L’usage du vélo freiné par certains CO

| jeu, 21. sep. 2017

Par le biais de leur règlement interne, les CO de la Veveyse et de la Glâne n’autorisent pas leurs élèves à rejoindre l’école à vélo. Une mesure en vigueur depuis de très nombreuses années, mais qui n’en reste pas moins illégale.

PAR FRANCOIS PHARISA

Les écoliers fribourgeois aiment le vélo. A en croire une récente étude menée par l’association Pro Vélo suisse, Fribourg serait même le canton romand le plus assidu, et le 4e au niveau national, à l’action bike2school, mise sur pied pour encourager les élèves, dès 10 ans, à se rendre à l’école à vélo le plus souvent possible.
Pourtant, certains cycles d’orientation (CO) interdisent à leurs élèves d’effectuer leur trajet scolaire à vélo, sauf dérogation exceptionnelle. Une mesure qui surprend, mais qui est en vigueur depuis de très nombreuses années, à Châtel-Saint-Denis, à Romont ou encore à Farvagny.
Dans son règlement interne, le CO de la Veveyse l’explique clairement: «Les élèves desservis par un transport scolaire (bus ou train) n’ont pas l’autorisation de venir à vélo ou en cyclomoteur au CO ou à la halle de sport.» Ceux habitant un village non desservi par un transport scolaire peuvent en revanche enfourcher leur petite reine, «sous la responsabilité des parents», mais les trottinettes, skateboards, rollers ou tout autre engin à roulettes sont formellement exclus.


Pour les transports publics
Le CO châtelois a ses raisons. «Notre objectif est de sensibiliser nos élèves à l’utilisation des transports publics. D’autant plus que les communes financent un abonnement général TPF pour l’ensemble du district», avance Jean-Daniel Nanzer, directeur.
Les transports en commun, c’est bien, mais le vélo, n’est-ce pas mieux, en matière de mobilité écoresponsable? «Oui certainement, mais de par le manque de pistes cyclables, le trafic et le chantier actuel d’agrandissement du CO, l’accès à l’école est trop dangereux», rétorque le directeur.
A Romont aussi, le vélo est proscrit. Pour des motifs sécuritaires, mais aussi en raison de l’absence d’un parking. «Pour les quatre ou cinq élèves qui ont fait une demande, nous avons trouvé des solutions. Mais ils doivent rester des exceptions, car nous n’avons simplement pas l’infrastructure nécessaire pour accueillir un grand nombre de cyclistes», justifie le directeur Olivier Crausaz, pourtant «pro-vélo».
Le règlement est ainsi, depuis aussi longtemps qu’il se souvient. «C’est surprenant, mais jamais personne n’a remis en cause cette restriction, s’étonne-t-il. Parmi les élèves susceptibles de venir à vélo, beaucoup n’habitent qu’à quel-ques minutes à pied. Et ceux qui viennent depuis la colline n’ont pas envie de se confronter à la montée du retour.» Il assure néanmoins que la situation évoluera ces prochaines années. Un couvert à vélos est en effet prévu dans le cadre du projet d’agrandissement du CO.


Aux parents de décider
Car si cette restriction est en vigueur depuis longtemps et qu’elle ne suscite pas, selon les directeurs concernés, de réclamations particulières, elle n’en reste pas moins illégale. «Les directions d’établissement n’ont pas de base légale pour interdire aux élèves de venir à l’école à vélo. Il est du ressort des parents de décider par quel moyen leurs enfants se rendent à l’école», rappelle Marianne Meyer Genilloud, collaboratrice scientifique à la Direction de l’instruction publique, de la culture et du sport, se basant sur le règlement de la nouvelle loi scolaire, adopté au printemps 2016.
En revanche, ajoute-t-elle, les communes et les écoles peuvent déconseiller l’utilisation du vélo pour une question de sécurité ou de manque de places de parc. Ces dernières peuvent en outre, «par le biais du règlement d’établissement, interdire le stationnement des vélos sur le périmètre scolaire». Les mesures de dissuasion plutôt que l’interdiction donc.
La direction du CO châtelois se dit consciente de la contradiction entre sa pratique et la loi scolaire. «Nous sommes en plein travail de refonte de notre règlement, afin de respecter les exigences de la nouvelle loi, relève Jean-Daniel Nanzer. Il sera adapté, mais la restriction d’utilisation du vélo sera maintenue jusqu’à la fin des travaux du nouveau CO. Puis la situation sera corrigée.» ■

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