«Les joueurs ne doivent pas être pris pour des vaches à lait»

| jeu, 10. aoû. 2017

Après Ecuvillens, les Brocois Francis et Isabelle Horner reprennent en main l’organisation des lotos à Broc, en perte de vitesse. Pour convaincre, ils se veulent des organisateurs plus proches des joueurs et se revendiquent comme les moins chers pour les sociétés. Parmi leurs confrères, certains critiquent la méthode.

PAR FRANCOIS PHARISA

Les premiers joueurs se pressent déjà. Ils ont deux heures d’avance. Rien que ça. Pour humer l’atmosphère, pour choisir leur place, pour s’assurer de trouver leur numéro fétiche. Des détails qui comptent. Faire autrement? Pensez donc. Ce mercredi soir, c’est soir de loto, à l’Auberge communale d’Ecuvillens. On couvre pour l’association caritative genevoise Toit pour tous et le monde est au rendez-vous. La salle est pleine.
C’est qu’ici, le loto, eh bien, «c’est plus qu’un loto», à en croire ses participants fidèles. «Il y a une ambiance familiale, plus humaine qu’ailleurs, les organisateurs ne se montrent pas indifférents à notre égard», avance une habituée, la soixantaine, venue spécialement de Rosé, qui sort de son sac une boîte de jetons magnétiques. Accessoires indispensables.
 

«Faire bouger les choses»
Des organisateurs plus proches des joueurs: ces louanges s’adressent à Francis et Isabelle Horner. Il y a un an, ce couple de Brocois a relancé les lotos à Ecuvillens, qui n’en accueillait plus depuis plusieurs années. Il y en a désormais jusqu’à trois par semaine.
Fort de leur succès, ils viennent de reprendre en main l’organisation des lotos à l’Hôtel de Ville, à Broc. Un petit bouleversement dans le milieu, puisque la gestion des lotos brocois était confiée à Denis Gauch, également maître de cérémonie à Bulle et à Riaz, depuis dix-sept ans.
Dans leur entreprise, Francis et Isabelle Horner se sont associés à Gill Jasbir, tenancier de l’Hôtel de Ville. «J’ai fait appel à eux, parce que je voulais faire bouger les choses, donner une nouvelle dynamique. La salle ne faisait plus le plein», justifie Gill Jasbir, qui espère pouvoir à nouveau attirer «350 personnes».
 

C’est cadeau
Comme à Ecuvillens, Francis et Isabelle Horner assurent vouloir faire à Broc «les choses différemment». Ce qui ne manque pas d’attiser certaines critiques. «Les joueurs ne doivent pas se sentir considérés comme des vaches à lait, ce qui est trop souvent le cas. Alors, nous essayons de les choyer au maximum», expliquent-ils.
Sur les tables, une armée de petits cochons, des trèfles à quatre feuilles, même des pattes de lapin. Mais aussi des corbeilles de fruits, des plateaux de gâteaux, des boîtes de bonbons. Des cadeaux de la maison. De quoi ravir les amateurs. «Ce n’est pas grand-chose, mais les gens apprécient le geste.»
Francis Horner tient à boire un verre ou à fumer une cigarette avec des joueurs avant et après le loto, à se montrer disponible. Il en est persuadé, l’aspect social du loto est trop souvent négligé. «Les gens viennent d’abord pour sortir, pour papoter, pour passer un bon moment, avant de retourner à leur quotidien. Le jeu sert de prétexte et gagner n’est qu’un bonus», considère ce chauffeur de métier, qui tient une page Facebook dédiée à ses lotos. Parce qu’il n’y a pas que les papis et mamies qui couvrent. «Vous seriez étonnés du nombre de jeunes présents.»
 

