«La potion sera indigeste»

A la suite des dernières votations.
 

Dimanche 24 septembre 2017: trois objets soumis au vote, deux résultats négatifs, aux conséquences mal perçues par une majorité hétéroclite. Un résultat illusoire pour la sécurité alimentaire. C’est une journée noire, noire pour la Suisse, ainsi que le disait Jean-Pascal Delamuraz, s’agissant du rejet par le peuple de l’adhésion de la Suisse à l’espace économique européen (EEE). Le projet de réforme de l’AVS a été torpillé par 52% du corps électoral. Le verdict des urnes a au moins le mérite de clarifier la situation encore aggravée par le non à son financement via la TVA. Il en résulte une équation simple: faire adopter une solution raisonnable ou dissoudre le premier pilier. Ce qui, au demeurant, ne semble pas perturber la sérénité de la droite réactionnaire.
On attend avec curiosité le plan B promis par les opposants. Une chose est sûre, et ceci quelle que soit la majorité au Législatif fédéral d’où sortira une alchimie ménageant la chèvre et le chou: la potion sera indigeste. La crainte de voir l’UDC et le PLR faire bloc pour imposer un produit simplement laminé est infondée. Il y a encore dans ce pays assez de radicaux fidèles aux vertus que lui ont léguées leurs prédécesseurs, pour écarter cet appel du pied. Indépendamment de la nouvelle mouture issue des Cham­bres fédérales, au moins une initiative aboutie proposera sa version complémentaire ou contradictoire. Il faudra alors en votation populaire rallier à la bonne cause ceux qui ont voté le 24 septembre avec leur ventre. Cela implique aussi les manipulateurs de cette opinion publique aussi malléable que la pâte à pizza. Cette remarque nous amène au troisième objet soumis au vote: la sécurité alimentaire. L’initiative est louable, qui veut réorienter la production agricole. Mais il est illusoire de croire que notre paysannerie peut en toutes cir­constances approvisionner en suffisance une population de huit à dix millions d’habitants. Encore plus de penser qu’en cas de conflit, nous imposant l’autarcie, il serait possible d’assurer le minimum à cette population. L’apport de 1700 calories par jour par personne, qui fit référence en 1939-1945 avec le plan Wahlen n’en serait pas réalisable. Clovis Colliard, Châtel-sur-Montsalvens

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