La Chupià, au règne des «têtes brûlées»

| mar, 10. oct. 2017

Deux Gruériens – Jérémy Schouwey et Nicole Donzallaz – se sont offert samedi la 22e Chupià Pantè. Effort solitaire, cette épreuve en format contre-la-montre appelle autant aux qualités physiques que mentales. «Un vrai combat contre soi-même», racontent-ils.

PAR QUENTIN DOUSSE

Au sol, des «coureurs-cadavres». Etendus, effondrés, à moitié lucides et suffoquant même pour certains. Les états des «survivants» traduisent l’intensité de l’effort fourni. La Chupià Pantè ne fait pourtant «que» 5,91 kilomètres. Mais son format en contre-la-montre, une rareté au calendrier des courses romandes, pousse chacun à aller au-delà de ses limites. «Ça n'en finit jamais, sourit Pierre-Yves Cardinaux (7e), de retour samedi après une longue blessure. Tu attaques fort, tu relances au milieu et tu finis à bloc. La donne est simple: tu dois te faire “sauter la caisse”.» A Marsens, le combat se mène seul contre soi-même. Plus qu’aux chemises (Pantè), c’est avant tout aux «têtes brûlées» que revient le règne de la Chupià.
A ce jeu-là, deux Gruériens ont particulièrement brillé en ce samedi après-midi ensoleillé. En effet, personne n’est allé plus vite que Jérémy Schouwey (Villars-sous-Mont) et Nicole Donzallaz (Vaulruz). Lesquels ont classé l’affaire en respectivement 20’09 et 23’56. «Une semaine après Morat-Fribourg, les jambes étaient étonnement bonnes, apprécie Jérémy Schouwey. Je n’ai rien lâché jusqu’au bout (n.d.l.r.: il doublait encore des concurrents dans le couloir d’arrivée). Au meilleur de ma forme, je suis capable de descendre sous les vingt minutes.» Vainqueur l’an dernier en 20’01, Yan Volery (19 ans) espérait lui aussi signer pareil chrono. «Les sensations étaient là, mais je me suis tordu la cheville sur une racine après un kilomètre», regrette le pistard du SA Bulle, finalement 2e en 20’21.
En course pour une deuxième participation aux championnats d’Europe de cross, Yan Volery a profité de cette épreuve pour situer sa forme. Et comme une majorité des 287 autres participants du grand parcours, il n’a pas triché. Son cardiofréquencemètre l’atteste: une moyenne de 190 pulsations sur vingt minutes, soit un rythme à 95% de sa fréquence cardiaque maximale. «La difficulté consiste à garder un tempo élevé sans jamais vraiment savoir où on se situe. Tout se passe alors dans la tête.»
Utile pour le coureur, l’effort solitaire l’est également pour l’entraîneur. «La Chupià, avec son parcours vallonné et ses nombreuses relances, offre une vue sur l’ensemble de l’entraînement. Elle est un bon indicateur de l’état de l’endurance et, comme entraîneur, je peux m’en servir comme référence pour les différents blocs de travail à l’entraînement.», développe Gérald Rumo, coach du groupe promotion au SA Bulle.

Loin de sa zone de confort
Tous le confient sans détour: à défaut de tactique ou d’adversaire, le périlleux exercice du contre-la-montre se joue dans la tête. Loin de sa zone de confort. «On se fie aux sensations et, durant toute la course, on se demande si on est bien par rapport aux autres, témoigne le Riazois Fabien Chaudoye (11e). Mais l’exercice est intéressant, il permet à chacun de mieux se connaître.»
Le secret pour gagner la Chupià tient donc à cette résilience, face à la souffrance et à ce cruel acide lactique qui tétanise les jambes. Des qualités mentales qui se travaillent aussi à l’entraînement. «Ce sont les séries d’intervalles supplémentaires de la semaine qui paient. Au crossman, la Chupià donne un premier aperçu des souffrances de l’hiver à venir», sourit Gérald Rumo, corroborant les propos du vainqueur du jour, Jérémy Schouwey. «Le résultat sur une course comme celle-ci reflète bien le job effectué à l’entraînement, soutient le coureur de 25 ans. Le mental, il se forge sur ces séries d’intensité. Dans lesquelles il ne faut pas tricher, ni sur leur durée ni sur les temps de récupération. C’est tout une discipline à s’imposer.» Ou quand le coureur devient un ascète.

Robin Bussard épate
Cette antépénultième manche de la Coupe La Gruyère a également permis à un jeune régional de se mettre en évidence. Membre du CS Neirivue, Robin Bussard a réalisé ni plus ni moins que le sixième temps de la journée (21’11). Une belle performance pour ce coureur de 15 ans. Logiquement titré chez les cadets B, Robin Bussard est passé à «quelques foulées» (19 secondes) du podium élite. Prometteur. ■

Résultats dans le journal du 10 octobre.

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