Le Montreux Jazz Festival entre fondue et sushis

mar, 31. oct. 2017

Hôte d’honneur du Comptoir gruérien, le Montreux Jazz Festival accueil les visiteurs sur un stand très cosy, entre merchandising, bar, animations et DJ. Rencontre, vendredi, avec son directeur Mathieu Jaton, juste avant son départ pour Tokyo où il présente la septième édition du Montreux Jazz Japon.

PAR CHRISTOPHE DUTOIT

Comment cela se fait-il que le Montreux Jazz Festival soit un hôte d’honneur du Comptoir?
J’ai un attachement personnel au pays de Fribourg. Je viens d’Attalens, mais j’ai fait mes études à Bulle. Ensuite, c’est une histoire d’hommes et de relations. J’ai rencontré Albert Michel lors du souper de la Landwehr. On a fait connaissance. Comme il vient de Remaufens, il m’a dit: «Allons manger chez Marcel [à l’Hôtel de Ville d’Attalens]!»
Nous sommes encore dans notre jubilé. Notre présence fait sens. C’est prestigieux d’être un hôte d’honneur avec Liebherr et le Musée gruérien. Le Comptoir, c’est 120 000 visiteurs! Quelle que soit l’image internationale du festival, sa notoriété, c’est important d’être proche de la population locale. Le public bullois, fribourgeois, fréquente beaucoup le festival. Je trouve joli le clin d’œil: nous, les Vaudois de la Riviera, nous montons à Bulle. Je suis très heureux d’être là.

Comment arrivez-vous à mobiliser des collaborateurs en dehors du festival?
D’un côté, la période est creuse, car nous n’avons pas d’activités propres. Mais elle est très active, parce que c’est le moment où nous travaillons à fond sur l’édition 2018. Ce mardi, je vais à Tokyo, pour le Montreux Jazz Festival Japon, qui se déroule du 3 au 5 novembre. Cette semaine, nous oscillons entre fondue et sushis (sourire). J’aime bien cette comparaison entre un Montreux très proche de la terre, comme Claude Nobs l’a toujours été, attaché à ses racines et à ses traditions. Et, en même temps, un Montreux très international, au milieu de l’immense Tokyo.
Pour répondre à votre question, nous sommes trente employés à l’année. On aime bien ce genre de happening. Toute l’équipe est venue mettre la main à la pâte. Ce n’est pas un petit truc qu’on fait comme ça, par-dessus la jambe. Regardez le soin qu’on y a mis. Nous nous devons d’honorer cette invitation et montrer de quoi nous sommes capables. Avec des animations, notamment la Bookbox, qui permet d’incruster son portrait dans les images du livre anniversaire. Mais aussi des DJ, un concours musical pour gagner un pass pour l’entier du festival 2018. Ça me ferait plaisir que des Bullois, des Fribourgeois ou des Suisses alémaniques gagnent ce prix.

Ce stand est-il inspiré de vos Montreux Jazz Cafés?
Bien sûr, complètement. L’aventure des cafés a commencé en 2008. Aujourd’hui, nous en avons sept: Singapour, Paris, Abou Dabi, Genève, Zurich, l’EPFL et le Montreux Palace, notre fleuron. On s’est inspirés de cet univers. Les Montreux Jazz Cafés sont des ambassades du festival. Au Comptoir, nous immergeons le visiteur dans l’élément musical bien sûr, mais nous montrons aussi des affiches et notre savoir-faire gourmand, avec uniquement des produits du terroir locaux. Cette notion tenait très à cœur à Claude. Il était quelqu’un de la terre, un fils de boulanger. Moi je viens de la Veveyse. Je suis attaché à la terre. Notre festival est très lié aux valeurs humaines, la capacité du Stravinski n’est que de 4000 spectateurs, pas 150 000 comme certains open air.
Vendredi, lors du dîner d’ouverture, le mot famille est revenu souvent. Dans notre monde aseptisé et de la communication à outrance, ces moments sont importants. Est-ce qu’un comptoir a encore une raison d’être aujourd’hui? Oui, plus que jamais. Parce qu’on y vit des moments de convivialité. Je vais y revenir ce week-end avec mes enfants. Ce matin, j’ai rencontré six copains du bac, que je n’avais pas vus depuis au moins dix ans. Un groupe WhatsApp vient de se créer, on se voit juste après pour boire un verre. C’est génial. Je crois fortement à ces fêtes, ces fêtes de village, ces grandes réunions de gens. Retourner aux racines est un besoin essentiel.

