généreusement soutenu des projets, des institutions ou des associations de leur village. De voir ce principe énoncé bien avant la fête et inscrit noir sur blanc est un phénomène plus récent. «Ça nous a aidés dans notre recherche de financement», ajoute le président de Riaz.
Ce que ne contredit pas Baptiste Morand, qui s’est occupé du sponsoring de la Rencontre des jeunesses à Enney, en 2015, et des joutes hivernales organisées par La Tour-de-Trême, en février dernier: «Que cela apparaisse dans le dossier de sponsoring me paraît primordial pour trouver les soutiens nécessaires. Sinon les gens pensent que tout va aller pour un voyage à Cancún…» Les sociétés de jeunesse n’ont effectivement pas de charges importantes telles que le salaire d’un entraîneur sportif ou d’un directeur de musique, ni de costumes ou d’instruments à payer.
Chercher des soutiens pour une société de jeunesse est-il plus difficile que pour une société de musique, par exemple? «Honnêtement, je n’ai pas vu de différence», répond pour sa part Jean-Marc Piguet, syndic de Sâles, qui a présidé l’organisation de la Fête du giron des musiques en 2014 et qui s’est occupé des finances de la Rencontre des jeunesses en 2016. «Les entreprises ont des politiques différentes envers les demandes de sponsoring, mais ce n’est pas lié à la musique ou à la jeunesse.»
Même son de cloche à Gruyères, qui avait organisé la 27e édition de la manifestation, en 2011: «Les entreprises sont très sollicitées et elles définissent des stratégies, indique Didier Castella, qui assurait alors la présidence de l’organisation. Je n’ai pas souvenir qu’on ait essuyé de refus parce que c’était pour la jeunesse.»


Plus facile que le cash
Une partie du budget est couverte par des dons de bois, de copeaux, d’heures de machines, de transports de camion, de mise à disposition de bennes, etc. «On ne parle pas forcément de cash, ajoute Didier Castella. Cette part-là est plus facile à aller chercher.»
En revanche, la multiplication des manifestations dans la région a une incidence: «Avec le Tour de Romandie ce printemps, le Comptoir gruérien cet automne, le Glucose festival et le tournoi Dousse-Morel dans le village, ça nous a un peu compliqué la tâche», relève Yvan Rochat.
En Gruyère, les résultats des joutes désignent l’organisatrice de la prochaine édition. Et chaque société repart de zéro au niveau des finances (lire aussi encadré). Il faut donc trouver de quoi financer certaines infrastructures bien avant la manifestation. «La cantine et l’électricité sont indispensables et ont un coût important, note Yvan Rochat. Même si certains aimeraient voir les chiffres diminuer, il est difficile de faire avec moins. Chaque année, les exigences et les charges en matière de sécurité augmentent.» A Riaz, elles représenteront 10% d’un budget qui s’élève à 840 000 francs. ■

 

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