Un seul crieur facturé
Soigner la relation avec les joueurs, sans oublier le lien avec les sociétés. Elles qui sont de plus en plus nombreuses à arrêter les lotos, déçues par des bénéfices trop maigres par rapport à l’engagement consenti par ses bénévoles. Des gains grignotés par des organisateurs parfois trop gourmands. Francis Horner l’a bien compris. Il se revendique comme l’organisateur «le moins cher de la région».
«Je facture le minimum: 150 francs pour le jeu de loto comprenant un système de contrôle électronique, 100 francs pour un crieur, bien qu’il y en ait deux chaque soir, ainsi que le montant nécessaire aux annonces dans les journaux, quand d’autres réclament pas loin de 1000 francs.» Sur le bénéfice dégagé par la vente des abonnements et volantes, il certifie ne rien toucher. «Il faut redonner confiance dans le loto aux sociétés.» ■

 

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Bisbille entre organisateurs

Réactions. Fruits et gâteaux offerts pour les joueurs, tarifs avantageux pour les sociétés: Francis et Isabelle Horner ont leur façon de concevoir l’organisation des lotos. Mais leur singularité tient aussi dans leur système de rémunération. Pour se dégager une marge, ils se réservent le bénéfice de deux séries spéciales, qu’ils rajoutent systématiquement à leurs lotos. Ce montant, variable, n’est pas connu à l’avance et ne peut donc pas être annoncé avec précision à la préfecture, l’autorité qui délivre aux sociétés les autorisations pour les lotos. Or, sur ce point, la Loi cantonale sur les loteries (2000) indique que «le montant de la rétribution allouée à un organisateur tiers» doit figurer dans la demande d’autorisation.
L’organisateur de loto Denis Gauch fustige cette pratique. «Ce n’est pas normal de se réserver, comme ils le font, le bénéfice de séries spéciales. Je considère cette façon de faire comme une irrégularité et je l’ai dénoncée auprès de la préfecture de la Sarine il y a un an déjà, mais celle-ci n’a pour le moment pas réagi», s’agace celui qui gère les lotos de Bulle et de Riaz depuis plus de deux décennies. Et qui animait ceux de Broc jusqu’à ce que Francis Horner lui succède.
Dans leur demande, devant être soumise trente jours avant la tenue du loto, les sociétés inscrivent les honoraires perçus par l’organisateur. «C’est pourquoi il existe des conventions, reprend Denis Gauch. J’en présente une aux sociétés, précisant les modalités et les tarifs. Tout est connu à l’avance, y compris la part me revenant. C’est transparent.»
Robert Schick, président de l’Union des sociétés d’Attalens et maître de cérémonie de 43 lotos annuels, estime, lui, que se réserver le bénéfice de séries spéciales est «illégal». «Parce que personne ne saura ce que gagne au final l’organisateur et donc combien il devrait déclarer comme revenu», explique-t-il, précisant qu’il ne se réfère ici à aucun organisateur en particulier.
Contactée, la préfecture de la Sarine n’a pas souhaité répondre aux questions. Du côté de la préfecture de la Gruyère, on précise que «le dossier de la nouvelle équipe d’organisateurs des lotos à Broc sera examiné sitôt les relâches estivales terminées». Les autorisations pour les premiers lotos brocois, jeudi dernier et ce soir, ont en tout cas bel et bien été délivrées.
 

«Ces séries couvrent mes frais»
Francis Horner s’étonne de ces critiques et s’estime dans son bon droit. Il s’explique, se voulant lui aussi transparent: «Ces deux séries couvrent mes frais, soit les corbeilles de fruits, le matériel, le second crieur, les 600 francs de lots mis en jeu à cette occasion, ainsi que le jackpot (qui tombe s’il y a un carton avant le 40e numéro crié et qui augmente de 100 francs à chaque loto). A la fin, je ne repars qu’avec 300 francs quand tout va bien. La société engrange, elle, un bénéfice de 2000 à 2500 francs en moyenne. Et en cas de perte, j’en assume l’intégralité.» FP

 

Commentaires

Le loto de hier soir à Broc a démontré que la concurrence est bonne. L'accueil, l'organisation... laissons à cette famille la possibilité d'ouvrir d'autres lotos dans une ambiance chaleureuse.
Je tiens à remercier toutes les personnes venues nombreuses ce soir pour le loto de broc, au nom de moi, ma femme et de Gil jasbir et de ELFIC Fribourg. Un tout grand merci qui vient droit du fond du cœur. Merci à tous, vous êtes génial
Moi je dis bravo à la famille Horner. M.Gauch n'est qu'un jaloux. Au lieu de critiquer il ferait mieux d'être un peu plus sympathique. Et quand on entend que ces lotos sont magouillés... Qu'il balaie devant sa porte avant

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