Comment gérez-vous les concerts proposés dans la halle Despond?
Nous ne sommes pas impliqués dans cette programmation, car elle était déjà très avancée quand nous sommes arrivés et elle est en adéquation avec l’environnement. Il y a des groupes suisses, des Gruériens: on serait de toute manière allés dans ce sens-là. En revanche, nous gérons le bar et l’accueil. Le clin d’œil à Gold, ce mardi soir, est superrigolo.

Dites-nous quelques mots sur l’avenir du festival, maintenant que les festivités du jubilé touchent à leur terme?
La question est bonne, car elle est d’actualité. Le festival est en perpétuelle mutation. D’ici le début de l’année prochaine, nous allons annoncer des changements assez importants. On va déplacer des scènes, créer de nouveaux produits, de nouvelles scènes, de nouvelles offres pour s’adapter aux besoins du public. J’aime être à l’écoute. En 2017, nous étions dans une année transitoire. Le public a envie de voir autre chose. L’année 2018 va être fascinante.

Il semble désormais que la transition avec Claude Nobs est pleinement consommée…
Oui, clairement. Ça a été un souhait de notre part. Je savais à quel point le 50e tenait à cœur à Claude. Je l’ai voulu très respectueux du patrimoine et de la tradition du Montreux Jazz Festival, tout en annonçant les indices du futur. Montreux oscillera toujours entre tradition et innovation. Parce que notre histoire est unique, nécessaire, glorieuse et très importante pour les artistes et le public. Regardez le logo de Jean Tinguely. Il est apparu sur l’affiche de 1982, il a plus de trente-cinq ans. Qui peut se targuer d’une telle longévité?
Racontez-nous un souvenir lié au Comptoir gruérien?
Ce n’est pas directement lié au Comptoir, mais au lieu. J’avais un groupe à l’époque et nous avons joué dans l’ancien Marché-couvert, avec cette entrée en bois qui était géniale. C’était notre plus prestigieux concert, devant plus de 1000 personnes. Le groupe s’appelait Silk Waves, un peu jazz-fusion-rock, pas tout à fait adapté à l’audience de l’époque. C’était peut-être lors d’une soirée du collège… J’ai encore la cassette, mais jamais je ne la ferais écouter! Aujourd’hui, je ne joue malheureusement pas assez. Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés. J’ai plein d’instruments à la maison, j’essaie d’inculquer la passion de la musique à mes enfants. Depuis que je suis entré au festival, je n’ai plus de groupe, je ne peux pas garantir d’être tous les mercredis soir à la répét. Mais on a gardé contact. Ce serait drôle de refaire un concert. ■

Commentaires

Très déçue de l'image du Montreux Jazz Festival sur place...
Ancienne montreusienne, impliquée plus de 20 ans avec Claude et fan inconditionnelle, j'ai trouvé un stand inpersonnel, plat, vraiment sans âme! ( amménagement relou, sans aucune recherchen, logo mondialement connu pourtant), loin très loin de la renommée de la manifestation . Le personnel n'a rien a se reprocher, jolies, souriantes et avenantes mais si peu informées de l'histoire du Montreux Jazz Festival. Rien à voir avec cette manifestation régionale !!! Dommage... Une vrai implication interactive du festival aurait probablement généré un investissement autre qui aurait fait toute la différence et apporter un plus pour tous ! Donc stand sans intérêt sauf pour dire qu'on en a entendu parler et qu'on y a passé.

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