Le Piti Prinhyo tranchlatâ in patê

| sam, 07. oct. 2017

Une version du Petit Prince en patois fribourgeois sera disponible dès le 1er novembre. Joseph Comba, qui avait déjà traduit l’album de Tintin L’afére Tournesol, a consacré 150 heures pour adapter la célèbre œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry.

 

Par Valentin Castella

Et une traduction de plus! Après avoir fait le bonheur de plus de 150 millions de lecteurs depuis sa sortie en 1943, une version en patois fribourgeois du Petit Prince va sortir le 1er novembre.

Cette œuvre, la plus traduite après la Bible (voir La Gruyère du 24 août), permet donc au Petit Prince de voyager de planète en planète et de découvrir de nombreux mondes mystérieux en dialoguant en patois. C’est le collectionneur vaudois Jean-Marc Probst, qui possède 4000 éditions distinctes en 318 langues (dont une en patois vaudois), qui a mandaté la Société des patoisants fribourgeois pour cet exercice. Une tâche confiée, il y a une année, à Joseph Comba. Le Gruérien, âgé de 80 ans, avait déjà fait parler de lui en 2007, lorsqu’il avait traduit un album des aventures de Tintin: L’afére Tournesol, vendu à 9000 exemplaires à travers le monde. Un chiffre atteint notamment grâce aux nombreux collectionneurs.

Au total, il a fallu 150 heures à Joseph Comba pour traduire cet ouvrage des Editions Favre, tiré à 2500 exemplaires. «Bien sûr, j’avais entendu parler de ce livre. Mais je ne l’avais jamais lu. Quand je l’ai ouvert, j’ai compris que je m’attaquais à un sacré morceau. Mais cette œuvre m’a beaucoup plu et j’ai accepté ce défi.»

Ainsi, le Bullois a commencé sa traduction. «Je lis premièrement la phrase en français dans son ensemble, puis je la transforme en patois. Je ne traduis pas mot par mot.»

Joseph Comba dit n’avoir pas rencontré de difficultés particulières à traduire le Piti Prinhyo, à quelques exceptions près. «Le problème, c’est que certains mots modernes n’exis-tent pas en patois. On peut décrire précisément toutes les pièces d’un char en bois, mais le terme ordinateur est par exemple inconnu. Dans le texte d’Antoine de Saint-Exupéry, j’ai parfois été contraint d’utiliser du français patoisé. Prenons le mot astéroïde. Il ne figure pas dans notre dictionnaire. J’ai donc créé un nouveau mot. Le “ï” s’est transformé en “y”. Astéroïde est donc devenu achtéroyide.»

Pour pérenniser le patois
Si Joseph Comba et la Société des patoisants fribourgeois ont décidé de réaliser cette traduction, c’est essentiellement pour assurer la pérennité de cette langue et pour que «les prochaines générations puissent encore lire en patois. Ce moyen permet de l’entretenir.» Et puis, c’est aussi pour permettre aux anciens qui parlent encore ce dialecte de retourner en enfance et ainsi «retrouver leurs racines», continue Joseph Comba.

Un bonus régional
Inspiré par cette œuvre, le Gruérien s’est permis d’offrir un petit bonus. Au terme de l’histoire de Saint-Exupéry, il a écrit un récit en patois, dans lequel il rencontre le Piti Prinhyo au sommet du Moléson. «Je lui raconte qu’un immense chaudron de chocolat existe en bas, plus loin que le château et qu’une grue transporte, dans un sac, des fèves de cacao.»

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Quelques passages traduits

S’il vous plaît… dessine-moi un mouton: Chôpyé…dèchina-mè on muton.

On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux: On vi bin tyè avui le kà. L’indichpinchâbyo l’è invijibyo po lè j’yè.

C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante: L’è le tin ke tâ pardu po ta rouja ke fâ ta rouja ache inportinta.

Les grandes personnes sont bien étranges: Lè grantè pèrchenè chon bin èthrandzè.

Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. (Mais peu d’entre-elles s’en souviennent): Totè lè grantè pèrchenè chon d’abouâ j’ou di j’infan. (Ma pou d’intrè là chin chovinyon).

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