Devant une incroyable affluence

sam, 09. sep. 2017

Les pilotes de la Coupe Gordon Bennett ne pouvaient guère rêver meilleures conditions pour le départ, malgré le mauvais temps qui les suit.

Epagny. Trente montgolfières dans le ciel de la Gruyère ont marqué, tôt hier matin, l’ouverture de la Coupe Gordon Bennett, la Coupe du monde des ballons à gaz. Sur le site d’Epagny, les équipes au sol ont installé le matériel et déroulé les enveloppes dès 9 heures.
Le gonflage des premiers aérostats démarre une heure plus tard, juste après le passage d’un Mirage. Avec un mugissement, l’hydrogène remplit les tuyaux, semblables à ceux des pompiers.
Différents cas de figure pour cette opération. Les ballons à filet forment une galette dans leur prison de mailles, qui s’arrondit lentement. Pour les ballons à ralingues, l’enveloppe est séparée en deux, de façon à ce que l’hydrogène s’accumule d’abord dans le bas – deux techniques pour retenir le gaz: avec une corde qui serre l’en-veloppe ou avec des personnes assises dessus.
Le gaz est ensuite libéré d’un coup et l’enveloppe se dresse. C’est l’instant critique, car si les cordes ne sont pas bien alignées et se coincent, le ballon peut se déchirer. La manœuvre soulève un «waouh» unanime dans les rangs des enfants qui regardent derrière la barrière de sécurité. Une classe de 8H de Gruyères, accompagnée par Frédéric Schafer. «Je trouve génial d’avoir associé les enfants à tout ça.»
Jeudi soir, certains de ses élèves portaient les drapeaux nationaux des équipages, lors de la cérémonie d’ouverture à Gruyères. «Ils ont pu parler avec tous les pilotes. Même les Américains et les Lituaniens, avec les quelques mots d’anglais qu’ils ont déjà appris.»
«Regardez, c’est Laurent Tièche», s’écrie l’un des élèves. Et de tendre sa casquette à... Nicolas Tièche pour une dédicace.
Le gonflage continue jusqu’à ce que tous les aérostats atteignent leur belle forme ronde. «Tout le monde gonfle à fond, mais c’est juste pour cacher la stratégie, note Patrick Henchoz, du team Fribourg Challenge. Quand on monte rapi-dement, comme ce sera sans doute le cas ce soir, on perd tellement d’hydrogène que ça ne change rien au final.» Le bas des enveloppes reste en effet ouvert. «L’hydrogène doit pouvoir sortir. Sinon, avec le changement de pression lors de l’ascension, l’enveloppe se déchirerait.»


Plus de 500 élèves
Le matin, le site de la fête appartenait aux enfants et aux journalistes. Quelque 250 écoliers des environs étaient invités. Avec ses élèves de 3H d’Epagny, Alexandra Streich visite un camion de pompiers venu exprès de l’aéroport. «Avec ma classe, nous avons confectionné les avions qui sont suspendus dans la cantine. Pour nous remercier, les organisateurs nous ont préparé un programme durant toute la journée.»
Une quinzaine d’activités sont prévues et chaque classe va participer à sept. Présentation de modèles réduits, bricolages avec le Centranim, balançoire de bénichon et même vol captif en montgolfière pour les plus chanceux. De grandes tables les attendent aussi pour le pique-nique. L’après-midi, les enfants seront rejoints par d’autres, au moins aussi nombreux, venant de tout le canton.
De nombreux journalistes et photographes sont également présents. «Nous avons distribué une centaine d’accréditations pour environ quarante-cinq médias, note Iris Mende, des médias. La Télé est venue en masse, avec deux camionnettes, pour diffuser le départ en direct.
«Les trois télévisions nationales sont également présentes, ainsi que de nombreuses agences de presse, suisses et étrangères», se réjouit Philippe Crausaz, responsable de la communication. Selon lui, la Coupe Gordon Bennett offre une extraordinaire visibilité à la région et au canton.
Keystone est venu avec son drone. CNN et la BBC sont aussi de la partie. «Lorsque les ballons seront partis, il y aura surtout le live tracking à montrer pour suivre la course, note Serge Collaud, directeur du projet Gordon Bennett 2017. Ce sont donc des images de la région qui vont tourner en boucle pour illustrer les sujets.»
Il est vrai que, soit dit sans chauvinisme aucun, le château de Gruyères est magnifique dans la lumière du matin. Ce ne sont pas les deux journali∂stes du magazine L’Equipe, qui diront le contraire. «Magnifique ce tour en hélicoptère. La lumière pour les photos était super, exceptionnelle.»
Ils sont maintenant attendus pour interviewer les équipages français. «Pour illustrer notre sujet, nous ne voulions pas seulement des images de ballons, mais aussi des montagnes.» Les organisateurs ont fait le maximum pour offrir des images de cartes postales, en organisant, malgré les difficultés que cela représente au niveau du trafic aérien, un départ de jour.

De plus en plus dense
Vers 11 h, les enfants et les journalistes sont rejoints par les 900 participants de la bénichon des entreprises. Puis par un public de plus en plus nombreux. A 14 h, les premiers parkings sont pleins et les curieux arrivent en flux de plus en plus dense. Les voitures sont dirigées vers Broc où les attendent des navettes.
A 15 h, les pilotes fribourgeois sont, eux, à la sieste. La journée est longue et les premières heures de course seront cruciales. Ils ne pourront dormir que bien plus tard. «Nous avons un rythme de 4 heures de sommeil: une fois trois heures et deux fois une demi-heure», avait expliqué Laurent Sciboz le matin même. A tour de rôle évidemment. La nacelle de 1 mètre carré n’offre qu’une couchette, avec une trappe pour mettre les pieds à l’extérieur.
Dans l’aire de décollage, à 16 h 30, tous les ballons sont prêts et balancent dans le vent. L’un d’eux, nommé Ajoie, arbore les couleurs de l’Australie. Il leur a été prêté par Laurent Sciboz et Nicolas Tièche. «Pour limiter les frais, certains équipages louent ou empruntent le matériel, explique Patrick Henchoz. Nicolas a participé à trois Gordon Bennett avec celui-ci. C’est encore un bon ballon.»
A 18 h 15, alors que le PC-7 Team ouvre la cérémonie officielle, des bouchons sont annoncés jusqu’au restauroute de la Gruyère. Les fifres et tambours des Grenadiers fribourgeoises remplacent les animations musicales qui ont ponctué la journée – et qui continueront tout le week-end avec les démonstrations aéronautiques. Les chevaux du Cadre Noir fendent difficilement la foule. Dans l’espace VIP, les équipages sont présentés au public. Les passagers des voitures qui arrivent toujours, au pas, vont rater le discour, en anglais, de l’aérostier Brian Jones.
Enfin, 19 h 30 pile, le ballon anglais décolle, au son du Good save the Queen. Dans le ciel, le sable lâché fait de petite traînée brune. Peu avant 20 h, Fribourg Challenge décolle dans une ovation. Suisse-2 et Suisse-3 enfin, en queue de peloton, comme l’a déterminé le tirage au sort de la veille. Programme tenu, spectacle réussi en attendant celui de son et lumières annoncé à 20 h 45. Xavier Schaller

 

 

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