Le cor des Alpes, «il faut en jouer comme si on chantait»

| mar, 22. aoû. 2017

Une centaine d’amateurs sont venus soufflés dans leur cor des Alpes samedi à Sâles, à l’occasion du deuxième festival organisé par l’Echo du tunnel. Parmi eux, une figure de la discipline, Robert Scotton, compositeur reconnu et lauréat de nombreux prix.

Par François Pharisa

«On croise beaucoup de personnes qu’on ne rencontre pas dans les concours, qui viennent jouer pour le plaisir, sans la pression du jury. Et qui ont malgré tout un très bon niveau. Cette fête a un bel avenir.» Le compliment a de quoi flatter les organisateurs du Festival de cors des Alpes, dont la 2e édition s’est tenue samedi à Sâles. Il est de Robert Scotton, directeur de l’Académie du cor des Alpes à Montreux et figure incontournable de sa discipline, venu en Gruyère avec son groupe, Les Sonneurs de Savoye (sic).

L’une des seize formations à s’être succédé sur le site de la menuiserie Luc Oberson, «devant une très grosse affluence», avance Claude Castella, président de l’Echo du tunnel, la société organisatrice, préférant ne pas se risquer à donner un chiffre. «Nous avons eu du monde toute la journée. C’était magnifique!»

A l’unisson
Moments forts de la journée, les morceaux d’ensemble, à midi et à 20 h, ont réuni plus d’une centaine de souffleurs. Soit une quarantaine de plus que lors de la précédente édition. Pour expliquer cet engouement, Claude Castella avance les bons résultats décrochés par son groupe au Festival international de Nendaz, référence du genre, et «la solidarité qui règne au sein de la petite famille du cor des Alpes».

Les yodleurs, chanteurs, joueurs de schwytzoise, sonneurs de cloches, lutteurs et même claqueurs de fouet étaient également de la partie. Comme lors de toute fête folklorique qui se respecte.

Nouveauté cette année, quatre groupes sont allés faire résonner leurs cors des Alpes au Foyer St-Joseph pour ses résidents. «Cela a été très apprécié», relève Nicolas Salin, qui s’y est rendu avec ses acolytes du quatuor Pramotta, de Villaz-Saint-Pierre. Ancien baryton dans la fanfare locale et chanteur pour le Chœur des artilleurs de la Glâne, il s’est mis au cor des Alpes il y a cinq ans. «Un ami m’en avait prêté un et j’ai commencé à m’exercer dans le garage», sourit le Glânois de 61 ans, qui marie bredzon et lunettes de soleil. Il lui a fallu «une bonne année environ pour bien se débrouiller. Mon passé de musicien et de chanteur m’a facilité la tâche», estime-t-il.

Instrument «à la mode»
Comme Nicolas Salin, ils sont nombreux à avoir commencé le cor des Alpes ces dernières années. «De nombreux retraités notamment, commente Robert Scotton, sous son grand chapeau savoyard. Le cor des Alpes a le vent en poupe, il bénéficie sans doute du renouveau du folklore.»

Samedi, l’Annécien de 58 ans a offert une partition de sa composition à tous les groupes participants. «En souvenir de cette belle 2e édi-tion.» Des pièces, il en a composé «plus d’une centaine». «J’ose dire que j’ai fait progresser le répertoire, longtemps limité, du cor des Alpes, en ayant amené une certaine ouverture, en ayant mêlé différentes tonalités.»

Robert Scotton est intarissable sur les possibilités musicales qu’offre ce long tube en bois couleur miel, un peu encombrant. «On peut faire de la grande musique. Il faut en jouer comme si vous chantiez, que l’instrument soit le prolongement de votre corps.»

La 3e édition du festival devrait avoir lieu dans trois ans. «En août 2019, il y aura déjà la Fête des vignerons», justifie Claude Castella.

 

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